Archive pour la catégorie ‘Télévision’

postheadericon TNT : tirer les leçons du bug de Lisieux

Lors du basculement de la totalité de la région Basse Normandie (seul le Cotentin était passé au numérique fin 2009), les habitants de Lisieux ont eu la désagréable surprise de ne plus réussir à capter les chaines publiques… pendant plus de 50 jours. Une fois le basculement opéré les équipes de France Télé numérique restent en effet peu de temps sur place (une dizaine de jours), les problèmes étant dès lors centralisés sur le centre d’appel national. Ce dernier n’a visiblement pas été en mesure de compiler les données (les causes de non réception de la TNT peuvent être multiples il est vrai) et il a fallu la mobilisation des élus – qui ont assisté à un renvoi de responsabilités entre TDF, chaines, intermédiaires techniques… – pour que le CSA se saisisse du problème. Finalement une fréquence provisoire a été affectée aux chaines publiques avant qu’une solution pérenne ne soit trouvée. En attendant, beaucoup d’habitants ont fait venir inutilement un antenniste et devront modifier une nouvelle fois les réglages de leur téléviseur une fois la solution définitive mise en place. Interpellée en séance publique sur ce sujet, la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko Morizet a estimé qu’il s’agissait d’une « situation absolument inédite heureusement circonscrite à cette ville » et a promis « de tirer tous les enseignements de ce dysfonctionnement », afin d’éviter de le voir ressurgir lors des prochains basculements. Un groupe de travail a par ailleurs été mis en place pour une meilleure prise en compte des émetteurs secondaires. Une chose est certaine, c’est que face à la multiplicité des interlocuteurs et des causes possibles de non réception, les collectivités locales sont un relais indispensable dans la transmission de l’information. Ils disposent du reste d’une hot-line dédiée au CSA et les représentants régionaux du GIP France Télé numérique sont à leur disposition.

postheadericon TNT : le risque d’écran noir reste d’actualité

Selon l’observatoire du CSA, 78,4 % des foyers ont au moins un téléviseur relié au numérique (TNT, ADSL, câble ou satellite), soit +14,6 points en un an, et presque un foyer sur deux (47,7 %) est entièrement numérisé. Globalement, 12,9 % de la population reste dépendante à 100% de la TV analogique hertzienne (moins 9,5 points). Ces chiffres sont en progression et montrent que les Français sont de mieux en mieux informés sur passage au numérique. Néanmoins, il s’avère que les personnes âgées sont parmi les moins bien équipées et une attention particulière doit être portée aux populations fragiles : personnes âgées, personnes seules, handicapées… Par ailleurs, on estime qu’environ 300 à 500 000 décodeurs buggués sont en circulation. Ces décodeurs sont susceptibles de générer des problèmes de réception de certaines chaînes ou de perturber la numérotation. Pour éliminer ce nouveau facteur d’écran noir, le CSA  va rappeler aux fabricants, importateurs et distributeurs face leurs obligations de respect des normes. Parallèlement, une démarche de labellisation /certification va être engagée pour permettre aux consommateurs d’identifier les bons équipements. L’équipement des ménages n’est cependant pas la seule cause de soucis pour le succès du passage au numérique. Certains diffuseurs renâclent à respecter leurs engagements de couverture. Ainsi, en Alsace, le CSA a été contraint de rappeler à l’ordre les opérateurs des multiplex R2 et R3 qui n’étaient toujours pas disponibles sur l’ensemble des zones de diffusion.

MAJ 23/03 :

  • La FAQ du CSA sur les problèmes de décodeurs
  • Le bilan sur le passage au numérique fait lors du conseil des ministres du 17/03

