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postheadericon 4G : la compétition fait rage, la mutualisation attendra

Selon l’ANFR, début septembre, 8000 sites étaient désormais équipés en 4G. Orange revendique le réseau 4G le plus important avec la couverture intégrale de Paris, de l’Ile de France et 70 agglomérations, soit 500 villes. L’opérateur historique vole ainsi la vedette à SFR qui a été le premier à ouvrir ses services 4G au grand public dans plusieurs grandes villes. Cette position leader ne devrait cependant être que provisoire pour Orange : dans quelques semaines, elle devrait échoir à Bouygues Telecom. Ce dernier, du fait de son autorisation d’utiliser la bande des 1800 hz pour la 4G, va pouvoir basculer dès octobre 4.144 sites en 4G, totalisant ainsi deux fois plus de sites qu’Orange et trois fois plus que SFR et Free Mobile.

L’enjeu pour les opérateurs est aujourd’hui une course contre la montre  pour séduire le maximum de clients en couvrant avec son propre réseau les principales zones urbaines. La mutualisation restera cependant indispensable pour étendre la couverture aux zones moins denses. Elle a du reste été prévue par les textes pour les zones  représentant 63% de la surface et à 18% de la population.  SFR et Bouygues Télécom ont entamé cet été des négociations sur une mutualisation de leurs  infrastructures. Le communiqué commun stipule que « chaque opérateur conservera une capacité d’innovation autonome et une indépendance commerciale totale » ce qui induit qu’il s’agirait essentiellement de mutualiser des infrastructures passives (sites, pylônes, locaux techniques, desserte fibre…). De son côté, Orange a  précisé lors de sa conférence de presse que l’heure était à la constitution de son propre réseau 4G sans exclure pour autant un accord  avec Free mobile avec qui l’opérateur est déjà lié sur la 3G.

L’UE pense déjà à la 5G
En pointe sur la 3G, l’Union européenne est à la traîne pour la 4G par rapport à l’asie et aux USA. Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée du numérique, estime que l’Europe ne doit pas rater la 5G qui est en phase de standardisation. Début 2013, 50 millions d’euros avaient été débloqués par la Commission pour soutenir le développement de la 5G.

postheadericon Très haut débit : les limites du modèle coréen

La Corée est très régulièrement citée comme un modèle en matière de très haut débit. Elle est en effet dans au top des nations les plus connectées au monde avec 60% des foyers connectés en FTTH/FTTB et 100% en haut débit. C’est aussi le pays leader de la 4G/LTE avec une couverture de l’ensemble de la population en seulement quelques mois et déjà 20 millions d’abonnés. C’est enfin le pays du wifi avec des offres – gratuites et payantes – absolument partout : dans les bus urbains et interurbains, le métro des grandes villes, les aéroports, les lieux publics et touristiques… On trouve également des routeurs wifi sur les cabines téléphoniques (photo) et pas moins de trois offres Wifi – passant même dans les tunnels ! – sont proposées dans le TGV coréen (KTX)…

Offres wifi dans le métro de Busan, TV et Wifi dans le TGV/KTX, du Wifi jusque dans les parcs isolés.

Cette hyper-connectivité induit un spectre d’usages aujourd’hui rarement possibles en France en situation de mobilité : tchat, TV sur mobile, visiophonie et surtout les jeux en réseaux qui sont très appréciés en Corée.

Elle a cependant plusieurs limites qui en font un modèle peu reproductible en France. L’importance du relief sur la péninsule a en effet conduit les coréens à optimiser l’espace disponible. L’habitat collectif et les immeubles de grande hauteur (souvent plus de 30 étages) prédominent très largement dans les villes et la maison individuelle y est quasi inexistante.  Par ailleurs, la fibre n’est enterrée que dans les quartiers récents ; dans les campagnes et ruelles plus anciennes, la fibre est déployée en extérieur avec des « paquets de spaghettis » suspendus à chaque coin de rue. Ces deux spécificités facilitent évidemment grandement un déploiement accéléré des technologies FTTx en diminuant considérablement les coûts de génie civil.

Boitier FTTH accroché à un pylône d'où partent les connexions abonnés et forêt d'antennes relais en bordure d'une artère centrale de Séoul.

Enfin, en matière de téléphonie mobile, la couverture exceptionnelle est à rapprocher de la faiblesse des contraintes qui pèsent sur les opérateurs. Visiblement, les règles d’urbanisme et encore plus de protection sanitaires sont (quasi) inexistantes. Les antennes sont partout, souvent placées à quelques mètres du sol et à proximité immédiate des lieux de vie.

Autant de spécificités font  de la Corée un modèle peu reproductible en France. A une exception près cependant : les TIC et le très haut débit ont été très tôt perçus par le Gouvernement coréen comme un facteur décisif de compétitivité du pays. Cette priorité a conduit les pouvoirs publics, dans une grande tradition dirigiste typiquement coréenne, à investir massivement dans le THD tout en fédérant les acteurs privés sur des objectifs communs et en encourageant les municipalités à investir dans le domaine plus large de la ville intelligente (voir cette présentation à l’OCDE en 2008).

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Article rédigé suite à un voyage personnel fait en mai 2013 – voir aussi un rapport intéressant du Sénat qui comporte un chapitre sur les TIC en Corée (février 2012)

postheadericon 4 G : le processus de couverture engagé sur plusieurs grandes villes

Suite à l’attribution des licences fin 2011, les opérateurs ont commencé à déployer les réseaux de téléphonie de 4ème génération (4G ou LTE pour Long Term Evolution,). Orange vient ainsi d’inaugurer son réseau  4G à Marseille ville sur laquelle 120 sites ont été équipés, chiffre qui devrait atteindre 150 à la fin de l’année permettant de desservir 50% de la population. Ce réseau 4G est opérationnel mais ne sera ouvert qu’à 200 testeurs dans un premier temps. Les villes de Lyon et Nantes devraient suivre d’ici la fin de l’année et 12 autres villes d’ici l’été 2013 (voir communiqué). Les concurrents d’Orange ont également démarré leur programme de couverture avec des pilotes en cours à Lyon (SFR et Bouygues Telecom) et à Montpellier. Les premières offres commerciales 4G sont attendues pour le premier trimestre 2013.

Avec ces réseaux 4G, les opérateurs annoncent des débits pouvant atteindre 150 mbit/s (soit 10 fois plus que la 3G), une meilleure couverture des territoires et de l’intérieur des bâtiments grâce à l’utilisation des fréquences du dividende numérique laissé par l’extinction de la TV analogique. Des débits qui promettent d’absorber la croissance exponentielle de l’internet sans fil, de favoriser l’utilisation des services « in the cloud » (messagerie, applications hébergées en ligne, jeux en réseau…) et de la vidéo/visio . Comme pour toute technologie sans fil, la bande passante sera cependant partagée : les débits réels dépendront donc de l’intensité d’usage des autres abonnés et de la qualité des réseaux de desserte des stations de base. Une exigence qui a du reste conduit plusieurs agglomérations à intégrer la desserte des stations de bases en fibre optique dans leur stratégie d’aménagement numérique.

TIC*