Archive pour novembre 2008
Les chiffres de couverture ADSL face à la réalité du terrain
France Télécom fait valoir un chiffre de 98,3% éligibles à l’ADSL « haut débit » (c’est-à-dire 512Kb/s au minimum). Au congrès des maires de France, les élus ont été nombreux à faire part de leur mécontentement et de leur scepticisme sur ce chiffre : débits inférieurs à ceux annoncés, qualité de service désastreuse et coupures, carte des opérateurs ne correspondant pas à la réalité… les maires ruraux étaient remontés sur cette question du haut débit. Un problème qui ne touche pas que les zones rurales puisque les grandes villes, et surtout les agglomérations, constatent également une couverture ADSL en « peau de léopard ». Ce mécontentement est du reste à l’origine du décret zones blanches, demandé par les associations d’élus et dont la parution est imminente. Il devrait permettre aux collectivités d’avoir des cartes plus précises avec des données plus fiables au niveau communal sur la couverture haut débit 5ADSL et autres technologies) de leur territoire. Pour remédier à ces trous de couverture, et outre les dispositifs alternatifs avec toutes leurs limites économiques et technologiques (WiFi, Wimax, CPL, satellite …), la loi LME a clarifié le dispositif NRA-ZO (rapprochement des sous répartiteurs ADSL des abonnés en bout de ligne) mais la vraie question est maintenant de savoir qui doit payer la facture.
Mon service-public.fr lancé le 15 décembre
Après plus de trois ans de gestation, le poratil Mon service-public.fr devrait enfin ouvrir. C’est tout du moins ce qu’a indiqué la DGME à la sénatrice Éliane ASSASSI, comme le révèle son rapport budgétaire sur les crédits modernisation de l’Etat. Le portail aura notamment quatre fonctionnalités :
- Il proposera un espace personnel de stockage en ligne decoordonnées + pièces justificatives (extrait d’acte de naissance, pièces d’identité…) en vue de faciliter la réalisation de démarches (préremplissage de formulaires),
- Le site offrira un mécanisme d’authentification unique permettant à un utilisateur d’accéder aux différentes démarches en ligne de son choix, quelle que soit l’administration (d’Etat…) concernée,
- L’internaute pourra également personnaliser son espace de navigation : raccourcis vers les administrations de son choix, organismes sociaux, collectivités locales… et vers des procédures plus particulièrement utilisées.
- Enfin, le site offrira un suivi de l’ensemble des démarches (Etat) garantissant à l’usager une vision d’ensemble de l’avancement de toutes ses démarches administratives en cours et des messages envoyés par l’administration.
Pour garantir la confidentialité des données personnelles ainsi stockées, le projet s’appuie sur la technologie « Liberty Alliance » et chaque administration n’aura le droit d’accéder qu’aux informations entrant dans son champ de compétence.
Les collectivités locales ne seront pas totalement absente de la V1 du site : dès son lancement, participeront la commune de Vandoeuvre-lès-Nancy et la communauté de communes de Parthenay. La sénatrice a cependant insisté pour que « les autorités administratives, notamment les collectivités territoriales, examinent l’opportunité de la rejoindre le plus rapidement possible et afin d’y offrir la palette la plus étendue possible de démarches en ligne ».
Passeports : les grandes villes seront-elles entendues par le Sénat ?
A la suite de la mobilisation des élus, et notamment des maires des grandes villes, la commission des Finances du Sénat a modifié, sur proposition de Michèle André (socialiste, Puy-de-Dôme) les dispositions de la loi de finances sur les titres biométriques. Initialement fixée à 6,34 millions d’euros répartis entre 2.000 communes, la dotation sera portée à 12 millions. Elle sera financée par une réduction de crédits d’un même montant du programme Administration territoriale, c’est-à-dire de sommes destinées aux préfectures et sous préfectures. Le texte doit être examiné en début de semaine prochaine par les sénateurs. Au-delà de la LFI, Michèle André a été chargée de suivre le dossier de la mise en place des titres sécurisés.
MISES A JOUR (28/11). L’article n’a, à ce jour, toujours pas été discuté. Le sénat a par ailleurs dû renoncer à la réduction de 10 euros sur le prix des passeports, pour les personnes se munissant de deux photographies d’identité au lieu de les faire en mairie. Une disposition qui avait été soufflée par l’association qui défend les intérêts des photographes indépendants.
Par ailleurs, à l’occasion du congrès des maires, Michèle Alliot Marie, Ministre de l’Intérieur a déclaré « un réexamen des conditions de la mise en œuvre et des coûts induits sera effectué, en concertation avec les élus. C’est un engagement.