postheadericon Passage à la TNT : les grandes villes appelées à la vigilance

Début février, l’Alsace a fait sa migration vers le tout numérique et si on en a peu parlé c’est que cela s’est globalement bien passé. Parmi les enseignements à retenir pour les prochains passages, on notera que les grandes métropoles sont plus concernées qu’elles ne pourraient le croire. Le débat s’est longtemps focalisé sur d’éventuelles « zones blanches » et il est vrai que dans ce domaine, les grandes agglomérations la question ne se pose pas, les villes étant d’ores et déjà couvertes en TNT. Cependant la couverture TNT n’est pas tout : il faut également que les foyers soient équipés d’un matériel compatible et bien réglé. Sur ce volet équipement, les grandes villes doivent être vigilantes car les personnes recevant la TNT devront, le jour du passage au numérique, opérer des réglages sur leur matériel pour se positionner sur les nouvelles fréquences. Une manipulation simple (sauf quand il faut réorienter l’antenne vers un nouvel émetteur)  mais qui peut être problématique pour les personnes âgées. Elles ont du reste été les plus nombreuses à appeler le centre d’appel de France Télé numérique en Alsace. Par ailleurs, les habitants sont parfois victimes de désinformations de la part d’installateurs ou de commerçants tentés de faire croire qu’il faut absolument changer de matériel pour recevoir la TNT. Enfin, pour les immeubles collectifs et les logements sociaux, des réglages spécifiques peuvent devoir être opérés sur les antennes d’immeubles. Sur toutes ces questions techniques, France Télé numérique est à la disposition des collectivités pour les informer et éventuellement former des « référents TNT ». Cette dernière mission fait partie des obligations du groupement rappelle France Télé Numérique qui signale que des sociétés commerciales font des propositions abusives dans ce domaine. On signalera enfin que le CSA diffuse depuis peu des cartes de couverture prévisionnelles (après extinction de l’analogique) mises à jour régulièrement.

postheadericon Couverture TNT : mise au point du CSA et création d’une hotline pour les élus

Dans sa dernière lettre d’information, le conseil supérieur de l’audiovisuel a fait une mise au point sur la couverture en TNT visant à rassurer les élus s’inquiétant d’une moindre couverture en TV numérique que celle dont ils bénéficiaient en analogique. Pour le CSA, « l’inquiétude aujourd’hui exprimée par certains sur la couverture de la TNT se fonde sur une évaluation exagérément optimiste de la diffusion de la télévision analogique sur le territoire français ». Le CSA estime que la proportion de la population correctement couverte en analogique – c’est-à-dire sans trace d’« effet de neige » ni de « souffle » dans le son – s’élève à 96%, soit un taux très voisin des 95% imposés par la loi pour la TNT. Grâce à la technologie numérique, la qualité de réception sera meilleure avec la TNT affirme le CSA et avec moins d’émetteurs. Le CSA affirme ainsi que « la couverture numérique restera proche de la couverture analogique », voire meilleure dans certains départements. En Haute-Savoie, par exemple, la couverture numérique de certains multiplex (un multiplex = 6 chaines) atteindra au moins 91,6 % de la population, ce qui dépasse la couverture standard analogique actuelle de TF1 ou de France 3 (86,3 %). Le CSA relativise le débat sur les « petits sites » qui pour l’essentiel ne seront pas numérisés sauf sur décision des élus, comme l’autorise la loi sur la fracture numérique. Le CSA cite ainsi le cas des Hautes-Alpes, dont le taux de couverture analogique standard est de 89,5 % pour France 2 et de 76,1 % pour TF1. Selon le CSA « le passage au numérique permettra d’atteindre une couverture de 85 % de la population pour la plupart des chaînes de la TNT. Les émetteurs qui doivent être arrêtés ne desservent en réalité, selon les estimations du Conseil, qu’au plus 3 000 personnes. Et parmi ces téléspectateurs, beaucoup sont déjà équipés de paraboles satellitaires ». Et de conclure que « la numérisation de tous les sites secondaires existants représenterait un gain marginal, voire nul dans beaucoup de départements, pour la couverture effective de la TNT », le CSA privilégiant l’augmentation de la puissance des émetteurs et le satellite pour résorber les zones blanches. Enfin (en attendant les cartes promises par la loi Pintat) on signalera que le CSA a ouvert sur son site internet, une rubrique « Élus ». Y figurent un guide des demandes d’autorisation de réémetteur de la TNT, une adresse électronique questionselus@csa.fr et un numéro de téléphone : 01 40 58 38 90.

postheadericon TNT et écran noir : info ou intox ?

A l’occasion de la discussion de la proposition de loi Pintat sur la fracture numérique à l’Assemblée nationale, plusieurs élus se sont émus du risque d’avoir une part substantielle de leur territoire non desservie en TNT. Il est vrai que des chiffres contradictoires circulent sur ce sujet, coté CSA on fait état de 500 000 personnes (ce qui n’est pas rien), TDF avançant le chiffre d’1,5 million. Alors que les premiers spots TV sur le passage au numérique ont été diffusés, l’inquiétude grandit chez les élus mais qu’en est il exactement ?

