Articles avec le tag ‘smart city’

postheadericon Le mobilier urbain communicant se déploie pour offrir connectivité et services de proximité

Voici deux ans la mairie de Paris et Cap digital avaient lancé un concours pour imaginer le mobilier urbain de demain avec plus d’une quarantaine de projets déployés dans la capitale. Aujourd’hui, la plupart de ces installations ont été démontées – c’est le principe d’une expérimentation – mais les industriels commencent à proposer à leur catalogue des produits qui intègrent le numérique.

Clear Channel a ainsi commencé à déployer dans 16 agglomérations françaises un mobilier interactif équipé de tags NFC et QR codes. Si le principal objet du dispositif est de proposer un nouveau canal publicitaire aux annonceurs pour diffuser leurs promotions et autres « bons plans », il peut aussi être utilisé par les villes pour promouvoir les sites à proximité des abris bus et leurs manifestations culturelles.  Son concurrent JCDecaux teste pour sa part « l’abris bus 4G », avec un premier pilote à Amsterdam mené en partenariat avec Vodafone portant sur 200 hotspots , Ces abris communicant sont équipés de « smalls cells » – des micro antennes comme les opérateurs en déploient déjà pour couvrir les espaces clos comme les gares ou supermarchés – et vont permettre de densifier le maillage du réseau 4G à un moment où la consommation de data sur les réseaux mobiles explose.

Horodateurs (comme à Nice), bancs publics (ici à Paris), réverbères (ici à Tulle)… c’est l’ensemble du mobilier urbain qui pourrait devenir communicant dans les années à venir. Pour les grandes villes, cette évolution recèle un grand potentiel d’innovations. Aux nouveaux services aux habitants (connectivité, informations contextuelles…)  s’ajoute pour les gestionnaires des  services urbains  (feux rouges, éclairage, parcmètres….) la possibilité d’assurer la maintenance et les mises à jour logicielles à distance. Pour en tirer pleinement les bénéfices, les collectivités doivent cependant anticiper ces évolutions en prévoyant dès leur installation une connectique en fibre optique qui garantira des services évolutifs et de qualité. Elles devront surtout veiller dans les contrats qui les lient aux prestataires ou délégataires à garder la maîtrise du système : accès aux données, possibilité d’ajouter leurs propres services voire d’accueillir des services tiers comme ceux portés par des start-up.

postheadericon Les basses fréquences au service de la ville intelligente

La fibre et la 4G sont souvent citées comme le corollaire incontournable de la ville intelligente. C’est ignorer qu’il existe d’autres technologies de communication qui peuvent être tout à la fois être plus rapides à déployer, moins onéreuses et adaptée à la transmission de données peu volumineuses, comme celles issues de capteurs.

Plusieurs solutions existent (ZigBee, On-Ramp…) mais – parce qu’il s’agit d’une start-up française qui vient d’avoir un financement de la BPI – on évoquera ici la solution proposée par Sigfox, basée à Toulouse. Son système utilise la fréquence 868 MHz, fréquence libre qui a pour particularité de transmettre des données à bas débit (100 bits/s) et d’être adaptée aux applications de communications dite « machine to machine » (MtoM). La technologie associe une faible puissance d’émission,  une portée de 30 à 40 kilomètres et l’utilisation d’un protocole de communication sécurisé. Les objets à connecter sont équipés de mini- modems alimentés par des piles longue durée. En d’autres termes, les objets à connecter n’ont pas à être reliés à un réseau télécom classique et/ou à une source d’énergie. La capacité de communication est limitée à 140 messages de 12 octets par jour et par objet, mais suffit pour de multiples applications (transports, , énergie, sécurité, santé, agriculture, industrie…).

Des caractéristiques qui en font la technologie de prédilection de des territoires connectés : compteurs – et notamment ceux qui n’ont pas de connectivité native comme les réseaux d’eau et de gaz – mobiliers urbains, capteurs se stationnement, feux de signalisation… Cette solution est du reste d’ores et déjà utilisée par plusieurs opérateurs de transports ou gestionnaires de mobiliers urbains, comme Clear Channel (plus de 12 000 panneaux équipés) et 90% du territoire français serait ouverts à la technologie proposée par Sigfox.