Ce réexamen est prévu, à votre demande, à partir de l’été 2010. Je suis même prête à l’avancer fin 2009. D’ores et déjà, je peux vous assurer que dès la mise en place du système, je compte réévaluer l’indemnité. Je présenterai ce point lors de l’examen du budget au Sénat« .
Il y a donc – un peu – d’espoir.
Bluetooth : la Cnil veut un consentement de l’utilisateur
Alors qu’un nombre croissant d’acteurs – à commencer par les collectivités, voir la ville de Rennes et Vélib’ à Paris avec ses fontaines bluetooth – souhaitent utiliser le protocole de communication Bluetooth pour diffuser des informations aux utilisateurs de mobiles et autres PDA, la CNIL vient de se positionner sur ce sujet. En ligne de mire, les annonceurs qui voudraient pouvoir arroser de publicités les cafés ou les passants sur la voie publique. Mais ces recommandations semblent également valables pour les collectivités qui pourraient souhaiter utiliser la technologie pour faire la promotion touristique ou économique de certains lieux. En effet, la CNIL considère que les données techniques traitées dans le cadre du protocole de communication Bluetooth, à savoir l’adresse physique de l’interface du portable (adresse « MAC ») et l’identifiant « Bluetooth » du téléphone portable sont des données à caractère personnel. Aussi demande-t-elle que « l’envoi systématique de messages publicitaires à tous les utilisateurs se trouvant dans la zone de couverture d’une affiche ne soit pas la règle ». Elle souhaite que les utilisateurs expriment une forme de consentement, comme en approchant volontairement leur mobile de la source d’émission. Ce qui semble être le cas avec le concept de « fontaine bluetooth ».
Le raz de marée internet chez les ados
Si intuitivement on perçoit le poids pris par internet et les nouveaux médias (téléphone mobile, chat…) chez les jeunes ados, le rapport que vient de produire le sénateur David Assouline montre un véritable raz de marée. Ainsi, 96 % des 10-17 ans et 77 % des 6-17 ans surfent presque tous les jours sur internet. 60% des jeunes de 12 à 17 ans sont des utilisateurs de la messagerie instantanée, et la France est championne du monde du nombre de blogs adolescents. Enfin, 67,5 % des jeunes déclarent se servir de plusieurs médias en même temps ! Loin de vouloir inverser ce phénomène, le rapport estime qu’il faut encourager les (bonnes) pratiques numériques, mettre en place une éducation aux médias et mieux contrôler les contenus en créant notamment une entité unique (il y en a quatre aujourd’hui) en charge de la protection de l’enfance sur les médias.
Une charte ergonomique pour les sites internet de l’Etat
Début 2009 entrera en vigueur une « charte ergonomique des sites Internet publics » élaborée par la DGME. Un document qui vise à compléter les référentiels généraux (RGI, RGAA et RGS) et à aider les internautes à naviguer sur les sites publics. Ce document doit en effet permettre de garantir :
• un niveau minimum de confort d’utilisation et d’accessibilité, quel que soit l’émetteur du site ;
• l’homogénéité des codes visuels courants et des principes de navigation sur les sites publics ;
• l’amélioration des processus de conception et d’alimentation en contenu de ces sites par l’administration.
L’intitulé comme la référence aux référentiels conduisent à se demander inévitablement si cette charte s’adresse aux collectivités… La DGME a cependant précisé que (si) « la charte s’applique nécessairement aux sites institutionnels ainsi que les sites de services en ligne de l’Etat », « elle (ne) constitue (qu’)un document de référence, utilisable par tous les autres sites de la sphère publique (collectivités territoriales, établissements hospitaliers, organismes gérant des régimes de protection sociale, etc.) ».
