Articles avec le tag ‘Linky’

postheadericon Le coût de Linky réévalué à la hausse. Des synergies avec Gazpar ?

Au cours d’une audition d’Henri Proglio dans le cadre du débat sur la transition énergétique, le PDG de EDF a réévalué le coût du compteur intelligent Linky à une fourchette de 5 à 7 milliards d’euros, contre 4,7 Mds selon l’estimation initiale. Une révision à la hausse qui serait liée à une plus juste prise en compte des coûts de déploiement, notamment en zone rurale. La facture ne devrait cependant « pas peser sur la facture » des consommateurs a-t-il précisé. Le distributeur mise en effet sur les gains de productivité (suppression du déplacement des agents en particulier), la réduction de la fraude et les économies d’énergies pour absorber la facture. Ce « business plan » doit cependant être confirmé a averti le PDG d’EDF qui espère finaliser sa stratégie de déploiement d’ici l’été. Parmi les derniers points à régler figurent le « schéma contractuel » avec les autorités concédantes qui sont propriétaires des compteurs, mais aussi la protection des données personnelles et les conditions d’accès aux informations de consommation.

Communication commune avec Gazpar ?

Les retards pris par Linky font que le calendrier de déploiement du compteur électrique devrait coïncider avec son homologue Gazpar. Ce compteur de gaz « évolué » sera déployé chez environ 11 millions de consommateurs, résidentiels et petits professionnels. Les modalités de son déploiement font actuellement l’objet d’une consultation publique menée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) . Le déploiement s’effectuera en 2 temps. La période 2011-2015 est dédiée à la conception de la solution et à des tests réalisés sur 1000 compteurs, le déploiement généralisé s’étendant de 2015 à2022. D’un coût total de 1 milliard d’euros, son financement sera assuré en partie par des économies sur les remplacements planifiés de compteurs et par « le tarif » appliqué au consommateur. Si l’idée de mutualiser les déploiements avec Linky, un temps évoquée, a été abandonnée des synergies et une coordination des deux projets sont en revanche envisagées. Les plannings de déploiement pourraient en effet être mutualisés, de même que la communication auprès des usagers. Et dans ce domaine il y a du travail à faire car plus de deux tiers des français ne connaissent pas Linky

postheadericon Linky : les obstacles juridiques levés, reste la question du financement

Pas moins de quatre recours* avaient été déposés contre l’arrêté du janvier 2012 visant à généraliser le déploiement des compteurs intelligents de type Linky. Ceux-ci ont tous été rejetés par le Conseil d’Etat qui a réfuté dans plusieurs arrêts récents la dangerosité des nouveaux compteurs sur la santé et toute menace sur la vie privée. Quant à la propriété de l’équipement, question qui divise syndicats d’électricité et ERDF, la haute juridiction estime « l’arrêté ne fixe aucune règle relative à la propriété des dispositifs de comptage ».

Le débat reste donc ouvert… tout comme celui du financement du déploiement des 35 millions de compteurs. Si le déploiement, annoncé pour 2014, a désormais la faveur du gouvernement – car ce sont notamment des emplois non délocalisables -  le mode de financement (distributeurs, consommateurs…) n’est pas encore arrêté.

Quant aux bénéfices pour les usagers, ils sont toujours à prouver. Un groupe de travail s’est accordé sur le principe de la nécessité d’une information accessible à tous gratuitement mais les modalités du dispositif restent à inventer… Sur ce volet « services » on y verra peut être plus clair d’ici quelques mois. A Lyon, où 25 000 logements sont d’ores et déjà équipés, le Premier ministre a en effet annoncé le lancement d’expérimentations avec le soutien du programme investissements d’avenir.

* déposés par Robin des toits et UFC Que Choisir, ainsi que du syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire et du syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité

postheadericon Compteurs communicants : la CNIL s’inquiète des risques pour la vie privée

Une délibération de la CNIL datant du 15 novembre 2012 a été publiée au Journal Officiel du 18 janvier fait plusieurs recommandations sur la mise en oeuvre des compteurs communicants Linky pour protéger la vie privée des usagers .

