Archive pour la catégorie ‘Télévision’
Les fréquences de la TMP récupérées pour soulager les réseaux 3G ?
Après le retrait de TDF mi-2011, les 16 chaines retenues par le CSA pour la télévision mobile personnelle ont finalement annoncé qu’elles renonçaient à se lancer faute de modèle économique. Le CSA leur avait en effet donné aux chaînes jusqu’au 4 janvier 2012 pour proposer un nouvel opérateur. Le dossier suit ainsi le même chemin que dans beaucoup d’autres pays européens, la plupart de ceux qui avaient lancé une TMP (Pays-Bas, Autriche, Italie, Suisse…) l’ayant abandonné en 2010 ou 2011.
La TMP pourrait cependant renaitre de ses cendres rapidement. TDF a en effet lancé récemment avec plusieurs partenaires industriels le projet B2M (Broadcast to mobile) qui vise à palier les carences de la 3G pour la diffusion de contenus audiovisuels et notamment vidéos vers les terminaux mobiles (smartphones, tablettes). L’idée de TDF est d’utiliser son réseau hertzien pour transmettre, la nuit, vers les terminaux, les contenus presse et audiovisuels : vidéo à la demande, télévision de rattrapage, journaux pour tablette mobile…. Les fournisseurs de contenus, chaînes de télévision et éditeurs de presse seraient très intéressés par ce projet qui doit etre testé cet été et bénéficie d’une aide du programme investissements d’avenir de 3 millions d’euros. B2M se différencie cependant de la TMP par le modèle technique (diffusion plutôt en différé) et par le modèle économique (offre de gros). Reste à savoir s’il intéressera les opérateurs mobiles qui s’apprêtent à investir massivement dans la 4G…
Nouvelles normes TNT : « inéluctables » selon le CSA
Le CSA a remis un rapport sur l’évolution de la télévision numérique terrestre. Ce rapport préconise deux évolutions technologiques jugées « inéluctables ». il s’agit tout d’abord de passer à la norme DVB-T2, qui permet de diffuser un plus grand nombre de chaînes. La France suivrait ainsi le chemin qu’ont d’ores et déjà pris des pays comme la Suède, la Grande-Bretagne ou l’Italie. Le rapport préconise aussi de passer au format de compression MPEG4 pour favoriser le développement de la télévision haute définition.
Ces préconisations ne sont cependant pas au gout de tout le monde car ils impliquent pour une grande partie des téléspectateurs (au moins 55% selon le CSA) de changer de matériel (adaptateur voire téléviseurs…) alors même que certains téléspectateurs sont tout juste passés de l’analogique au numérique… Un argument qui a fait dire au sénat qu’il était « urgent d’attendre ». Mais les chaines « indépendantes » sont également mécontentes car ces nouvelles normes signifient des investissements importants que seuls les grands groupes, déjà en position dominante dans le « PAF », vont pouvoir réaliser. En d’autres termes, la multiplication du nombre de chaines ne favoriserait pas la diversité des contenus ou au moins des éditeurs. On l’a du reste vu pour les chaines locales qui sont aujourd’hui seulement 145 contre 731 en Espagne ou 590 en Italie. Si le rapport note les « difficultés » rencontrées par des dernières, il se garde de dire que le changement de norme est peu susceptible de leur profiter…
La balle est désormais dans le camp du gouvernement qui a des « choix difficiles à opérer » a reconnu le président du CSA…
Nouvelle norme TNT : « urgent d’attendre » pour le Sénat
A la suite des informations publiées cet été sur un projet d’arrêté (modification de l’arrêté du 24 décembre 2001 relatif à la TNT) autorisant les chaines de télé a émettre en DVB-T2, la sénatrice Catherine Morin-Desailly, présidente du groupe d’études Médias et nouvelles technologie a réagi dans un communiqué. Elle estime que « Le passage au DVB-T2 est prématuré » et qu’ « Il n’est pas question d’imposer aux Français un nouveau changement de leur équipement pour accéder à quelques chaînes supplémentaires ». Car si la norme promet de meilleures performances –plus de chaines mais aussi plus de place, notamment pour l’internet mobile (voir cet article des échos) – elle induit pour une partie des Français, qui viennent tout juste de s’équiper d’un adaptateur TNT, de changer de matériel.
