Archive pour la catégorie ‘Ville intelligente’

postheadericon Au cœur de la smart city, la data

La ville intelligente ne pourra se construire sans une politique de la donnée. C’est ce que montrent beaucoup de projets présentés lors de la dernière édition du Forum des Interconnectés  :

  • La ville de Nice avec son « boulevard connecté », opéré par Cisco, qui utilise des capteurs environnementaux (air, déchets, luminosité) et sur la voirie pour aider au pilotage des politiques urbaines (mobilité, collecte des déchets) et restituer des informations utiles aux déplacements (places de parking disponibles.
  • La ville de Marseille qui a mis en place, avec l’aide d’une société locale, un système original pour connaître, optimiser et restituer les consommations d’eau et d’électricité de ses bâtiments publics
  • La ville de Lyon qui utilise une solution conçue par Dassault Systèmes pour visualiser via une maquette 3D du territoire les problématiques d’aménagement à 10 ou 15 ans  en croisant données SIG, des données sur la mobilité, le foncier, la pauvreté…. avec les projets modélisés des élus
  • La ville d’Angoulême qui travaille avec Cofély Ineo sur un projet pilote de smart parking croisant des données existantes (horaires SNCF, météo, horaire des marchés, des transports publics…) et  des données issues de capteurs,
  • La ville de Thionville qui propose un site d’aide aux déplacements www.mobilithi.fr qui a la particularité de considérer l’ensemble de l’offre disponibles sur son territoire en intégrant des informations sur les transports publics, l’autopartage, le covoiturage, les vélos et les bornes de rechargement électrique

Enfin, on citera les projets autour des réseaux intelligents – eau, électricité, gaz… – dont l’essence est de mieux mesurer les consommations via de nouveaux compteurs (Linky, Gazpar) ou capteurs afin de maîtriser les consommations, de repérer les dysfonctionnements et d’anticiper les évolutions à venir (transition énergétique, véhicule électrique, énergies renouvelables….).

La valeur de ces services – smart mobilité, smart parking, smart grid…. – est étroitement liée à la richesse, à la précision et à l’exhaustivité des données qu’ils utilisent. Or, les données sont loin d’etre toujours disponibles et exploitables et les collectivités ont plusieurs défis à relever :

  • le travail sur les données, comme le montrent les initiatives menées ça et là dans le domaine de l’open data est considérable pour les rendre exploitables, intelligibles (métadonnées) et réutilisables
  • beaucoup de données territoriales sont aujourd’hui entre les mains de tiers – comme les concessionnaires des services publics locaux (transports, eau…) – qui refusent aux collectivités l’accès à leurs données,
  • les solutions actuellement proposées par les entreprises sont souvent fermées : elles collectent et traitent les données, fournissent des tableaux bord à la collectivité mais ne laissent pas accès aux données brutes, rendant difficile le changement de solution comme leur réutilisation pour d’autres usages
  • sur certains domaines, comme les capteurs et plus généralement les «objets connectés », il y a des problèmes de standardisation et d’interopérabilité qui dépassent largement le cadre national;
  • enfin, à l’heure de Prism, Facebook, Google et du cloud, se pose la question de la territorialisation des données et de la  protection de la vie privé.

Lors de différentes tables rondes, plusieurs intervenants ont milité pour des collectivités « garantes de la donnée ». Un récent rapport de la FNCCR suggère du reste de conférer aux collectivités une « compétence data » et  propose la création de régies publiques  pour collecter, traiter et restituer les données locales. Une idée dont les principales limites sont l’incertitude sur le modèle économique (à moins de rendre les données payantes…) et la difficulté que pourraient avoir les collectivités à se doter des compétences ad’hoc. A l’opposé, certains estiment que s’il y a aujourd’hui nécessité d’un cadre au développement du « big data » – standard d’interopérabilité, stockage, sécurité, anonymisation, etc. – il doit avant tout profiter aux entreprises privées pour proposer des services innovants.

postheadericon L’Arcep fait son méa culpa sur le THD, propose des assouplissement pour l’ADSL et va intégrer la « ville intelligente »

A l’occasion du colloque annuel de l’Avicca, Pierre-Jean Benghozi de l’Arcep a fait un bilan du cadre réglementaire et évoqué les évolutions à venir.