Le modèle économique est fondé sur une facturation fonction du nombre d’objets connectés et du volume de données transmises. Si le système est aujourd’hui concurrent de système GSM/GPRS, il se veut complémentaire des offres des opérateurs télécoms en étant dédié à l’internet des objets et en particulier à ceux qui sont peu accessibles ou qui communiquent peu de datas mais régulièrement.

postheadericon Ville intelligente : la France veut affirmer son leadership en Europe

La smart city fait partie des priorités de l’Union européenne en matière d’innovation technologique. Une priorité qui est également celle de la France qui voit dans ce domaine un moyen d’améliorer la gestion des villes et les services urbains mais aussi une source de croissance pour les grandes entreprises françaises avec la perspective de conquérir de nouveaux marchés…

Dans cette optique, la France a participé aux travaux de la Commission sur les « Smart Cities and Communities » avec l’élaboration d’un « plan d’implémentation stratégique ». Ce groupe de réflexion européen a son pendant français, sous la forme d’un groupemiroir animé par le Commissariat général au développement durable (CGDD). Ce groupe de travail se fixe pour objectifs de partager l’information sur les financements mais aussi d’influer sur les orientations définies à Bruxelles tant en termes de normes que de priorités. Les responsables de projets en matière de smart city souhaitant apporter leur expertise peuvent se rapprocher du CGDD pour participer aux réunions de ce groupe de travail.

L’approche retenue par Bruxelles repose sur trois principes :

  1. Une étroite collaboration entre secteur public, secteur privée et monde de la recherche
  2. Une vision large de l’innovation : dans les modèles économiques, les technologies comme sur le mode de contractualisation avec le secteur public.
  3. Une approche intégrée des sujets/thématiques : énergie, mobilité, bâtiments basse consommation, réseaux et objets intelligents, etc.

Concrètement le plan européen va déboucher sur plusieurs appels à projets d’ici 2020 dont le premier a été lancé le 11 décembre 2013.

Un appel à projet centré sur le couplage énergie et numérique

L’appel à projets lancé le 11 décembre (sera clos le 7 mai) est doté de 200 millions d’euros pour 2014/2015. Les projets doivent émaner de consortiums villes/industriels issus d’au moins 3 pays membres de l’Union européenne et proposer des solutions innovantes en matière de transports (véhicules électriques) et de l’énergie (smart grids, bâtiments/quartiers passifs ou à énergie positive). Ces projets doivent être réplicables et déployables rapidement. Ils seront financés à hauteur de 70% pour des enveloppes de 18 à 25 millions € par projet. Les villes peuvent participer à ces projets européens selon plusieurs modalités. La collectivité qui porte le projet bénéficie des financements les plus importants mais il existe aussi un statut de « follower » qui donne la possibilité à des villes d’accéder au partage des connaissance et de ses constituer un réseau au niveau européen.

postheadericon Fibre, NFC et ville intelligente dans les priorités de la filière numérique

40 000 emplois pourraient être créés grâce aux technologies numériques selon le « contrat de filière infrastructures numériques » qu’a adopté récemment le Comité stratégique de filière numérique. La fibre optique à domicile, les technologies sans contact – déployées dans une dizaine de grandes villes – et la ville numérique figurent parmi les sept axes retenus par ce document cosigné par le gouvernement et les grands industriels du secteur.

Dans le domaine de la fibre, l’accent est mis sur la formation en alternance aux métiers associés au déploiement du très haut débit. Un secteur qui pourrait générer 10 00 emplois (non délocalisables) et profiter aux jeunes générations, sous réserve de réussir à former les compétences nécessaires.

En matière de NFC, le gouvernement entend favoriser les technologies « SIM based », qui utilisent la carte SIM des téléphones mobiles pour héberger des applications sécurisées (transports, paiement, vie quotidienne…) . Une technologie défendue par les opérateurs mobiles mondiaux, via le GSMA, et aussi par les leaders de la carte à puce que compte la France (Gemalto, Oberthur, Morpho…). Le document souhaite ainsi faciliter le réflexe SIM based dans le public en l’intégrant aux marchés publics. Le rôle des territoires leaders y est par ailleurs réaffirmé pour essaimer les technologies sans contact et avoir un effet de levier.

Dans le domaine de la ville intelligente, le gouvernement souhaite la création « d’une offre française de la Ville (territoire) durable et intelligente » fondée sur les synergies locales et le concept « d’économie circulaire ». Capteurs, internet des objets, open et big data et leur corollaire (pilotage, tableaux de bord, portails, applications mobiles…) sont les mots-clefs du secteur de la ville intelligente qui pourrait générer à lui seul 20 000 emplois. Pour atteindre cet objectif, le document prévoit :

  • La mise en œuvre de démonstrateurs territoriaux
  • De faire évoluer le droit des marchés publics afin de favoriser cette collaboration entre acteurs privés
  • La définition de standards et de normes d’interopérabilité
  • Le développement de formations adaptées
  • Une réflexion sur le business modèle associé à la ville intelligente

Un groupe de travail associant les acteurs publics (dont les collectivités) et privés est prévu pour réfléchir sur cette thématique.