Tout d’abord il faut rappeler que la télé par voie hertzienne n’est pas / ne sera jamais le seul moyen d’accéder aux chaines de la TNT. En ville, de plus en plus de personnes accèdent aux chaines de la TNT via l’ADSL ou le câble voire la fibre optique. Ensuite il y a le satellite, qui est un « ultime recours » mais qui a le mérite d’exister. Désormais (voir cette annonce) toute personne située en zone d’ombre pourra bénéficier d’une aide sans condition de ressource.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que certains – diffuseurs, installateurs, équipementiers… – ont intérêt à brandir le spectre de l’écran noir pour vendre un contrat de diffusion, un réémetteur, des packs satellites, un changement de matériel, etc.

Enfin, il faut savoir que dans la période transitoire (avant la date d’extinction), où coexistent analogique et numérique, le signal de la TNT n’est pas à sa pleine puissance pour des raisons de brouillage. Il ne faut donc pas confondre la couverture actuelle et ce qu’elle sera une fois le passage au numérique effectué.

Tout cela conduit à penser que le vrai problème est celui de l’information des élus. Il a été instamment demandé au CSA d’informer officiellement chaque commune et notamment les quelques 2000 communes dont l’émetteur analogique ne passera pas à la TNT d’un état précis de la situation : par quel(s) émetteur(s) seront-elles  desservies ? quelles sont les zones potentiellement mal couvertes où il y a (a minima) un travail d’information à faire ? et, enfin quels sont leurs moyens d’action pour éviter le fameux écran noir ? Le tout dans le respect des obligations légales de couverture des éditeurs et du code des marchés publics, le financement d’un réemetteur par la collectivité devant être le dernier recours. Un guide sur ce sujet est annoncé : il est le bienvenu !

postheadericon TNT : un député propose de redéfinir les obligations de couverture

Le député du Cantal, Vincent Descoeur, a déposé une proposition de loi visant à introduire un seuil minimum de 500 habitants à partir duquel la couverture TNT doit être assurée par la diffusion numérique terrestre par voie hertzienne. Il propose aussi que la loi garantisse dans les départements où la couverture reste inférieure à 95 %, la numérisation de tous les sites analogiques desservant plus de 500 habitants. Enfin, il propose d’étendre le bénéfice du fonds d’aide à tous les foyers non desservis par la télévision numérique terrestre, en supprimant les conditions de ressources. Une proposition qui ne serait cependant pas dans l’air du temps. A l’occasion d’une consultation publique, CSA semble douter en effet de la possibilité de remplir tous les objectifs fixés par la le gouvernement : respecter l’échéance du 30 novembre 2011, couvrir de 95% de la population (91% par département), dégager des ressources pour accueillir 11 multiplex TNT + 2 pour la télévision mobile personnelle, ouvrir la voie à la haute définition… En cause : « certains paramètres qui avaient été sous-estimés lors des précédents débats, en particulier le potentiel de couverture des fréquences planifiées et l’impact des contraintes sur l’ingénierie des réseaux audiovisuels ». Aussi le CSA préparerait-il avec l’ANFR « des choix structurants » avec deux options : Se contenter de 7 multiplex tout en maintenant l’objectif de couverture de 95 % de la population ou alors maintenir 11 multiplex en « dégradant l’efficacité de la couverture de certains sites ». En d’autres termes, revoir les objectifs de couverture à la baisse, à moins que les collectivités n’acceptent de financer des réémetteurs… Voir l’article de d’Avizoom à ce sujet.

postheadericon TNT : Des cartes de couverture connues tardivement

L’AMGVF a auditionné la semaine dernière le CSA, le GIP France Télé numérique et l’ANFR sur le passage de la France à la télévision numérique. Le compte rendu est disponible à cette adresse. On notera plus particulièrement le fait que les cartes permettant de visualiser précisément les zones blanches de la TNT (aujourd’hui, on ne connait que l’emplacement des émetteurs) ne seront connues que tardivement. Le CSA a en effet expliqué que les cartes ZB ne seraient élaborées que 6 mois avant les dates d’extinction de l’analogique pour des raisons techniques (passage au plan de fréquence définitif). Un délai que les élus ont jugé très court, car en effet, avant d’envisager d’installer des réémetteurs ou de sensibiliser les populations sur la solution satellitaire, le préalable c’est de connaitre les zones blanches.