Concernant les FTTH il a reconnu que le périmètre des zones très denses avait été défini de manière trop large, aboutissant dans les faits à un retard des déploiements : les opérateurs ont en effet délaissé les petits immeubles et pavillons des grandes villes comme celles à fort étalement urbain. Un constat à l’origine des décisions récentes sur la réduction du périmètre des zones très denses (diminuées de 42 communes) et le dispositif de mutualisation sur les petits immeubles.

En matière d’ADSL il a également annoncé que l’Arcep planchait sur une remise à plat d’un dispositif qu’élus et abonnés ne comprennent pas en zones non  dégroupées : l’impossibilité de bénéficier du triple play, même si le débit est suffisant pour injecter le signal TV. D’autant plus que le tarif des opérateurs, lui, n’est pas différencié des zones triple play… Le régulateur évoque trois possibilités : la poursuite du dégroupage (mais ce sont les NRA les plus petits et les moins rentables…), l’ouverture de certains services par les opérateurs comme la VOD ou la télé de rattrapage, une ouverture soumise à un raccordement préalable du NRA en fibre au réseau de collecte.

Enfin l’Arcep a annoncé que sa régulation allait s’adapter aux contraintes de la ville intelligente, aux questions de sécurité  et à l’internet des objets. Dans cet esprit, la réutilisation du génie civil d’Orange devrait par exemple être assouplie pour faciliter le raccordement en fibre des lampadaires et du mobilier urbain, de manière à avoir la même capillarité de réseau en fibre que pour ce qui existe pour le cuivre, anticipant ainsi sur l’évolution des usages et l’extinction future du cuivre.

postheadericon Numérique : des Français qui ont de fortes attentes, des municipalités qui peuvent mieux faire

Selon une étude Ipsos pour Microsoft*, 90% des personnes interrogées pensent qu’internet a contribué à améliorer leur quotidien et 85% que cela va continuer, d’autant plus que 46% estiment que le plus gros des innovations reste à venir.

En revanche moins de la moitié estiment que les TIC sont « utilisées par leur municipalité pour améliorer leur quotidien ». Pour un tiers des répondants leur municipalité serait en retard dans l’usage du numérique, avec toutefois des nuances : Les hommes, les jeunes et les ruraux sont les plus critiques.

Les attentes des français sont fortes avec 87% qui jugent que le développement des services numériques est un enjeu important car source de gain de temps (58%) et de réduction des coûts (51%). Les attentes portent sur les services administratifs (47%), éducation (34%), la santé (33%) la maîtrise des consommations énergétiques (29%). A noter que les relations habitants-élus ne sont citées que par 14% d’entre eux, ce qui reflète pleinement le souhait d’une dématérialisation qui ne soit pas synonyme de déshumanisation.

Sans surprise, la collecte des données personnelles et les craintes de leur réutilisation à des fins commerciales arrivent en tête des français devant la dépendance à la technologie, les couts et les suppressions d’emplois.

* Enquête par internet auprès de 1000 personnes réalisée en octobre 2013

postheadericon De multiples applications pour le « big data »

Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) a publié une note de synthèse sur les enjeux du big data. 90 % de l’ensemble des données aujourd’hui disponibles ont été créées ces deux dernières années et la croissance du nombre de données disponibles est exponentielle. Cette augmentation s’explique par les évolutions techniques et d’infrastructures : accroissement des capacités de stockage, du nombre de terminaux « producteurs de données » (tablettes, smartphone), développement des objets connectés des capteurs ou encore de phénomènes comme les réseaux sociaux. Ces données évoluent très vite, sont hétérogènes, souvent non structurées et pas nécessairement fiables (cf. un faux tweet qui peut faire chuter un cours boursier). La capacité à traiter des térabits de données de toutes sortes pour en sortir les informations intéressantes et aider à prendre les bonnes décisions est donc devenue déterminante. C’est le cœur du big data, secteur d’avenir que souhaite aujourd’hui aider le Gouvernement.