Des antennes de téléphonie mobiles de la taille d’une pomme
L’équipementier Alcatel-Lucent a présenté récemment un nouveau modèle d’antenne relais de très petite taille, baptisé « Lightradio », destiné à relayer des signaux2G, 3G et LTE (de 400 MHz à 4 GHz). Reposant sur deux cubes (une antenne, un amplificateur) à peine plus gros qu’une pomme (photo ici, vidéo ici) ce dispositif pourrait s’installer « sur des poteaux, au flanc des immeubles ou à n’importe quel endroit disposant d’une alimentation en électricité et d’une connexion haut débit. » Grâce à la fibre optique et à une architecture utilisant le « cloud computing », cette antenne serait, selon le constructeur, moins polluante et présenterait d’excellentes performances… Si ce type d’équipement est en phase avec l’évolution des besoins : densifier le réseau, notamment en ville, pour répondre aux besoins 3G/4G indoor et outdoor tout en limitant la taille des sites, il ne résout pas totalement la question de l’exposition du public. Moins visibles (moins de pétitions ?), ces antennes se trouvent plus proches des gens, ce qui pose la question de leur information et de la réalisation systématique de mesures pour les rassurer sur le niveau d’exposition subi. Une innovation à verser aux débats du Comop « grenelle des ondes »…
La qualité de service de la TNT en question
Voici un an, les craintes se focalisaient sur le risque d’écran noir lors du passage au tout numérique. Dans les faits ceux-ci sont restés l’exception. En revanche, les problèmes de réception de la TNT hertzienne persistent et exaspèrent les téléspectateurs. Pixellisation intempestive liée au passage d’un camion ou d’un avion, chaines manquantes, problème de réception lié… au beau temps… ou au passage au numérique de la région d’à côté… L’association 60 millions de consommateurs a alerté les pouvoirs publics sur ces bugs. Elle souligne que si les problèmes existaient du temps de l’analogique (neige…) les interruptions à répétition sont insupportables avec la TNT dont on a tant vanté les qualités. Du coté de France télé numérique et du CSA, on minimise cependant : les problèmes seraient concentrés dans les zones frontières (passées/non passées à la TNT). A suivre donc…
TNT : rester vigilant après le basculement au numérique
Le passage à la TV numérique s’est beaucoup focalisé sur les zones d’ombre, liées à la réduction du nombre d’émetteur et/ou à l’existence de réémetteurs « pirates » non pris en compte dans le plan de basculement du CSA. On signalera du reste que le décret précisant l’aide aux collectivités (100 euros par foyer desservi par le réémetteur) et l’étude permettant aux collectivités de comparer les coûts des différentes solutions sont désormais en ligne.
L’expérience des récents basculements (Bretagne, Pays de Loire, Basse Normandie…) montre cependant que la vigilance doit rester de mise, même si tout s’est apparemment bien passé dans les jours ayant suivi l’extinction du signal analogique. En Bretagne, du fait des fortes chaleurs (!) les quimperlois ont eu ainsi la désagréable surprise de ne plus recevoir les chaines publiques, obligeant à de nouveaux réglages / changements de canaux. Comme l’a montré le bug de Lisieux – résolu depuis – la bonne gestion de l’information locale est dans ce cas essentielle car les installateurs TV sont prompts à solliciter les habitants pour leur dire que le problème vient d’un matériel défectueux et/ ou qu’il faut modifier l’antenne. Il faut notamment engager les gens à ne solliciter que les professionnels ayant signé la charte des professionnels agréés « tous au numérique ». France télé numérique estime que lorsque les problèmes surviennent, le relais des mairies est essentiel, pour aider le GIP et le CSA à identifier l’exacte nature du problème et à trouver rapidement des solutions. Enfin, en cette période de vacances, on soulignera l’intérêt de bien informer les touristes/ résidents secondaires des régions passés au numérique.
Passage au numérique : le cadre règlementaire bientôt finalisé
Le cadre réglementaire précisant le dispositif d’accompagnement sur le passage au numérique est en passe d’être finalisé (il est temps…). Le décret du 18 juin précise ainsi la composition et les missions de la commission départementale de transition vers la télévision numérique. Présidée par le préfet elle comprend trois représentants des services déconcentrés de l’État, un représentant du CSA, un représentant du GIP France Télé Numérique et cinq représentants des collectivités territoriales : trois conseillers municipaux désignés par le président de l’association des maires du département et deux conseillers généraux. Sa mission principale est de formuler des recommandations sur la résorption des zones d’ombres et de proposer au GIP toute mesure permettant de faciliter la transition. Le dispositif s’inspire de ce qui a été mis en place, de façon informelle, dans les départements/régions qui ont déjà basculé.
Par ailleurs, le dispositif d’aide aux collectivités optant pour un réémetteur TNT pour couvrir les zones d’ombre a été précisé. Le décret prévoit une compensation de 100 euros par foyer couvert dans la limite de 80% de l’investissement. Un montant qui n’est pas énorme car selon plusieurs collectivités, un réémetteur coute environ 10 000 euros et l’option réémetteur n’a pas qu’un objectif quantitatif : elle peut également avoir pour objectif de ne pas multiplier les paraboles ou pour résoudre un problème de brouillage. Le CSA, sur son site a d’ores et déjà donné son accord à plusieurs réémetteurs portés par des collectivités, soit pour couvrir les zones d’ombres, soit pour pallier un problème de réception lié à la présence d’éoliennes.
