Archive pour la catégorie ‘Ville intelligente’

postheadericon Le numérique pour « alléger » la ville

Smart city, open data, dématérialisation… ces révolutions annoncées tardent à se concrétiser, notamment parce qu’elles viennent « d’en haut » et sont complexes à mettre en œuvre. Pourtant le numérique irrigue déjà notre quotidien et sert de levier à de nombreuses initiatives privées, individuelles ou associatives : co-voiturage, trocs, échanges de bons plans, développement de circuits « courts » sur les produits frais… La fondation internet nouvelle génération (FING) s’est penchée sur ces usages qui utilisent le numérique en tant que facilitateur et contribuent ainsi à « alléger la ville » . Elle propose aux acteurs locaux de « favoriser l’émergence de réponses légères, agiles, diverses, émanant de toutes les énergies du territoire », tout en les articulant aux grands projets urbains.
L’initiative « Alléger la ville » se présente sous forme d’un guide à destination des particuliers, des PME comme des élus pour favoriser une innovation sociale co-construite. Ce guide propose pour le moment 4 pistes :

  • Créer des cellules d’innovation ouverte pour « favoriser l’émergence de solutions inédites coproduites face aux défis urbains, qui s’articulent avec toutes les ressources du territoire, y compris celles de l’innovation ascendante. »
  • Mettre en œuvre des plateformes « de crowdfunding* urbain » permettant aux citadins, acteurs publics, privés, associatifs, de repérer et de soutenir des projets d’intérêt local.
  • Créer des tiers lieux partagés pour favoriser le lien social, développer le télétravail et faire émerger des projets d’intérêt local.
  • Proposer des « Kits d’intervention urbain » pour outiller les interventions des citadins dans l’espace urbain physique et numérique et faciliter l’émergence des propositions diverses et originales pour co-construire une ville adaptée à tous.

*le crowdfunding consiste à lever des fonds de particuliers (crowd = la foule, les gens) via un site qui soumet les projets et propose éventuellement des contreparties.

postheadericon Le lancement de l’appel d’offres pour le déploiement de Linky confirmé

Le lancement d’un appel d’offre pour renouveler les 35 millions de compteurs électriques par leur version communicante a été confirmé par le gouvernement. Le déploiement de Linky devrait s’échelonner entre 2016 et 2020 à l’issue d’une première phase concernant 3 millions de compteurs. Linky est présenté comme un maillon essentiel de la transition énergétique, des « smartgrids » et un moyen pour le consommateur de mieux maitriser sa consommation. Ce serait aussi la vitrine d’un savoir-faire français exportable, générant selon les estimations 10 000 emplois non délocalisables…

Ces derniers arguments semblent avoir pesé dans les arbitrages du gouvernement car sur le volet « intelligence », Linky laisse les associations de consommateurs dubitatives. Une partie des services fournis par Linky (analyse et suivi de consommation, contrôle des appareils électriques à distance…) devraient être payants et, faute d’avoir obtenu l’affichage déporté à l’intérieur des logements comme l’ont demandé les associations de consommateur, le suivi en temps réel des consommations pourrait s’avérer très théorique. L’essentiel des bénéfices profiterait en définitive aux électriciens en limitant les interventions et déplacements de personnels grâce à la téléactivation, à la télérelève et la télémaintenance. Des avantages qui bénéficieront aussi aux particuliers sous forme de délais d’intervention raccourcis.

Toute la question est alors de savoir si les gains de productivité de l’électricien générés par Linky suffiront à absorber la facture de Linky, estimé à 5 milliards d’euros. S’il est trop tôt pour l’affirmer l‘augmentation du coût de la facture d’électricité de 5% constitue à cet égard un mauvais signal.

postheadericon Du WiFi dans les TGV et bientôt dans les bus nantais

Aujourd’hui les offres wifi gratuites, payantes ou « freemium » se cantonnent aux espaces publics, dont les gares équipées en wifi soit par les opérateurs (les clients d’Orange, SFR ou free accèdent à l’offre gratuite de leur opérateur) soit via des FAI spécialisés comme l’espagnol Gowex. Celui-ci, après avoir couvert Bordeaux a du reste initié un déploiement dans la capitale. Les projets en matière d’équipement « indoor » des trames de métros, tramways ou bus restent en revanche plus rares et la France accuse un certain retard par rapport à des pays comme l’Espagne et les pays nordiques (voir cet article). Les initiatives pour favoriser la connectivité en mobilité se sont cependant multipliées ces derniers mois. La SNCF propose ainsi depuis peu une offre Wifi sur la ligne de TGV Est (offre BoxTGV). Le système, qui fonctionne à 320 km/h, comprend une antenne satellite installée sur le toit de chaque rame, un réseau de bornes Wifi à bord et des relais WiFi dans les tunnels pour garantir la continuité de la liaison sur l’ensemble du parcours. Nantes inaugurera par ailleurs début septembre une ligne de bus proposant un accès sans fil dans le cadre d’un partenariat avec Orange.

Au-delà de la connectivité proposées aux usagers et en particulier aux étrangers de passage qui doivent s’acquitter de frais de roaming importants, l’objectif de ces projets est aussi d’utiliser la box/le routeur comme un moyen de proposer une offre de services enrichis aux voyageurs et aux AOT : informations techniques pour la gestion du trafic, information voyageur et touristique géolocalisées, visionnage de films dans les trains, etc.

postheadericon Fibre, NFC et ville intelligente dans les priorités de la filière numérique

40 000 emplois pourraient être créés grâce aux technologies numériques selon le « contrat de filière infrastructures numériques » qu’a adopté récemment le Comité stratégique de filière numérique. La fibre optique à domicile, les technologies sans contact – déployées dans une dizaine de grandes villes – et la ville numérique figurent parmi les sept axes retenus par ce document cosigné par le gouvernement et les grands industriels du secteur.

Dans le domaine de la fibre, l’accent est mis sur la formation en alternance aux métiers associés au déploiement du très haut débit. Un secteur qui pourrait générer 10 00 emplois (non délocalisables) et profiter aux jeunes générations, sous réserve de réussir à former les compétences nécessaires.

En matière de NFC, le gouvernement entend favoriser les technologies « SIM based », qui utilisent la carte SIM des téléphones mobiles pour héberger des applications sécurisées (transports, paiement, vie quotidienne…) . Une technologie défendue par les opérateurs mobiles mondiaux, via le GSMA, et aussi par les leaders de la carte à puce que compte la France (Gemalto, Oberthur, Morpho…). Le document souhaite ainsi faciliter le réflexe SIM based dans le public en l’intégrant aux marchés publics. Le rôle des territoires leaders y est par ailleurs réaffirmé pour essaimer les technologies sans contact et avoir un effet de levier.

Dans le domaine de la ville intelligente, le gouvernement souhaite la création « d’une offre française de la Ville (territoire) durable et intelligente » fondée sur les synergies locales et le concept « d’économie circulaire ». Capteurs, internet des objets, open et big data et leur corollaire (pilotage, tableaux de bord, portails, applications mobiles…) sont les mots-clefs du secteur de la ville intelligente qui pourrait générer à lui seul 20 000 emplois. Pour atteindre cet objectif, le document prévoit :

  • La mise en œuvre de démonstrateurs territoriaux
  • De faire évoluer le droit des marchés publics afin de favoriser cette collaboration entre acteurs privés
  • La définition de standards et de normes d’interopérabilité
  • Le développement de formations adaptées
  • Une réflexion sur le business modèle associé à la ville intelligente

Un groupe de travail associant les acteurs publics (dont les collectivités) et privés est prévu pour réfléchir sur cette thématique.

TIC*