Au-delà de la nécessité de développer un savoir faire français et européen, les enjeux du big data sont énormes et intéressent pleinement les collectivités locales. C’est en effet un sujet au cœur de la smart city qui peut permettre de mieux connaitre les attentes des usagers, de prévoir les déplacements (à partir de l’analyse des échanges sur les réseaux sociaux par exemple )ou encore de réguler les pics de consommation énergétiques. Les domaines d’application sont très nombreux : prévention de la délinquance, optimisation des recherches d’emploi, rationalisation des contrôles douaniers, marketing politique…

Le développement du big data doit se faire dans le respect de la vie privée. Il s’agit de concilier le traitement massif de données quasi en temps réel avec les grands principes de protection des données personnelles : information, consentement, finalité, droit d’accès etc. A cet égard le cadre actuel apparait comme insatisfaisant, tant parce qu’il s’applique imparfaitement aux sociétés non européennes (comme Google) que parce qu’il ne prévoit pas une certaine souplesse dans l’expression du consentement. Les réflexions en cours – notamment dans le cadre de l’élaboration du règlement européen en préparation – portent ainsi sur l’introduction d’obligations sur l’anonymisation, le stockage et la sécurité des données ou encore la création de cas où l’utilisation des données personnelles serait autorisée pour des causes d’intérêt général (lutte contre les épidémies…).

postheadericon La smart mobilité passe par le « big data »

Au cours d’une réunion organisée en partenariat avec l’Académie des technologies, les représentants de Veolia-Transdev, Orange et Cofely-Ineo sont venus présenter à l’AMGVF un panorama de leurs solutions innovantes pour fluidifier la circulation dans les agglomérations, inciter à l’usage des transports collectifs ou alternatifs et favoriser une mobilité plus respectueuse de l’environnement.

Comme l’ont souligné les intervenants, les villes sont aujourd’hui soumises à plusieurs défis :

  • Une raréfaction de l’espace urbain qui empêche de concevoir de nouvelles infrastructures de transport et impose de mieux exploiter ce qui existe
  • Une réduction des marges de manœuvre financières qui conduit à penser davantage multimodalité et complémentarité des offres entre transports collectifs, autopartage, modes de transports doux (vélo…) et voiture individuelle
  • L’impératif écologique qui exige de réduire les consommations d’énergie, l’impact de la pollution et le bilan carbone liées aux déplacements
  • La nécessité de responsabiliser davantage le citoyen-usager pour le mettre en capacité de faire les « bons choix » et de participer activement à ce nouvel écosystème de la mobilité.

Pour répondre à ces enjeux, le numérique apparaît désormais incontournable pour aider les collectivités à piloter et ajuster l’offre de transports au quotidien comme interagir avec les usagers.

Le premier domaine d’application du numérique, désormais bien connu, est celui de la billettique. Orange et Veolia ont ainsi évoqué l’utilisation des technologies sans contact, sur carte et désormais sur mobile (solutions NFC opérationnelles à Strasbourg, Caen et Nice), pour fluidifier l’accès aux transports publics. Une technologie qui vise également à favoriser le passage d’un mode de transport à un autre – vélo, bus, trams… concept de multimodalité – .Veolia a ainsi évoqué l’application EMMA (Espace Multimodal Montpellier) qui permet d’intégrer une offre multimodale de mobilité sur un même support.

La mise à d’informations sur l’offre de transports mise à jour en temps réel – aidant l’utilisateur à choisir le mode de transports plus efficace, le moins polluant… – fait aujourd’hui partie des services incontournables pour les grandes agglomérations. Les applications mobiles de Bordeaux et Strasbourg ont notamment été évoquées par Orange, ainsi que la mise en place de tags NFC dans la ville pour aider l’usager à trouver l’information dont il a besoin là où il en a besoin.

Le  stationnement, élément clé de la politique de mobilité et d’attractivité d’un territoire, est enfin en pleine mutation avec notamment la banalisation des capteurs en souterrain et en surface pour aider l’usager à repérer les zones où il a le plus de chances de pouvoir se garer. Orange a évoqué son service conçu avec la start-up Streetline, qui fonctionne déjà à San Fransico et Barcelone et qui sera expérimenté à partir d’avril 2014 dans une grande ville française. Des capteurs qui sont également utilisés par Cofely-Ineo dans le cadre d’une expérience menée sur le périmètre du quartier de la gare à Angoulême.

