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Très haut débit : les limites du modèle coréen
La Corée est très régulièrement citée comme un modèle en matière de très haut débit. Elle est en effet dans au top des nations les plus connectées au monde avec 60% des foyers connectés en FTTH/FTTB et 100% en haut débit. C’est aussi le pays leader de la 4G/LTE avec une couverture de l’ensemble de la population en seulement quelques mois et déjà 20 millions d’abonnés. C’est enfin le pays du wifi avec des offres – gratuites et payantes – absolument partout : dans les bus urbains et interurbains, le métro des grandes villes, les lieux publics… On trouve également des routeurs wifi sur les cabines téléphoniques (photo) t pas moins de trois offres Wifi – passant même dans les tunnels ! – sont proposées dans le TGV coréen (KTX)…

Offres wifi dans le métro de Busan, TV et Wifi dans le TGV/KTX, du Wifi jusque dans les parcs isolés.
Cette hyper-connectivité induit des possibilités d’usages qui sont aujourd’hui rarement possibles en france en situation de mobilité : tchat, TV sur mobile, visiophonie et surtout les jeux en réseaux qui sont très appréciés en Corée.
Elle a cependant plusieurs limites qui en font un modèle peu reproductible en France. L’importance du relief sur la péninsule a en effet conduit les coréens à optimiser l’espace disponible. L’habitat collectif et les immeubles de grande hauteur (souvent plus de 30 étages) prédominent très largement dans les villes et la maison individuelle y est quasi inexistante. . Par ailleurs, la fibre n’est enterrée que dans les nouveaux quartiers récents dans les campagnes et ruelles plus anciennes, la fibre est déployée en extérieur avec des « paquets de spaghettis » suspendus à chaque coin de rue. Ces deux spécificités facilitent évidemment grandement un déploiement accéléré des technologies FTTx.

Boitier FTTH accroché à un pylône d'où partent les connexions abonnés et forêt d'antennes relais en bordure d'une artère centrale de Séoul.
Enfin, en matière de téléphonie mobile, la couverture exceptionnelle est à rapprocher de la faiblesse des contraintes qui pèsent sur les opérateurs. Visiblement, les règles d’urbanisme et encore plus de protection sanitaires sont (quasi) inexistantes. Les antennes sont partout, souvent placées à quelques mètres du sol et à proximité immédiate des lieux de vie.
Autant de spécificités font de la Corée un modèle définitivement non reproductible en France.
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Article rédigé suite à un voyage personnel fait en mai 2013 – voir aussi un rapport intéressant du Sénat qui consacre une partie de son rapport sur les TIC en Corée (février 2012)
En ville, l’autorité de la concurrence favorable à la mutualisation des sites mais pas des réseaux
La concurrence par les infrastructures permet « la mise en place d’une concurrence pérenne entre opérateurs de réseaux, ainsi que la promotion de l’innovation et de la différenciation des offres. Il est également celui qui stimule le plus l’emploi et l’investissement ». Pas question donc de remettre en cause pour l’autorité le principe de la concurrence par les infrastructures et l’opérateur Free qui loue des prestations d’itinérance à Orange (contrat à l’origine de la saisine de l’autorité) est invité à construire son propre réseau dans les plus bref délais.
Néanmoins, l’autorité estime que certaines modalités de mutualisation restent possibles. En zone peu dense, l’autorité n’exclut, sous réserve d’un examen au cas par cas, aucune forme de mutualisation : accord entre opérateurs (type Free), partage temporaire d’infrastructures actives/ de fréquences, partage de pylônes/équipements passifs.
Elle souligne que pour les zones denses « terrain naturel sur lequel plusieurs opérateurs peuvent se déployer simultanément et indépendamment de manière rentable », « la mutualisation d’installations passives comporte peu de risques concurrentiels puisqu’elle nécessite peu d’échanges d’informations et ne compromet nullement la capacité des opérateurs à se différencier ».
Enfin, l’autorité estime que la mutualisation doit être évalué au regard de la situation de chaque opérateur et des technologies. Elle souhaite ainsi que l’itinérance dont bénéficie Free sur la 2G soit limitée dans le temps. Quand à la 4G, en dehors des zones réglementaires où est prévu un large recours à la mutualisation, elle privilégie un rééquilibrage des fréquences allouées aux opérateurs sur un la conclusion de contrats d’itinérance.
4 G : le processus de couverture engagé sur plusieurs grandes villes
Suite à l’attribution des licences fin 2011, les opérateurs ont commencé à déployer les réseaux de téléphonie de 4ème génération (4G ou LTE pour Long Term Evolution,). Orange vient ainsi d’inaugurer son réseau 4G à Marseille ville sur laquelle 120 sites ont été équipés, chiffre qui devrait atteindre 150 à la fin de l’année permettant de desservir 50% de la population. Ce réseau 4G est opérationnel mais ne sera ouvert qu’à 200 testeurs dans un premier temps. Les villes de Lyon et Nantes devraient suivre d’ici la fin de l’année et 12 autres villes d’ici l’été 2013 (voir communiqué). Les concurrents d’Orange ont également démarré leur programme de couverture avec des pilotes en cours à Lyon (SFR et Bouygues Telecom) et à Montpellier. Les premières offres commerciales 4G sont attendues pour le premier trimestre 2013.