postheadericon Un point sur le passage à la TNT

L’Association des Maires des Grandes Villes de France organise une réunion le mercredi 29 avril prochain, pour faire le point sur le passage à la télévision numérique terrestre. Un certain nombre de villes sont en effet dès à présent sollicitées par leurs administrés pour des problèmes de réception de la télévision ou de la radio. Les élus commencent également à s’inquiéter des modalités pratiques du passage au tout numérique et de la préparation de la population à l’échéance du 30 novembre 2011.
Cette matinée, présidée par Jean-Louis Fousseret, Maire de Besançon et président de la commission « technologies de l’information » de l’AMGVF réunira les principaux acteurs concernés que sont le Conseil supérieur de l’audiovisuel, le GIP France télévision numérique et l’Agence nationale des fréquences.

Renseignements pratiques :
Mercredi 29 avril 10h à 13h, à l’Assemblée nationale
Inscription : tic@grandesvilles.org (nombre de place limité, STRICTEMENT RESERVE AUX ELUS DES GRANDES VILLES)

postheadericon Les TV locales ont besoin des collectivités

L’association des télévisions locales de service public (TLSP) s’est penchée sur le modèle économique des chaines locales. Pour la majorité des vingt chaines étudiées, la publicité n’atteint pas 50% de leur budget. Ainsi, alors qu’en moyenne le coût d’exploitation est proche de 4 € par mois et par habitant, les revenus publicitaires et divers sont en moyenne inférieurs à 1,50 € (et 2 € pour les chaînes les plus anciennes). L’équilibre financier des chaines locales ne peut donc être atteint qu’avec un financement public. Une participation qui ne pose pas de problèmes particuliers selon les auteurs qui estiment que « l’expérience a montré qu’il n’y avait pas d’antinomie à associer des missions de service public à des intérêts privés ». Ce modèle mixte se confirmerait avec las TNT. La part de financement public sur les chaînes hertziennes historiques est en effet en moyenne de 11 % alors qu’elle est de 60 % pour les chaînes du câble passées sur le hertzien et de 40 % pour les nouveaux projets TNT. Pour conforter les chaines locales, l’étude préconise d’assouplir les obligations de production des chaînes, de leur faciliter l’accès aux autres réseaux de communication électronique (satellite, ADSL, câble…) et de modifier les règles sur la publicité. Ils considèrent dans tous les cas que « c’est dans la différenciation avec les autres services de télévision existants et en particulier dans leurs ancrages locaux que les chaînes de proximité pourront construire leur succès ».

postheadericon Le plan d’accompagnement du passage au tout numérique

Alors que les 17.500 téléspectateurs de Coulommiers et de ses environs vont être les premiers à vivre l’extinction de l’analogique, le gouvernement a révélé le dispositif d’accompagnement (voir le dossier de presse) destiné à assurer une transition en douceur vers le numérique :

  • Information. Pour informer les français sur l’échéance du 30 novembre 2011, un site Internet, (www.matelenumerique.fr), un centre d’appels (0 810 49 49 49) ont été ouverts. Au cours du premier trimestre 2009, une campagne nationale d’information et de sensibilisation du public sera organisée dans les médias nationaux en complément d’actions de sensibilisation sur les lieux de vente.
  • Accompagnement. Des ambassadeurs du numérique (antennistes, installateurs, distributeurs) vont être désignés sur la base d’un cahier des charges contraignant pour proposer un service d’accompagnement à tous ceux qui le souhaite.
  • Aides financières. Les foyers dont les membres ont plus de 70 ans au 4 février 2009 ou dont le taux d’incapacité permanente est supérieur à 80% auront accès à une prestation globale, comprenant l’assistance au choix de l’adaptateur TNT, sa livraison et son installation, moyennant la prise en charge par ces foyers du coût de l’adaptateur, d’un ticket modérateur de 20 € et, le cas échéant, des coûts afférents aux travaux qui seraient nécessaires sur leur antenne de réception. Les personnes exonérés de redevance bénéficieront d’une aide à l’acquisition d’un adaptateur ( 30 euros) et d’une prise en charge des frais éventuels d’installation d’antenne à l’exception d’un ticket modérateur de 20 euros.
TIC*