postheadericon Smart city : Nice inaugure un boulevard communicant

Au cœur de la ville de demain seront des centaines de capteurs fournissant des informations en temps réels sur les déplacements, nos comportement de consommation ou encore la qualité de notre environnement. A l’occasion de « l’innovative city convention » dont l’AMGVF était partenaire, Nice a inauguré un boulevard connecté. Le long du boulevard Victor-Hugo, quelques 200 capteurs ont ainsi été implantés par son partenaire Cisco pour compiler diverses informations :

  • niveau de remplissage des conteneurs papier et verre, permettant d’ajuster les tournées des camions de ramassage des ordures
  • niveau de luminosité pour ajuster l’éclairage public aux besoins réels d’éclairage et repérer les problèmes de maintenance
  • caméras « intelligentes » pour la vidéo-protection et le suivi en temps réel du trafic
  • capteurs de température et de qualité de l’air,
  • capteurs de présence d’un véhicule sur les places de stationnement,

Ces données sont centralisées dans le système d’information de la collectivité sur une plateforme unifiée visant à aider les services municipaux à prendre les bonnes décisions. Les données relatives au stationnement sont également mises à disposition des niçois – via des bornes interactives et une application mobile – pour les aider à trouver un place de stationnement (voir cet article). Ces bornes permettent également de trouver un véhicule partagé disponible (auto-bleue, vélo bleu…) et de connaître l’offre de transports publics à proximité. Le mobilier urbain offre enfin une connexion wifi pour faciliter l’accès du plus grand nombre à ces informations.

Présenté comme une première en France, cette initiative en matière d »internet des objets » vient compléter les services sans contact mis en place par Nice depuis 2010 (billettique NFC, paiement, coupons de fidélité…) dans le cadre d’un projet niçois de smart city. Limitée à une artère pour le moment, l’expérience a vocation à s’étendre si l’expérience se révèle positive.

Un projet de développement économique
La vocation du projet niçois est aussi économique car la ville intelligente est un domaine créateur d’emplois et la municipalité se place comme un espace de démonstration de technologies qui peuvent intéresser l’ensemble des grandes métropoles, francaises comme internationales. Outre Cisco, le projet associe de nombreuses entreprises et start up comme Citelum (éclairage public), Sude (mobilité) et Urbiotica (capteurs) et Siradel (ingénierie)

postheadericon Le coût de Linky réévalué à la hausse. Des synergies avec Gazpar ?

Au cours d’une audition d’Henri Proglio dans le cadre du débat sur la transition énergétique, le PDG de EDF a réévalué le coût du compteur intelligent Linky à une fourchette de 5 à 7 milliards d’euros, contre 4,7 Mds selon l’estimation initiale. Une révision à la hausse qui serait liée à une plus juste prise en compte des coûts de déploiement, notamment en zone rurale. La facture ne devrait cependant « pas peser sur la facture » des consommateurs a-t-il précisé. Le distributeur mise en effet sur les gains de productivité (suppression du déplacement des agents en particulier), la réduction de la fraude et les économies d’énergies pour absorber la facture. Ce « business plan » doit cependant être confirmé a averti le PDG d’EDF qui espère finaliser sa stratégie de déploiement d’ici l’été. Parmi les derniers points à régler figurent le « schéma contractuel » avec les autorités concédantes qui sont propriétaires des compteurs, mais aussi la protection des données personnelles et les conditions d’accès aux informations de consommation.

Communication commune avec Gazpar ?

Les retards pris par Linky font que le calendrier de déploiement du compteur électrique devrait coïncider avec son homologue Gazpar. Ce compteur de gaz « évolué » sera déployé chez environ 11 millions de consommateurs, résidentiels et petits professionnels. Les modalités de son déploiement font actuellement l’objet d’une consultation publique menée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) . Le déploiement s’effectuera en 2 temps. La période 2011-2015 est dédiée à la conception de la solution et à des tests réalisés sur 1000 compteurs, le déploiement généralisé s’étendant de 2015 à2022. D’un coût total de 1 milliard d’euros, son financement sera assuré en partie par des économies sur les remplacements planifiés de compteurs et par « le tarif » appliqué au consommateur. Si l’idée de mutualiser les déploiements avec Linky, un temps évoquée, a été abandonnée des synergies et une coordination des deux projets sont en revanche envisagées. Les plannings de déploiement pourraient en effet être mutualisés, de même que la communication auprès des usagers. Et dans ce domaine il y a du travail à faire car plus de deux tiers des français ne connaissent pas Linky

postheadericon Combien de compteurs intelligents dans la maison de demain ?

