Articles avec le tag ‘Passage au numérique’

postheadericon L’Alsace passe à la TNT : en attendant le bilan définitif

L’Alsace est la première région à être passée « entièrement » à la TNT dans la nuit du 1er au 2 février. Les expériences du Nord Cotentin et surtout de Coulommiers étaient en effet plus localisées et concernaient beaucoup moins de foyers. Car avec l’Alsace ce sont pas moins de 1,8 million d’habitants, soit 700 000 foyers qui étaient concernés par l’opération, dont plusieurs grandes agglomérations (Strasbourg, Colmar, Mulhouse…). L’enjeu du passage est cependant à relativiser car dans les faits ce sont 5% des foyers qui risquaient de connaitre des soucis. En effet, l’Alsace se singularise par un taux d’équipement en câble très important. Or les chaines de la TNT sont d’ores et déjà diffusées depuis longtemps sur les réseaux câblés et la TNT est d’autant moins inconnue des alsaciens germanophones que l’Allemagne est déjà passée au numérique. Néanmoins, l’expérience alsacienne sera intéressante à deux points de vue :

- Dans la région des Vosges, où le câble n’existe pas, plusieurs zones d’ombre ont été identifiées. Cela va donc permettre de valider les options prévues par les textes; satellite, réémetteur… sachant que la période hivernale n’a pas facilité le travail des antennistes…

- En zone urbaine, il faudra voir comment s’est passée la transition, notamment pour les personnes âgées ou handicapées, vivant seule et sans beaucoup de contacts avec l’extérieur.

En attendant un bilan exhaustif, on signalera que le CSA a mis en place une application permettant de savoir comment son foyer est couvert (et quand) en TNT.

postheadericon Couverture TNT : mise au point du CSA et création d’une hotline pour les élus

Dans sa dernière lettre d’information, le conseil supérieur de l’audiovisuel a fait une mise au point sur la couverture en TNT visant à rassurer les élus s’inquiétant d’une moindre couverture en TV numérique que celle dont ils bénéficiaient en analogique. Pour le CSA, « l’inquiétude aujourd’hui exprimée par certains sur la couverture de la TNT se fonde sur une évaluation exagérément optimiste de la diffusion de la télévision analogique sur le territoire français ». Le CSA estime que la proportion de la population correctement couverte en analogique – c’est-à-dire sans trace d’« effet de neige » ni de « souffle » dans le son – s’élève à 96%, soit un taux très voisin des 95% imposés par la loi pour la TNT. Grâce à la technologie numérique, la qualité de réception sera meilleure avec la TNT affirme le CSA et avec moins d’émetteurs. Le CSA affirme ainsi que « la couverture numérique restera proche de la couverture analogique », voire meilleure dans certains départements. En Haute-Savoie, par exemple, la couverture numérique de certains multiplex (un multiplex = 6 chaines) atteindra au moins 91,6 % de la population, ce qui dépasse la couverture standard analogique actuelle de TF1 ou de France 3 (86,3 %). Le CSA relativise le débat sur les « petits sites » qui pour l’essentiel ne seront pas numérisés sauf sur décision des élus, comme l’autorise la loi sur la fracture numérique. Le CSA cite ainsi le cas des Hautes-Alpes, dont le taux de couverture analogique standard est de 89,5 % pour France 2 et de 76,1 % pour TF1. Selon le CSA « le passage au numérique permettra d’atteindre une couverture de 85 % de la population pour la plupart des chaînes de la TNT. Les émetteurs qui doivent être arrêtés ne desservent en réalité, selon les estimations du Conseil, qu’au plus 3 000 personnes. Et parmi ces téléspectateurs, beaucoup sont déjà équipés de paraboles satellitaires ». Et de conclure que « la numérisation de tous les sites secondaires existants représenterait un gain marginal, voire nul dans beaucoup de départements, pour la couverture effective de la TNT », le CSA privilégiant l’augmentation de la puissance des émetteurs et le satellite pour résorber les zones blanches. Enfin (en attendant les cartes promises par la loi Pintat) on signalera que le CSA a ouvert sur son site internet, une rubrique « Élus ». Y figurent un guide des demandes d’autorisation de réémetteur de la TNT, une adresse électronique questionselus@csa.fr et un numéro de téléphone : 01 40 58 38 90.