Le fonctionnement optimal de ces nouveaux services est cependant déterminé par la capacité du système à prendre en compte l’ensemble des facteurs intervenant dans la décision de se déplacer ou de se garer : horaires des transports publics, densité trafic automobile, accidents, météo, calendrier scolaire… la collecte et le traitement de ces données –potentiellement des térabits de données issus de sources différentes – est ce que l’on appelle le « big data », un sujet sur lequel l’ensemble des industriels travaillent. Orange propose ainsi désormais aux collectivités d’utiliser les données des téléphones mobiles (connexion / géopositionnement) pour analyser le trafic automobile ou la fréquentation d’un site touristique en plein air. Veolia a détaillé de son côté le projet Optimode à Lyon qui vise à tester un modèle de prédiction du trafic à une heure à partir de l’analyse de données issues de sources multiples. Une approche assez semblable prévôt à Angoulême avec le projet Effipark qui promet de faciliter la vie des usagers tout en améliorant les recettes de stationnement de la collectivité.

postheadericon Parking, circulation, des capteurs au service de la fluidification urbaine

Les capteurs, utilisés depuis plusieurs années dans les parkings souterrains pour calculer le nombre de places disponibles, font leur apparition en surface. A Nice et à Angoulême, des capteurs placés sur ou sous la chaussée permettent ainsi de connaître en temps réel le nombre de places de stationnement disponibles pour se garer. Des capteurs qui sont posés sur les places de parking mais aussi à l’entrée des zones de stationnement. Dans ce cas, le capteur permet de calculer le nombre de véhicules entrés/sortis pour évaluer le degré de saturation de la zone de stationnement. Reliés en Wifi ou 3G à un système d’information, ces données permettent d’alimenter des applications mobiles pour aiguiller les automobilistes vers les zones où ils ont le plus de chances de trouver un emplacement disponible. Les capteurs sont également utilisés en complément des caméras placées sur la voirie pour calculer le nombre de véhicules présents et ainsi prévoir les embouteillages. Dans le cadre du projet Optimod’ lyonnais, 450 capteurs ont ainsi été déployés pour servir à évaluer l’évolution du trafic à une heure. Compilées à d’autres données comme les perturbations dans les transports publics, ces données sont destinées à informer les automobilistes sur le trafic mais aussi les personnes qui s’apprêtent à se déplacer afin d’influer sur leur arbitrage entre véhicule individuel, transports en communs et transports doux (vélo, marche).

En Grande Bretagne, un projet assez similaire a été lancé récemment sur l’autoroute A14 Cambridge –Felixstowe.  Son originalité est d’aller au delà du comptage de véhicules en intégrant un dispositif communicant avec le téléphone mobile des automobilistes, voire (dans un avenir proche) les véhicules eux-mêmes. Le système permet aux gestionnaires de l’autoroute de modifier les vitesses limites ou encore de proposer aux automobilistes des itinéraires alternatifs. Ce pilote cherche aussi à s’affranchir des contraintes de connectivité car le Wifi reste peu performant et les fréquences 2G/3G appartiennent aux opérateurs. L’Arcep britannique (Ofcom) a donc autorisé les capteurs à utiliser des « fréquences blanches », non utilisées localement, qui ont été mises à disposition pour le transfert des données de circulation.

L’intérêt et les limites de ces projets  seront abordées le 5 novembre 2013 lors d’une demi-journée organisée par l’AMGVF et consacrée à la mobilité intelligente.

postheadericon Mobilité intelligente : quelles avancées ?

Dans le cadre d’un groupe de travail sur la ville intelligente, l’association des maires de grandes villes de France organise le 5 novembre une seconde série d’auditions consacrées à la mobilité à l’heure du numérique. De l’information voyageur en temps réel à la prédiction du trafic à une heure grâce au « big data », de l’utilisation des capteurs pour gérer le stationnement en centre ville au paiement mobile… la mobilité et la gestion des flux urbains font aujourd’hui leur révolution numérique. Pour aborder ces questions, seront auditionnés les responsables des programmes mobilité intelligente des sociétés Orange, Ineo et Veolia-Trandev qui évoqueront leur stratégie industrielle, leurs dernières réalisations en France ou à l’étranger et leur positionnement sur des sujets comme l’open data. La réunion sera introduite par l’Académie des technologies qui fera part de sa vision de la mobilité intelligente.