En outre, contrairement aux référentiels généraux, elle ne contiendra que des règles « utiles » ou « recommandées ». Il ne s’agit donc pas d’un document contraignant mais de principes dont pourront s’inspirer (utilement) toutes les administrations pour rédiger leurs cahiers des charges…
Le plan Besson déçoit la communauté TIC
Les réactions au plan Besson sont tombées ces dernières semaines. Si tout le monde s’accorde sur l’intérêt d’un plan et d’une stratégie dans ce domaine, les observateurs et spécialistes des TIC sont dans l’ensemble très déçus. Daniel Kaplan dans Internet actu comme Jean Michel Billaut ou encore l’association Renaissance numérique déplorent le saupoudrage et l’inventaire à la Prévert : 154 mesures c’est beaucoup et ça n’aide pas à fixer des priorités. L’Avicca déplore de son côté l’absence de moyens financiers, les carences du plan sur le très haut débit et fait feu de tout bois sur le service universel du haut débit. Mettre la barre à 512 Kbits alors que le Ciadt de 2004 avait fixé l’objectif à 2Mbits, c’est en effet ce qu’on appelle une régression… Coté April, on se félicite d’une meilleure prise en compte du Logiciel Libre (par rapport à la première version) mais déplore le flou des mesures…
Loi création et internet et collectivités : le filtrage comme solution
Une mairie pourrait-elle voir son accès à internet coupé du fait des agissements d’un de ces agents ? Non, la loi « création et internet » adoptée par le Sénat intègre le cas des téléchargements d’œuvres protégées effectués au sein d’une entreprise, d’un cybercafé, d’un espace public numérique, d’un hot-spot wifi ou d’une administration. En cas de téléchargement illégal constaté par les ayants droits, la personne morale (identifiée par son adresse IP) recevra « une injonction de prendre des mesures de nature à prévenir le renouvellement du manquement constaté et à en rendre compte à la Haute Autorité, le cas échéant sous astreinte ». En d’autres termes, elle devra mettre en place un dispositif de filtrage, bloquant notamment l’accès aux logiciels pair à pair et aux sites d’échanges de fichiers. Pour permettre de s’y retrouver dans le maquis des solutions de filtrage, un système de labellisation sera mis en place sous la houlette de la nouvelle autorité (l’Hadopi). Le texte, adopté par le Sénat, doit maintenant passer devant les députés.
Le plan d’accompagnement du passage au tout numérique
Alors que les 17.500 téléspectateurs de Coulommiers et de ses environs vont être les premiers à vivre l’extinction de l’analogique, le gouvernement a révélé le dispositif d’accompagnement (voir le dossier de presse) destiné à assurer une transition en douceur vers le numérique :
- Information. Pour informer les français sur l’échéance du 30 novembre 2011, un site Internet, (www.matelenumerique.fr), un centre d’appels (0 810 49 49 49) ont été ouverts. Au cours du premier trimestre 2009, une campagne nationale d’information et de sensibilisation du public sera organisée dans les médias nationaux en complément d’actions de sensibilisation sur les lieux de vente.
- Accompagnement. Des ambassadeurs du numérique (antennistes, installateurs, distributeurs) vont être désignés sur la base d’un cahier des charges contraignant pour proposer un service d’accompagnement à tous ceux qui le souhaite.
- Aides financières. Les foyers dont les membres ont plus de 70 ans au 4 février 2009 ou dont le taux d’incapacité permanente est supérieur à 80% auront accès à une prestation globale, comprenant l’assistance au choix de l’adaptateur TNT, sa livraison et son installation, moyennant la prise en charge par ces foyers du coût de l’adaptateur, d’un ticket modérateur de 20 € et, le cas échéant, des coûts afférents aux travaux qui seraient nécessaires sur leur antenne de réception. Les personnes exonérés de redevance bénéficieront d’une aide à l’acquisition d’un adaptateur ( 30 euros) et d’une prise en charge des frais éventuels d’installation d’antenne à l’exception d’un ticket modérateur de 20 euros.
Les machines à voter passent les élections américaines…mais
Ces trois dernières semaines, on a vu fleurir une multitude d’articles sur les bugs du vote électronique aux Etats Unis (voir cette liste d’articles sur Wikio). On citera ainsi cette vidéo qui met en scène le personnage Homer Simpson tentant en vain de voter démocrate, et montant le risque de piratage (prouvé par des universitaires américains) des machines à écran tactile.
La victoire franche et massive de Barack Obama a mis à mal la thèse du complot républicain (plusieurs fabricants de machines sont des républicains notoires).
Néanmoins on notera que :
-le vote électronique a occasionné les mêmes problèmes qu’en France : queues et problèmes entre le nombre d’électeurs s’étant présentés au bureau et le nombre de votes enregistrés par les machines. Dans de nombreux bureaux, on a mis en place des dispositifs de rechange à cause d’une panne de machine.
-Le retour du papier : suites aux problèmes rencontrés lors de précédents scrutins, l’accusé de réception papier s’est imposé dans la moitié des Etats pour permettre le recomptage en cas de doute.
-Les systèmes automatisés de comptage de bulletins cartonnés (scanners…), utilisés dans les 2/3 des Etats, ne sont pas exempts de bugs : des tests ont montrés que les mêmes cartes scannées plusieurs fois pouvaient donner des résultats différents.
Bref, la machine, électronique ou mécanique, ce n’est pas la panacée…
Autant de points qui viendront sans doute alimenter la réflexion des pouvoirs publics sur le devenir du vote électronique en France.