postheadericon Passage à la TNT : création de commissions départementales et meilleure information des élus

Initialement centrée sur le haut et le très haut débit, la proposition de loi sur la fracture numérique du sénateur Xavier Pintat fait, dans la version adoptée par l’Assemblée nationale en 1ere lecture, la part belle au passage à la TNT. Le texte crée dans chaque département une « commission de transition vers la télévision numérique », présidée par le préfet et associant les collectivités territoriales, chargée d’identifier les zones blanches TNT, et de formuler « des recommandations sur les solutions permettant d’assurer de manière optimale la réception effective de la télévision en mode numérique ». S’il s’avère que des réémetteurs doivent être installés, les députés ont obtenu que « l’État verse une compensation financière aux collectivités territoriales et à leurs groupements qui mettent en œuvre toute solution permettant d’assurer la réception des services de télévision ».Enfin, comme les élus le réclamait, les maires seront informés des émetteurs analogiques non numérisés dans le cadre du plan national  et les départements et régions disposeront de cartes de couverture « au moins six mois avant la date d’extinction de la télévision analogique terrestre ».

postheadericon TNT et écran noir : info ou intox ?

A l’occasion de la discussion de la proposition de loi Pintat sur la fracture numérique à l’Assemblée nationale, plusieurs élus se sont émus du risque d’avoir une part substantielle de leur territoire non desservie en TNT. Il est vrai que des chiffres contradictoires circulent sur ce sujet, coté CSA on fait état de 500 000 personnes (ce qui n’est pas rien), TDF avançant le chiffre d’1,5 million. Alors que les premiers spots TV sur le passage au numérique ont été diffusés, l’inquiétude grandit chez les élus mais qu’en est il exactement ?

Tout d’abord il faut rappeler que la télé par voie hertzienne n’est pas / ne sera jamais le seul moyen d’accéder aux chaines de la TNT. En ville, de plus en plus de personnes accèdent aux chaines de la TNT via l’ADSL ou le câble voire la fibre optique. Ensuite il y a le satellite, qui est un « ultime recours » mais qui a le mérite d’exister. Désormais (voir cette annonce) toute personne située en zone d’ombre pourra bénéficier d’une aide sans condition de ressource.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que certains – diffuseurs, installateurs, équipementiers… – ont intérêt à brandir le spectre de l’écran noir pour vendre un contrat de diffusion, un réémetteur, des packs satellites, un changement de matériel, etc.

Enfin, il faut savoir que dans la période transitoire (avant la date d’extinction), où coexistent analogique et numérique, le signal de la TNT n’est pas à sa pleine puissance pour des raisons de brouillage. Il ne faut donc pas confondre la couverture actuelle et ce qu’elle sera une fois le passage au numérique effectué.

Tout cela conduit à penser que le vrai problème est celui de l’information des élus. Il a été instamment demandé au CSA d’informer officiellement chaque commune et notamment les quelques 2000 communes dont l’émetteur analogique ne passera pas à la TNT d’un état précis de la situation : par quel(s) émetteur(s) seront-elles  desservies ? quelles sont les zones potentiellement mal couvertes où il y a (a minima) un travail d’information à faire ? et, enfin quels sont leurs moyens d’action pour éviter le fameux écran noir ? Le tout dans le respect des obligations légales de couverture des éditeurs et du code des marchés publics, le financement d’un réemetteur par la collectivité devant être le dernier recours. Un guide sur ce sujet est annoncé : il est le bienvenu !

postheadericon Ondes et santé, les recommandations de l’Afsset

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a publié jeudi 15 octobre son avis sur l’état des connaissances scientifiques en matière d’effet des radiofréquences sur la santé. Face à l’existence d’incertitudes, l’Afsset fait une trentaine de recommandations dont voici les principales :

Terminaux sans fil, côté utilisateur /domicile

  • privilégier les appareils à faible émission (DAS ou débit d’absorption spécifique).
  • généraliser la mise à disposition des indicateurs d’exposition maximale pour tous les équipements personnels utilisant la technologie des radiofréquences (téléphones portables, téléphones sans fil DECT, veille-bébé…. ) en développant des labels intelligibles.
  • réduire l’exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone portable
  • mettre en œuvre des outils simples permettant de réduire les expositions à l’intérieur des habitations comme la désactivation du Wifi à l’aide d’un interrupteur.