Avec ces réseaux 4G, les opérateurs annoncent des débits pouvant atteindre 150 mbit/s (soit 10 fois plus que la 3G), une meilleure couverture des territoires et de l’intérieur des bâtiments grâce à l’utilisation des fréquences du dividende numérique laissé par l’extinction de la TV analogique. Des débits qui promettent d’absorber la croissance exponentielle de l’internet sans fil, de favoriser l’utilisation des services « in the cloud » (messagerie, applications hébergées en ligne, jeux en réseau…) et de la vidéo/visio . Comme pour toute technologie sans fil, la bande passante sera cependant partagée : les débits réels dépendront donc de l’intensité d’usage des autres abonnés et de la qualité des réseaux de desserte des stations de base. Une exigence qui a du reste conduit plusieurs agglomérations à intégrer la desserte des stations de bases en fibre optique dans leur stratégie d’aménagement numérique.
La 4 G n’est pas encore totalement au point, l’heure est aux expérimentations
Selon l’Arcep la 4G/LTE propose « des débits de plusieurs dizaines de Mbit/s, voire supérieurs à 100 Mbit/s grâce à la mise en œuvre de canalisations larges, jusqu’à 20 MHz, inexistantes en 3G, et offrent des latences suffisamment faibles pour favoriser le développement d’applications interactives avec des débits élevés« . Si la 4G est attendue avec impatience par les mobinautes, son déploiement à grande échelle ne semble par pour tout de suite malgré l’attribution des licences aux opérateurs. En effet il s’avère que la 4G peut perturber d’autres émissions hertziennes et notamment la TNT. A tel point que les tests entamés à Laval ont été interrompus à la demande du CSA pendant le WE du 22/23 octobre pour ne pas perturber la retransmission de la coupe du monde de rugby. Des ajustements techniques qui ont conduit nos voisins britannique a préférer différer la vente des licences 4G selon les Echos. Il restera maintenant à trancher un point qui fait débat entre es opérateurs et l’État : à qui revient-il de régler la facture pour résoudre ces problèmes de brouillage ?
En France l’heure est donc pour le moment plutôt aux tests. Ceux-ci ont démarré en particulier à Brest où un réseau 4G va couvrir une grande partie de la ville et du port de Brest, ainsi qu’une zone d’une dizaine de kilomètres en mer. Cette opération, baptisée ImaginLab, est aussi et surtout destinée à explorer les usages autorisés par les débits de la 4G. Dans cette optique, une centaine d’utilisateurs vont être équipés de mobiles compatibles et tester de nouveaux services comme un espace virtuel de stockage dématérialisé pour ses documents multimédias, la voix sur IP haute-définition, la visiophonie et la télévision mobile HD, des services liés à la géolocalisation, les jeux en réseau, etc.
4G : un prix élevé avec des obligations de couverture importantes
L’Etat compte tirer 2,5 milliards d’euros de la vente des licences pour les fréquences de la 4G, technologie mobile qui promet des débits allant jusqu’à 100 Mbit/s. Les fréquences seront attribuées en deux temps avec en octobre les lots de la bande de fréquences de 2,6 GHz et début 2012 ceux de la bande des 800 Mhz. La grande nouveauté de cet appel à candidature est d’obliger les opérateurs à couvrir d’abord les zones tardivement desservies en 3G, soit 18% de la population représentant 80 % du territoire. Les opérateurs auront l’obligation de couvrir 90% de la population de chaque département d’ici à douze ans, l’objectif étant d’atteindre la desserte de 99,6 % de la population dans les quinze ans. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, l’appel à candidature met l’accent sur la mutualisation des infrastructures (elle sera obligatoire sur les communes rurales) mutualisation qui devrait aussi avoir des vertus concurrentielles en facilitant l’arrivée d’opérateurs virtuels.
Si ces exigences en matière de couverture et de mutualisation correspondent à celles que souhaitaient les élus, on peut se demander si le prix demandé n’est pas trop élevé. Certes, les opérateurs mobiles ont besoin de ressources pour faire face à l’explosion du trafic data sur les réseaux mobiles, mais dans le même temps ils doivent déployer de très couteux réseaux FTTH. Respecteront-ils effectivement leurs engagements ? En l’absence de sanctions on peut se le demander. Ce ne serait pas la première fois qu’un cahier des charges fixé par l’État ne serait pas respecté (cf. Wimax et BLR).