Mardi 5 novembre 2013 – 14h00-17h00 – 22/28 rue Joubert – 75009 PARIS
Inscription (strictement réservée aux adhérents AMGVF) : c.porot at grandesvilles.org
Téléchargez le programme

postheadericon Open data local : une impasse économique ? pas tout à fait

Les villes de Nantes, Rennes Montpellier ou Bordeaux font toutes le même constat : si l’argument du développement économique et de la création d’emplois a pu servir de moteur à l’ouverture de leurs données, les résultats ne sont pas aux rendez-vous. Les concours d’application lancés par ces villes ont vu l’émergence de projets intéressants – la plupart sur la mobilité, d’autres en lien avec la culture le patrimoine, l’accessibilité – mais sans retour sur investissement tangible pour les développeurs. Il faut dire que ces villes n’ont pas la taille de leurs modèles américains (Sans Francisco, New York) et que la multiplicité des collectivités n’aide pas à voir l’émergence d’un substrat de données à même de garantir ce ROI…

Ce diagnostic est cependant plus nuancé car trop centré sur les applications mobiles. Or ces dernières, à de rares exceptions près, ne sont pas rentables. Beaucoup ne servent que de faire-valoir à des développeurs qui se font ainsi des références, dans l’espoir de gagner des commandes. Par ailleurs, un certain nombre « d’externalités positives » à l’Open data ne sont aujourd’hui pas mesurées. Par exemple, le fait de mettre en ligne les données d’entrée/ sortie du métro n’est pas très intéressant en soi. Ces statistiques ont cependant permis à la presse gratuite de mieux positionner/ quantifier le nombre de journaux à acheminer dans chaque station. Avec à la clé des gains difficilement mesurables par la collectivité, mais qui sont tangibles pour l’entreprise. Le second bénéfice pour la collectivité est de faciliter l’accès de ses propres agents à des données jusqu’alors disséminées dans la collectivité et qui circulaient mal. L’Open Data contribue ainsi à la transversalité et donc indirectement à la productivité des services.

Pour aller plus loin, les collectivités pilotes insistent sur la nécessité d’animer l’open data, de multiplier les partenariats locaux et de créer une « culture de la donnée » partagée par la collectivité et l’ensemble des habitants. A Montpellier, la ville a travaillé avec Open Street Map sur des « cartoparties ». Des réunions destinées à travailler un thème particulier – en l’occurrence le handicap – et dont la particularité est de parler de tout… sauf d’open data. Ces réunions voient la participation de personnes aux profils variés (cartographes, personnes handicapées, informaticiens… geeks et retraités), permettent au public cible de s’approprier le sujet et contribuent à améliorer la qualité des publiées sur le portail. En l’occurrence, au-delà des services publics, des données d’accessibilité des commerces ont été ajoutées. Des données sur l’implantation des commerces qui peuvent à leur tour être utilisées par le service chargé de l’occupation du domaine public, avec à la clef des recettes supplémentaires pour la collectivité.

Voir aussi le site de Simon Chignard sur l’animation de l’Open Data

Les ministères rappelés à l’ordre
Le 17 Septembre 2013, le Premier ministre a adressé à l’ensemble des ministres une circulaire rappelant l’importance de la politique d’ouverture et de partage des données publiques. « C’est le moyen d’une transparence et d’une efficacité accrues de l’action publique  » et « un facteur de développement économique » rappelle cette circulaire. Elle est accompagnée d’un Vade-mecum destiné à faciliter l’appropriation concrète de cette politique et de ses enjeux.

postheadericon Issy grid démontre la nécessité de faire évoluer la réglementation

Le consortium IssyGrid* a fait un point d’étape sur son projet de réseau électrique intelligent à l’échelle du quartier Seine Ouest. Ce projet de smart grid, intégralement financé par des entreprises privées, intègre plusieurs immeubles de bureaux, près d’une centaine de logements ainsi qu’une partie de l’éclairage public du quartier. Dans les prochains mois l’expérience sera étendue à l’écoquartier du Fort d’Issy et intégrera les réseaux de chaleur.