TNT : tirer les leçons du bug de Lisieux
Lors du basculement de la totalité de la région Basse Normandie (seul le Cotentin était passé au numérique fin 2009), les habitants de Lisieux ont eu la désagréable surprise de ne plus réussir à capter les chaines publiques… pendant plus de 50 jours. Une fois le basculement opéré les équipes de France Télé numérique restent en effet peu de temps sur place (une dizaine de jours), les problèmes étant dès lors centralisés sur le centre d’appel national. Ce dernier n’a visiblement pas été en mesure de compiler les données (les causes de non réception de la TNT peuvent être multiples il est vrai) et il a fallu la mobilisation des élus – qui ont assisté à un renvoi de responsabilités entre TDF, chaines, intermédiaires techniques… – pour que le CSA se saisisse du problème. Finalement une fréquence provisoire a été affectée aux chaines publiques avant qu’une solution pérenne ne soit trouvée. En attendant, beaucoup d’habitants ont fait venir inutilement un antenniste et devront modifier une nouvelle fois les réglages de leur téléviseur une fois la solution définitive mise en place. Interpellée en séance publique sur ce sujet, la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko Morizet a estimé qu’il s’agissait d’une « situation absolument inédite heureusement circonscrite à cette ville » et a promis « de tirer tous les enseignements de ce dysfonctionnement », afin d’éviter de le voir ressurgir lors des prochains basculements. Un groupe de travail a par ailleurs été mis en place pour une meilleure prise en compte des émetteurs secondaires. Une chose est certaine, c’est que face à la multiplicité des interlocuteurs et des causes possibles de non réception, les collectivités locales sont un relais indispensable dans la transmission de l’information. Ils disposent du reste d’une hot-line dédiée au CSA et les représentants régionaux du GIP France Télé numérique sont à leur disposition.
TNT : le risque d’écran noir reste d’actualité
Selon l’observatoire du CSA, 78,4 % des foyers ont au moins un téléviseur relié au numérique (TNT, ADSL, câble ou satellite), soit +14,6 points en un an, et presque un foyer sur deux (47,7 %) est entièrement numérisé. Globalement, 12,9 % de la population reste dépendante à 100% de la TV analogique hertzienne (moins 9,5 points). Ces chiffres sont en progression et montrent que les Français sont de mieux en mieux informés sur passage au numérique. Néanmoins, il s’avère que les personnes âgées sont parmi les moins bien équipées et une attention particulière doit être portée aux populations fragiles : personnes âgées, personnes seules, handicapées… Par ailleurs, on estime qu’environ 300 à 500 000 décodeurs buggués sont en circulation. Ces décodeurs sont susceptibles de générer des problèmes de réception de certaines chaînes ou de perturber la numérotation. Pour éliminer ce nouveau facteur d’écran noir, le CSA va rappeler aux fabricants, importateurs et distributeurs face leurs obligations de respect des normes. Parallèlement, une démarche de labellisation /certification va être engagée pour permettre aux consommateurs d’identifier les bons équipements. L’équipement des ménages n’est cependant pas la seule cause de soucis pour le succès du passage au numérique. Certains diffuseurs renâclent à respecter leurs engagements de couverture. Ainsi, en Alsace, le CSA a été contraint de rappeler à l’ordre les opérateurs des multiplex R2 et R3 qui n’étaient toujours pas disponibles sur l’ensemble des zones de diffusion.
MAJ 23/03 :
- La FAQ du CSA sur les problèmes de décodeurs
- Le bilan sur le passage au numérique fait lors du conseil des ministres du 17/03
Passage à la TNT : les grandes villes appelées à la vigilance
Début février, l’Alsace a fait sa migration vers le tout numérique et si on en a peu parlé c’est que cela s’est globalement bien passé. Parmi les enseignements à retenir pour les prochains passages, on notera que les grandes métropoles sont plus concernées qu’elles ne pourraient le croire. Le débat s’est longtemps focalisé sur d’éventuelles « zones blanches » et il est vrai que dans ce domaine, les grandes agglomérations la question ne se pose pas, les villes étant d’ores et déjà couvertes en TNT. Cependant la couverture TNT n’est pas tout : il faut également que les foyers soient équipés d’un matériel compatible et bien réglé. Sur ce volet équipement, les grandes villes doivent être vigilantes car les personnes recevant la TNT devront, le jour du passage au numérique, opérer des réglages sur leur matériel pour se positionner sur les nouvelles fréquences. Une manipulation simple (sauf quand il faut réorienter l’antenne vers un nouvel émetteur) mais qui peut être problématique pour les personnes âgées. Elles ont du reste été les plus nombreuses à appeler le centre d’appel de France Télé numérique en Alsace. Par ailleurs, les habitants sont parfois victimes de désinformations de la part d’installateurs ou de commerçants tentés de faire croire qu’il faut absolument changer de matériel pour recevoir la TNT. Enfin, pour les immeubles collectifs et les logements sociaux, des réglages spécifiques peuvent devoir être opérés sur les antennes d’immeubles. Sur toutes ces questions techniques, France Télé numérique est à la disposition des collectivités pour les informer et éventuellement former des « référents TNT ». Cette dernière mission fait partie des obligations du groupement rappelle France Télé Numérique qui signale que des sociétés commerciales font des propositions abusives dans ce domaine. On signalera enfin que le CSA diffuse depuis peu des cartes de couverture prévisionnelles (après extinction de l’analogique) mises à jour régulièrement.