Articles avec le tag ‘FTTB’

postheadericon Les opérateurs se positionnent sur les zones denses et expriment leurs attentes à l’égard des villes

Poussés par Numéricâble (qui continue de moderniser ses réseaux) et  France télécom (qui s’est engagé à couvrir 9 millions de logements en 5 ans), Free, SFR et Bouygues mettent les bouchées doubles pour être présents dans les  148 communes identifiées par l’Arcep comme « zones denses ». Comme l’a souligné le représentant de SFR lors du « Trip 2010 » de l’Avicca, « même si nous aurions préféré une concurrence par les services plutôt que par les infrastructures, nous n’avons aujourd’hui pas le choix, car sinon nous serons dans la même situation qu’avec l’ADSL en devant louer l’infrastructure de nos concurrents » a-t-il précisé. Si les déploiements sont en cours (voir les chiffres de l’Arcep) les questions sont encore nombreuses. Tous les opérateurs font ainsi état de difficultés à convaincre les syndics d’immeubles à accepter l’installation d’équipements FTTH… et de se tourner vers les mairies pour solliciter un appui pour communiquer en direction des bailleurs et syndics. Par ailleurs, le mode de raccordement des immeubles de moins de 12 logements, qui représentent selon les opérateurs pas moins de 40% des logements dans les 148 zones très denses, n’est toujours pas tranché. Ils attendent beaucoup de cette réglementation qui, au-delà d’une meilleure visibilité sur l’équation économique, leur permettra « d’industrialiser les processus ». Au-delà de ces 148 communes, Orange, Free et Numéricâble sont les seuls à avoir annoncé/ réalisé des investissements conséquents. Côté SFR et Bouygues le discours est plus flottant les opérateurs se réfugiant derrière l’absence de visibilité réglementaire pour commencer à investir. Quant aux éventuels projets de réseaux d’initiative publique (RIP) dédiés aux FFTH, les opérateurs n’y sont pas foncièrement hostiles, à condition qu’ils soient concertés en amont des projets. Car le risque, a notamment mis en garde Free, est que le RIP se retrouve avec un seul opérateur (cas de Saint Lô et Pau) sur son réseau FTTH. Bonne nouvelle cependant pour les futurs réseaux FTTH publics à cheval sur des zones denses/peu denses, le gouvernement aurait précisé, dans une réponse au département de la Savoie, que ces RIP pourraient bénéficier du grand emprunt, à une condition. Il leur faudra démontrer (cf. Hauts de seine/ THD92 / jurisprudence Altmark) que la subvention publique n’aide que les zones non rentables et ne perturbe pas le jeu concurrentiel sur les zones denses.

postheadericon FTTH : les grandes villes vont devoir s’impliquer

A première vue les grandes villes peuvent se sentir peu concernées par la question du très haut débit. Toutes sont définies par l’Arcep comme en zone dense (opérateur déjà présent avec un réseau FTTH) ou dans celles dans lesquelles les opérateurs déploieront à court terme des réseaux d’eux-mêmes ou en co-investissement.

A y regarder de plus près, les choses s’avèrent plus compliquées. Les grandes villes vont tout d’abord avoir affaire à des trous de couvertures (mitage) car le tissu urbain des grandes villes est loin d’être homogène. Les pavillons sont ainsi peu susceptibles d’intéresser les opérateurs, même s’ils sont en centre ville. Pourtant il sera difficile aux élus d’expliquer à leurs propriétaires qu’ils doivent payer leur raccordement alors que les personnes vivant en face –dans un immeuble – ont été « spontanément » desservies. A l’échelle d’une agglomération, on peut aussi craindre que quelques quartiers soient desservis chacun par un opérateur différent, sans souci de continuité, et d’avoir ainsi une couverture ressemblant à une « peau de léopard ». Face à ces risques – et à l’inévitable mécontentement des usagers – les grandes villes vont donc être obligées de s’impliquer dans les FTTH et dans les schémas d’aménagement numérique. Pour alimenter leur réflexion, elles pourront avoir connaissance des réseaux existants (cf. les décrets couverture réseau) et attendre que les opérateurs dévoilent leurs projets (avant mars 2011). Mais encore faudra-t-il que les informations fournies soient précises car d’après l’Arcep, les opérateurs ne devront faire état que d’une « intensité de déploiement » soit « le pourcentage estimé de logements susceptibles d’être raccordés au très haut débit dans un délai de six mois suivant une demande formulée par une copropriété, un propriétaire ou un opérateur d’immeuble tiers ». Autant dire qu’elles trouveront là matière à rassurer le propriétaire de pavillon…

Agir, oui mais comment ?  Au-delà du rôle de facilitateur (guichet, tranchées, SIG…) mis en avant par l’Arcep, l’intervention des villes s’avère délicate. Le cadre juridique est très contraint (aides d’état, concurrence, L1425-1…) et la création d’un réseau d’initiative publique (RIP) s’annonce (voir l’interview du président de l’Arcep) pour le moins acrobatique, surtout si au bout l’Etat n’apporte pas d’aide. On saluera à cet égard la parution d’un ouvrage coédité par l’ACUF et la CDC sur les métropoles et le THD. Un guide justement destiné à aider les élus à construire une stratégie FTTx adaptée à leur territoire.

postheadericon FTTx : Le modèle asiatique en questions

Il n’y a pas une conférence sur le haut/ très haut débit sans que soit évoqué « l’avance » asiatique en matière de fibre optique. Il est vrai que les chiffres sont là (15 millions d’abonnés au japon, 7 millions en Corée du Sud en 2008) et les prévisions de croissance toutes aussi optimistes.

Exemple de deploiement en aerien en coree - photo (c) tonio_vega

Néanmoins, l’Asie n’est pas l’Europe et encore moins la France : l’essentiel des habitants se concentrent dans des plaines, avec une densité élevée et homogène, ce qui limite considérablement les coûts de déploiement. Mais surtout le déploiement est réalisé en aérien, sur les poteaux électriques, avec un « effet paquet de nouilles » (voir la photo) qui passerait particulièrement mal en France où l’heure est à l’enterrement desréseaux, pour des raisons esthétiques mais aussi pour se préserver des risques de rupture du service en cas de tempête. Enfin la majeure partie des déploiements est en FTTB, alors que la France privilégie, au moins en ville, le FTTH, plus performant. Le modèle asiatique est donc peu transposable en France sauf sur un point : la Corée est la ou émerge le plus de nouveaux usages qui influent sur la demande en débit.

TIC*