Exposition du public aux radiofréquences, côté antennes

  • travailler sur la définition et le choix de grandeurs représentatives de l’exposition réelle des personnes aux ondes provenant de l’ensemble des émetteurs radiofréquences
  • identifier et cartographier les lieux présentant des valeurs sensiblement plus élevées que le niveau ambiant (toutes ondes confondues : TV, radio, GSM, UMTS, Wimax…) et proposer des procédures visant à réduire l’exposition dans ces lieux
  • favoriser la concertation et le débat autour des nouvelles implantations ou modifications d’émetteurs radiofréquences (…) en impliquant l’ensemble des acteurs concernés
  • améliorer les dispositifs de mesure, recourir aux exposimètres portables et à des sondes de mesure fixes et autonomes
  • mutualiser les émetteurs entre opérateurs de téléphonie mobile
  • peser avec soin les conséquences, pour la population générale et pour les utilisateurs de téléphone mobile, d’une réduction de la puissance des antennes relais qui pourrait conduire à l’augmentation de l’exposition à la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles

Recherche

  • poursuivre la recherche de certains effets biologiques éventuels pour des expositions à des niveaux « non thermiques »,
  • répliquer les études ayant démontré des effets biologiques,
  • développer les études épidémiologiques, en particulier sur les travailleurs exposés aux radiofréquences,
  • développer la recherche en matière d’électro-hypersensibilité.

postheadericon Une proposition de loi sur la fracture numérique

Le sénateur Xavier Pintat (UMP, Gironde) a déposé une proposition de loi « relative à la lutte contre la fracture numérique » profondément remaniée en commission et qui doit être discutée la semaine prochaine au Sénat.

Le texte, assez confus et renvoyant à de nombreux rapports, entend intervenir à la fois sur la fracture TNT, le haut et le très haut débit.

En matière de TNT, le texte vise à donner une assise législative aux prescriptions du CSA. Il s’agit en particulier de transcrire dans la loi le« correctif départemental » de 91 % (ajouté par le CSA) qui complète l’objectif initial global de couverture de 95 % de la population. L’idée d’étendre le bénéfice de l’aide à l’équipement à toutes les personnes situées en zones d’ombre de la TNT (et non aux seuls exonérés de redevance TV) a été rejeté en commission et remplacée par un rapport au Gouvernement sur les soutiens financiers dont pourraient bénéficier ces victimes de l’écran noir.

En matière de montée en débit de l’ensemble des territoires, un rapport est également prévu… Le texte crée en outre des « schémas territoriaux d’aménagement numérique » ayant pour vocation de recenser les zones desservies en haut et très haut débit ainsi que les zones à desservir par les réseaux en très haut débit. Mais ces schémas n’auront qu’un caractère indicatif… Il pourront être créés et portés par des syndicats mixtes d’aménagement numérique «comprenant un département ou plusieurs parties de départements ».

Sur le très haut débit, le texte vise essentiellement à faire passer dans la loi les recommandations de l’Arcep (multifibres dans les immeubles, point de mutualisation) pour les transformer en obligations.

Enfin et c’est (potentiellement) la disposition essentielle, le texte propose de créer un fonds d’aménagement numérique, qui permettra de soutenir le déploiement du très haut débit dans les zones peu denses (et uniquement dans ces dernières). La commission a en revanche supprimé la contribution des opérateurs et mise sur l’emprunt national pour l’abonder.

A suivre donc…

postheadericon TNT : un député propose de redéfinir les obligations de couverture