Au cours des derniers mois plusieurs actions ont été entreprises :

  • l’installation de compteurs et de système de visualisation des consommations énergétiques en temps réel dans 94 logements,
  • l’installation d’une infrastructure communicante dans des immeubles de bureau permettant de lancer des “épisodes d’effacement de charge” en heure de pointe,
  • la mise en œuvre de lampadaires intelligents dans trois rues pour adapter l’éclairage aux conditions météorologiques et à l’intensité lumineuses,
  • L’installation d’un poste de distribution électrique reliant des installations photovoltaïques au réseau basse et moyenne tension,
  • Le développement d’un outil de prévision de production d’énergies renouvelables (ENR) locales,
  • La mise en œuvre d’un système d’information pour mesurer les consommations énergétiques à l’échelle d’un quartier.

Le principal mérite de ce pilote est de tester un réseau électrique intelligent à une échelle locale avec un panel d’acteurs représentatifs de l’écosystème des smartgrids : promoteur immobilier, opérateur télécom, équipementier, intégrateur, spécialistes de la domotique ou de la datavisualisation… et les incontournables EDF / ERDF. Ses résultats en termes d’économies d’énergie apparaissent cependant pour le moment assez modestes. Les gains les plus importants portent sans surprise sur l’éclairage public avec une réduction de la facture estimée à 40%. Mais l’éclairage public « intelligent » est un domaine désormais assez éprouvé et qui n’a pas attendu les smartgrids pour se développer. Au niveau d’une tour de bureau, il a aussi été démontré que l’on pouvait remplacer en pleine canicule l’utilisation de la climatisation la journée par du froid produit au cours de la nuit précédente lorsque l’électricité est moins onéreuse (économie d’environ 500 kWh). Enfin, au niveau des logements, la principale difficulté a porté sur l’implication des habitants. Leur participation active passe par des médiateurs, l’utilisation d’un vocabulaire adapté (les notions de courbe de charge et de Kwh restent abstraites) et par la possibilité donnée à l’usager de se comparer par rapport à des profils de foyers ayant les mêmes caractéristiques.

Pour aller plus loin, l’ensemble des acteurs sont d’accord sur la nécessité de faire évoluer la réglementation pour faire en sorte que le smartgrid à l’échelle locale se traduise par des avantages économiques tangibles, pour les particuliers, les collectivités comme pour les entreprises. Plusieurs pistes ont été évoquées : la création d’un statut de producteur local d’électricité à même de revendre localement sa production excédentaire (par exemple le WE pour une entreprise ou une collectivité), l’évolution de la définition des heures creuses pour les ENR ou encore la création d’un tarif d’acheminement de l’électricité différencié en fonction de la présence ou non d’ENR au niveau local. Le consortium promet de faire des propositions mais il n’est pas certains que sur ce sujet les intérêts des parties prenantes au consortium soient convergents… Il reviendra donc aux politiques de se saisir de ce sujet.

*Ville d’Issy-les-Moulineaux, Bouygues Immobilier, Alstom,Bouygues Energies & Services, Bouygues Telecom, EDF, ERDF, Microsoft, Schneider Electric, Steria, Total.

postheadericon La ville numérique mode d’emploi

Après avoir publié un baromètre de la ville numérique mettant en valeur la grande disparité de la maturité du sujet dans les grandes villes le syntec numérique* vient de publier un guide de bonnes pratiques.  Ce document d’une vingtaine de pages, distribué à l’occasion de la conférence des villes de l’AMGVF, vise à sensibiliser les élus et décideurs locaux sur la ville numérique. Après avoir donné montré les différentes finalités de la ville numérique (bien être, optimisation des services publics, développement économique) , le guide insiste  plus particulièrement sur la nécessité d’une vision globale et d’un portage politique forts des projets. Il invite aussi les collectivités à se doter d’une gouvernance adaptée pour piloter des projets qui touchent l’ensemble des politiques publiques et impactent tous les services de la collectivité. Il insiste enfin sur la nécessaire conduite du changement et sur l’accompagnement des citoyens qu’impliquent la transformation par le numérique. Le document est émaillé de nombreux exemples concrets dans le domaine du logement, du développement économique, du e-gouvernement, de l’éducation, de l’énergie ou encore des transports.

Le guide est à demander au Syntec (contact ici)

*le syntec informatique est un syndicat professionnel qui réunit 1 200 entreprises du secteur de l’informatique  dont 600 éditeurs de logiciels

TIC*