La CNIL rappelle que les compteurs Linky devraient permettre de « faciliter et de fiabiliser la facturation des abonnés et aux distributeurs « de réaliser, de manière automatique,certaines opérations techniques à distance, comme la coupure ou le changement de puissance du compteur ».
Des avancées qui passent par la collecte de nombreuses données : qualité de l’alimentation électrique fournie, index de consommation et courbe de charge, une donnée « nouvelle » fournissant une connaissance plus précise de la consommation des ménages et à même de générer la fourniture de nouveaux services (bilan énergétique). Cette donnée apparait pour la CNIL particulièrement sensible car elle peut permettre de « déduire de très nombreuses informations relatives à la vie privée des personnes concernées ». Sont cités à titre d’exemple les heures de lever et de coucher, les heures ou périodes d’absence, ou encore, sous certaines conditions, le volume d’eau chaude consommée par jour, le nombre de personnes présentes dans le logement, etc.

Partant de ce constat la CNIL insiste sur la nécessaire sécurité des compteurs* et fait plusieurs recommandations. Elle estime ainsi que la courbe de charge ne peut être collectée qu’avec le consentement « libre, éclairé et spécifique » de l’abonné et « lorsque des problèmes d’alimentation ont effectivement été détectés ». Les données afférentes ne doivent être conservée que le temps nécessaires aux finalités pour lesquelles elle est collectée. Elle insiste enfin sur la nécessité d’un réglage par défaut des compteurs très protecteur et sur la limitation du nombre de destinataires des données.

* Comme toute machines, ceux-ci sont piratables, le Linky allemand a du reste déjà été piraté

postheadericon La CNIL européenne s’inquiète des compteurs intelligents trop bavards

Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD ou EDPS) a rendu le 8 juin son avis sur la recommandation de la Commission relative à la préparation de l’introduction des systèmes intelligents de mesure, autrement dit les « smart meters » et sa version française Linky. Le CEPD souligne que si « le déploiement à l’échelle européenne des systèmes de compteurs intelligents peut apporter des avantages significatifs, il permettra également la collecte massive de données à caractère personnel pour suivre ce que les membres d’un ménage font dans l’intimité de leurs maisons, s’ils sont en vacances ou au travail, si l’un d’eux utilise un dispositif médical spécifique ou un moniteur pour bébé, comment ils aiment passer leur temps libre, etc. »

L’impact des compteurs intelligents sur la vie privée n’aurait selon le CEPD pas été suffisamment pris en compte. Aussi invite-t-il la Commission à évaluer si des « mesures législatives supplémentaires sont nécessaires au niveau de l’UE pour assurer la protection adéquate des données personnelles pour l’introduction de systèmes de compteurs intelligents et – dans son avis – fournit des recommandations pragmatiques en vue d’une telle action législative. »

Ces mesures pourraient concerner la liberté du consommateur, qui pourrait déterminer lui-même de la fréquence des relevés, la durée de conservation des données et leur degré de précision.  Le CEPD donne enfin raison à UFC Que choisir (voir notre article) et à ses critiques sur Linky en demandant en demandant « un accès direct des consommateurs à leurs données de consommation d’énergie, ainsi que la remise à ceux-ci de leurs profils individuels ». L’association demande en effet un accès déporté aux consommations ne passant pas par internet mais par un boitier situé dans la maison, la plupart des compteurs étant aujourd’hui placé en limite de propriété.

postheadericon L’arrêté Linky attaqué au conseil d’Etat

UFC Que choisir a saisi le Conseil d’Etat d’un recours contre l’arrêté 10 janvier 2012, texte qui autorise le déploiement des compteurs intelligents de nouvelle génération Linky. Selon l’association de consommateur ce compteur ne répondrait pas aux normes européennes et ne remplirait pas son objectif principal : la maitrise des consommations d’énergie. UFC déplore que la généralisation ait été décidée sans une évaluation des déploiements pilote à Lyon et en Indre et Loire.

