Archive pour avril 2009
FTTH : qu’est-ce qu’une zone dense ?
L’Arcep a fait un point sur l’avancement du dossier FTTH. Au cours des dernières semaines, des expérimentations ont été menées pour déterminer, entre autres problèmes techniques, le point de mutualisation, le mode de partage de la fibre optique (point à point/passif optique/mixte) et les stratégies de déploiement à adopter en fonction des territoires. Si le cœur des grandes villes connait d’ores et déjà des déploiements significatifs*, la question reste entière pour le reste des agglomérations. Dans ces zones très « denses », l’Arcep propose que chaque opérateur déploie son propre réseau. Alors que pour les zones d’habitat dispersé, l’Arcep s’est déclarée favorable à la création « d’un grand réseau mutualisé ouvert » dans lequel les collectivités territoriales pourraient avoir un rôle déterminant (voir la note de l’Arcep sur le rôle des collectivités). Une des questions est cependant de savoir ce qu’on appelle une zone dense. L’Arcep propose d’inclure dans cette catégorie les zones dans lesquelles les déploiements sont engagés et de tenir une « liste évolutive de communes, qui pourrait être ensuite régulièrement étendue en fonction des retours d’expérience et des demandes des acteurs ».Cette définition pragmatique est-elle satisfaisante ou faut-il des critères plus consistants ? L’Arcep invite les acteurs à se prononcer.La question est d’importance pour les grandes villes, dont le territoire est tout sauf homogène, car elle en contient une autre en creux : celle du modèle économique.
* France Télécom aurait des déploiements en cours dans une quarantaine de communes, dont une dizaine de villes en région. Un chiffre comparable pour Numéricâble qui remplace progressivement ses câbles coaxiaux de la partie horizontale (jusquà l’immuble) par de la fibre optique. Les déploiements de SFR et Free se concentrent sur des zones où existent des alternatives aux infrastructures de génie civil de France Télécom, comme les galeries visitables du réseau public d’assainissement parisien. Au total, l’ARCEP estime que 3 à 4,5 millions de foyers se situent à proximité d’un réseau en fibre optique au 31 décembre 2008. Le nombre total d’immeubles équipés en fibre optique et raccordés au réseau d’au moins un opérateur s’élève à 20 500 et 550 000 foyers sont éligibles aux offres très haut débit en fibre optique jusqu’aux abonnés.
Un portail mobile pour les services publics
« Proxima Mobile », tel est le nom du service que le gouvernement vient de mettre sur les rails. L’objectif est de fédérer et développer l’offre de services publics accessibles via un téléphone mobile : alertes sanitaires, information voyageur, services médicaux d’urgence, nouveaux services associés à la géolocalisation… Coordonné par la Délégation aux usages d’internet (DUI), le projet est sous la tutelle du secrétariat d’Etat à l’économie numérique et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « Unique en Europe, le projet illustre deux objectifs du Plan France Numérique 2012 : la réduction de la fracture numérique générationnelle et le développement de nouveaux contenus et usages pour permettre à la France de prendre développer un écosystème innovant dans le domaine des services à haute valeur ajoutée sur mobiles » explique la DUI. Car l’objectif est en effet de toucher d’abord les séniors, public encore peu connecté à internet mais plutôt bien équipé en téléphone mobile. Le portail devrait du reste être particulièrement attentif à ce public en travaillant sur l’ergonomie et l’accessibilité des services mobiles. Concrètement, le projet devrait déboucher sur un label – dont pourraient bénéficier tous les services mobiles existants, dont ceux déployés par des collectivités locales – et sur un portail d’accès à l’ensemble des services existants, annoncé pour la fin 2009.
Télécoms : La séparation fonctionnelle en dernier recours
Commission, Parlement et Conseil européens ont trouvé un accord final sur le nouveau cadre européen des télécoms pour la période 2010-2015. Si la Commission n’a pas obtenu la création d’un « super régulateur » en mesure d’imposer ses vues aux régulateurs nationaux, le « groupe des régulateurs », instance existante et rebaptisée Berec (Body of European Regulators of Electronic Communications), voit son rôle renforcé. Il pourra bureau d’experts ayant statut d’agence européenne. Parmi les dispositions phares de ce « paquet télécoms » on signalera plus particulièrement la possibilité d’imposer la séparation fonctionnelle (réseau/services) aux opérateurs historiques. Si ce moyen d’imposer la concurrence « par le haut » a les faveurs de la Commission, plusieurs pays, dont la France, y sont hostiles. Aussi cette séparation ne pourra-t-elle être prononcée que par les régulateurs nationaux (et non la Commission ou le Bérec) seulement si aucun autre remède n’a fonctionné. On rappellera qu’avec le très haut débit et l’énormité des coûts de création d’un réseau optique aussi maillé que le réseau cuivre téléphonique, l’idée de créer un seul réseau en fibre optique mutualisé, sur le modèle de RFF (voies ferrées) ou de RTE (électricité) ressurgit. Plusieurs opérateurs nouveaux entrants ont du reste pris position récemment en ce sens (voir ce communiqué du Collectif libre choix). Une idée qui a peu de chance d’aboutir, le gouvernement et l’Arcep y étant défavorables.
service-public.fr : un modèle en matière de syndication
Créé en 2000, le portail d’accès à l’administration publique française www.service-public.fr a enregistré plus de 48 millions de visites et un taux de satisfaction de 96%. Sur ces 48 millions de visites on ne sait pas la part du trafic généré par le « Co-marquage » (intégration de la partie droits et démarches de service-public via un flux XML aux sites locaux, dont une bonne partie des sites de grandes villes) mais il est certain que ce dispositif – on compte près de 1500 collectivités adhérentes – a également contribué au succès du portail de la Documentation française.
Le portail se voit aujourd’hui conforté dans sa fonction de renseignement, d’aiguillage (vers des contacts et services locaux notamment) et de lieu unique pour faire certaines démarches (Etat). Les services proposés un temps par le site administration24h24h ont en effet été réintégrés au portail de la Documentation Francaise.
Parmi les évolutions annoncées :
- Un contenu davantage en phase avec les besoins recensés par le 3939 (centre d’appel de l’Etat) et les exigences du référentiel Marianne ;
- Une refonte graphique et ergonomique du site pour se mettre en conformité avec le RGAA (référentiel général d’accessibilité des administrations) ;
- Une restructuration complète des contenus pour passer de 23 thèmes à 10 thèmes ;
- L’amélioration de la partie litiges avec les administrations, en partenariat avec le Médiateur de la République.