Le député du Cantal, Vincent Descoeur, a déposé une proposition de loi visant à introduire un seuil minimum de 500 habitants à partir duquel la couverture TNT doit être assurée par la diffusion numérique terrestre par voie hertzienne. Il propose aussi que la loi garantisse dans les départements où la couverture reste inférieure à 95 %, la numérisation de tous les sites analogiques desservant plus de 500 habitants. Enfin, il propose d’étendre le bénéfice du fonds d’aide à tous les foyers non desservis par la télévision numérique terrestre, en supprimant les conditions de ressources. Une proposition qui ne serait cependant pas dans l’air du temps. A l’occasion d’une consultation publique, CSA semble douter en effet de la possibilité de remplir tous les objectifs fixés par la le gouvernement : respecter l’échéance du 30 novembre 2011, couvrir de 95% de la population (91% par département), dégager des ressources pour accueillir 11 multiplex TNT + 2 pour la télévision mobile personnelle, ouvrir la voie à la haute définition… En cause : « certains paramètres qui avaient été sous-estimés lors des précédents débats, en particulier le potentiel de couverture des fréquences planifiées et l’impact des contraintes sur l’ingénierie des réseaux audiovisuels ». Aussi le CSA préparerait-il avec l’ANFR « des choix structurants » avec deux options : Se contenter de 7 multiplex tout en maintenant l’objectif de couverture de 95 % de la population ou alors maintenir 11 multiplex en « dégradant l’efficacité de la couverture de certains sites ». En d’autres termes, revoir les objectifs de couverture à la baisse, à moins que les collectivités n’acceptent de financer des réémetteurs… Voir l’article de d’Avizoom à ce sujet.

postheadericon Points hauts : les collectivités confortées par une étude de l’Arcep

Les points hauts (pylônes, clochers, immeubles…) sont rares et convoités par une multitude d’opérateurs : TNT, mobile, Wimax… Une étude commandée par l’Arcep vient conforter les souhaits exprimés par les associations d’élus d’être reconnus en tant qu’aménageur de leur « ciel ». L’optique retenue par l’étude est plutôt celle de l’aménagement numérique du territoire : favoriser la couverture des zones blanches, anticiper sur les besoins à venir, inciter au partage des infrastructures entre les opérateurs… mais à l’heure du Grenelle des ondes, il s’agit également de leur permettre d’anticiper les conflits avec les riverains, d’organiser la concertation et de réaliser des traitements différenciés pour les zones dites sensibles (écoles…). Dans les deux cas, les collectivités doivent être destinataires de tous les projets d’aménagement et de toutes les installations existantes, comme le rappelle très opportunément cette étude. Un autre volet de l’étude est consacré aux modalités concrètes du partage des infrastructures.

postheadericon TNT : Des cartes de couverture connues tardivement

L’AMGVF a auditionné la semaine dernière le CSA, le GIP France Télé numérique et l’ANFR sur le passage de la France à la télévision numérique. Le compte rendu est disponible à cette adresse. On notera plus particulièrement le fait que les cartes permettant de visualiser précisément les zones blanches de la TNT (aujourd’hui, on ne connait que l’emplacement des émetteurs) ne seront connues que tardivement. Le CSA a en effet expliqué que les cartes ZB ne seraient élaborées que 6 mois avant les dates d’extinction de l’analogique pour des raisons techniques (passage au plan de fréquence définitif). Un délai que les élus ont jugé très court, car en effet, avant d’envisager d’installer des réémetteurs ou de sensibiliser les populations sur la solution satellitaire, le préalable c’est de connaitre les zones blanches.

postheadericon TNT :La date du 30 novembre 2011 décalée ?

Le calendrier d’extinction du signal analogique est-il trop ambitieux ? Le doute commence aujourd’hui à planer suite aux déclarations du président de France télévision numérique, Philippe Levrier, aux Echos. « Il faut reconsidérer le plan actuel », a-t-il déclaré. « Nous voulons profiter de la révision prévue de ce schéma dans les prochains mois pour en proposer un nouveau. Il s’agit de regrouper deux ou trois régions que nous éteindrons simultanément dès le deuxième semestre 2010. Je ne peux imaginer que ce nouveau plan ne soit pas accepté. » Le président estime que ce nouveau plan doit aller jusqu’à reconsidérer la date d’extinction définitive du signal analogique, qui pourrait être décalée à « 2013 ou 2014 ». Cette déclaration a suscité une vive réaction de la part des chaines. L’Association « Les nouveaux entrants de la TNT« , constituée de NextRadioTV (BFM TV), NRJ Group (NRJ 12) et Bolloré Media (Direct 8 ) a ainsi demandé « au gouvernement de réaffirmer le caractère intangible du calendrier fixé par la loi pour l’extinction de l’analogique ». De son côté, l’Avicca s’est déclarée favorable à l’idée d’une révision du calendrier compte tenu de l’état d’impréparation du dossier.

TIC*