Ce recours s’inscrit dans la droite ligne des revendications de l’association qui demande en effet que Linky soit gratuit pour le consommateur et que ces derniers puissent avoir un accès déporté aux informations de consommation sans avoir à passer par un site internet où les données détaillées seront  facturées. Un service payant destiné à aider à couvrir  le coût de pose des 35 millions de compteurs communicants, évalué à 4,5 milliards d’euros par ERDF. Même sans souscrire cet abonnement, Linky ne sera du reste pas gratuit pour les consommateurs comme l’avait promis le gouvernement car, comme l’explique UFC, le coût de Linky sera répercuté sur le tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe).

La propriété des futurs compteurs fait par ailleurs toujours débat. Les collectivités, via la voix de la FNCCR, font valoir que les collectivités locales sont propriétaires des  ouvrages des réseaux de distribution, des  compteurs et des systèmes de comptage. ERDF pour sa part refuse de payer un dispositif qui ne lui appartiendrait pas et les négociations en cours entre les élus et ERDF  ont été interrompues mi-avril…

Le dossier devrait donc être sur le dessus de la pile du futur ministre de l’énergie…

postheadericon Pour la CRE, Linky peut être généralisé

Le 18 juillet, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a approuvé la généralisation du compteur électrique intelligent « Linky ». Se fondant sur un bilan des expérimentations opérées dans 250 000 foyers, la Commission estime que Linky contribuera à « garantir la stabilité des réseaux électriques » en favorisant une gestion souple des différentes sources d’énergie (smart grids), « bénéficiera aux consommateurs » via les services de suivi de consommation en temps réel et sera « globalement neutre du point de vue financier », ERDF étant censé absorber les 4milliards d’euros investis dans les économies générées. Trois points mis en avant dès l’origine du projet mais sur lesquels de nombreuses voix – associations de consommateurs, FNCCR…- ont émis des doutes sérieux, d’aucuns soulignant le lobbying des industriels sur ce sujet (la CRE met du reste en avant l’excellence française dans le domaine des smart grid).

La CRE fait cependant plusieurs recommandations pour faciliter le déploiement de Linky dont :

  • L’accès gratuit du consommateur à ses données de consommation et à sa courbe de charge (il a été question de rendre les services payants)
  • L’amélioration de la formation des poseurs de compteurs pour éviter les dysfonctionnements ponctuels constatés lors des expérimentations,
  • La mise en place d’une « communication ciblée » sur l’utilisation du compteur Linky établie en partenariat avec les autorités concédantes, les collectivités locales, les fournisseurs et les associations de consommateurs.

La communication suffira-t-elle à calmer les esprits ? Réponse après la trêve estivale.

postheadericon Linky : Les services innovants payants ?

Depuis plusieurs mois le compteur Linky suscite la polémique et les interrogations sur le financement de son déploiement. Car selon les sources le cout de Linky est estimé de 4 (ERDF) à 8 milliards d’euros (FNCCR). Face à la levée de bouclier des associations de consommateurs, le Gouvernement a décidé de ne pas faire payer aux abonnés l’installation des nouveaux compteurs comme c’était envisagé au départ. Une option réaffirmée encore récemment par le ministre de l’Energie, Eric Besson qui a cependant indiqué que certains services pourraient être facturés au consommateur. Pour 3,50 euros par mois les consommateurs pourraient avoir la possibilité « d’accéder à un espace personnel et sécurisé via Internet, où ils peuvent visualiser leur consommation, en euros, en kWh, et en CO2, comparer consommation réelle et consommation prévisionnelle » a-t-il expliqué. Autant dire que ces options risquent d’être réservées aux personnes les plus aisées alors même qu’ils intéressent avant tout les foyers ayant des difficultés à boucler leurs fins de mois. On assure qu’il s’agit pour le moment « d’expérimentation » mais à quoi bon poser des compteurs « intelligents » si seulement une minorité de consommateurs bénéficie des services qui légitiment son déploiement ?

Une question qui sera sans doute posée le 28 juin à l’occasion du comité de suivi de Linky. Celui-ci doit se prononcer sur le déploiement de Linky à grande échelle et le remplacement des 35 millions de compteurs existants d’ici 2020.

TIC*