Si l’on entend beaucoup parler de Linky – le compteur électrique « intelligent » censé permettre au consommateur de mieux maitriser sa consommation – c’est loin d’être le seul boitier intelligent qui s’apprête à investir la maison de demain. Eau, gaz, qualité de l’air, sécurité incendie, consommations numériques… toutes sortes de données peuvent être collectées à distance via des capteurs et centralisés dans des boitiers intelligents. Y aura-t-il autant de compteurs que d’usages ? L’approche métier aujourd’hui privilégiée par les opérateurs de réseau (cf. Linky) pourrait le laisser penser.

Mais c’est un sujet sur lequel se positionnent également les opérateurs télécoms qui verraient bien dans leur « box » la future plateforme de gestion de la domotique de la maison du futur. Du reste, ce n’est pas un hasard si l’opérateur SFR s’est allié récemment à Suez environnement via sa filiale Ondeo Systems pour réfléchir à « une solution de télérelève universelle permettant le transport et la gestion de tout type de données de la ville et de ses habitants grâce à l’utilisation d’un boîtier numérique. » Il restera à savoir, au vu de la controverse actuelle sur Linky qui ne concerne pourtant « que » l’électricité, si ce type de solution sera du goût de la CNIL et des associations de consommateurs.

postheadericon Smart cities : colloques et projets se multiplient

L’utilisation des technologies numériques pour améliorer la gestion des villes – transports-mobilité, réseaux d’électricité, gestion des bâtiments… – est un sujet qui prend de plus en plus d’importance avec des ambitions qui commencent à se concrétiser sur le terrain. Parmi les annonces les plus récentes, on mentionnera ainsi Montpellier et Lyon. Montpellier Agglomération a en effet signé un partenariat avec IBM (suivant ainsi l’exemple de Nice), les universités de Montpellier et l’Idate pour un projet centré sur quatre thèmes : la  mobilité multimodale (information en temps réel), la gestion des réseaux d’eau (repérage des fuites, suivi des consommations) la prévention des risques d’inondation (alertes à 48h / modèle de ruissèlement) et l’utilisation des mobiles NFC pour le commerce de proximité et les services de la collectivité. Quelques jours auparavant, le Grand Lyon avait présenté ses objectifs en matière de ville intelligente. Lyon travaille également sur la mobilité  avec des projets en matière de prédiction du trafic (Optimod’lyon), d’optimisation du fret (Citylog) et de smart-covoiturage. Lyon va aussi créer une « smart community » un démonstrateur installé sur le quartier Confluences pour tester un bouquet de services innovants, centrés sur la gestion intelligente des ressources et des bâtiments et préfigurant à l’échelle  d’un quartier les « smart grids ». Lyon va enfin également lancer des services NFC (parking, tourisme), développer l’usage des capteurs communicants sur voirie (optimisation des services de déneigement) et accélérer sa politique d’ouverture des données publiques.

On précisera enfin que la ville intelligente fera l’objet de deux colloques dans les prochains mois : 5 Plus City Forum, à Issy-les-Moulineaux les 20 et 21 mars prochains et Innovative City Convention (dont l’AMGVF est partenaire), les 18 et 19 juin prochains à Nice.

postheadericon Nice teste un système de « stationnement intelligent »

Nice a inauguré récemment une zone test en centre ville où plusieurs centaines de places de parking, dotées de capteurs seront en mesure de déterminer si la place est libre ou non. Ces informations seront mises à disposition des automobilistes via l’application pour smartphone EzPark. Une application d’aide à la mobilité qui fournit également un guidage vocal jusqu’à la place de stationnement, des informations sur la pollution, le trafic, les transports publics et qui permet à l’utilisateur de prolonger à distance son temps de stationnement. Ces capteurs seront également utilisés par les services municipaux pour connaitre les véhicules en dépassement de temps de stationnement. Parallèlement, la ville s’équipe – comme à Strasbourg – d’une nouvelle génération d’horodateurs autorisant le paiement sans contact (par carte ou mobile NFC) pour leur éviter d’avoir à chercher de la monnaie.

Ces innovations devraient contribuer à faciliter la vie des automobilistes et à fluidifier le trafic en centre ville, le temps moyen de recherche d’une place de parking étant aujourd’hui de 30 mn et générant 20 à 25% du trafic en heure de pointe.

Le projet, qui s’inscrit dans le cadre d’un « Schéma global de stationnement 2011-2015 », a obtenu le  prix du “meil­leur projet in­no­vant vil­le intel­li­gen­te 2011” lors du congrès Smart City Expo, à Barce­lone.

En savoir plus : cet article d’Innov’city sur le pilote niçois et ce dossier qui traite d’expériences comparables menées à Cannes, Lyon et Toulouse

TIC*