Archive pour la catégorie ‘Vote électronique’

postheadericon Le vote par internet à l’épreuve de l’hétérogénéité des configurations

Le vote par internet est principalement critiqué pour sa vulnérabilité aux cyberattaques et l’incertitude qu’il laisse sur le caractère personnel du vote (risque d’influence voire d’usurpation d’identité). Pour les 700 000 français vivants à l’étranger cependant, le vote par internet peut se justifier car l’alternative est pour nombre d’entre eux de faire des kilomètres, parfois dans des conditions difficiles, pour se rendre dans un consulat, ou de voter par correspondance, méthode encore plus décriée… Le vote par internet a cependant une autre contrainte : celle de devoir fonctionner sur n’importe quel ordinateur ou configuration. C’est ainsi que pour les législatives, certains votants se sont vus invités à changer de machine du fait que la toute dernière version de Java n’était pas compatible avec le site de vote en ligne du ministère des Affaires étrangères…

Un bug qui a conduit le « parti pirate » à inviter les ressortissants français à porter plainte contre les carences des prestataires choisis par l’Etat et qui va dans tous les cas relancer la polémique sur le vote par internet.

postheadericon MAJ 06/07 CNIE : réfléchir aux usages

MAJ 06/07 : dans un communiqué publié ce jour, l’AMGVF veut « une juste compensation » pour la délivrance des CNIE, car il faudra notamment expliquer aux usagers le fonctionnement de la puce « vie quotidienne ». par ailleurs, l’AMGVf en profite pour dénoncer l’idée émise par la Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (MECSS) de faire délivrer des cartes vitales biométriques en mairie au nom de la lutte contre la fraude. »Les grandes villes refusent d’assumer une tâche qui incombe aux seules administrations sociales et viendrait introduire un peu plus de confusion dans la répartition des compétences entre administrations publiques » explique le communiqué..

Discutée les 6, 7 et 8 juillet à l’Assemblée nationale le texte créant la carte nationale d’identité électronique devra encore attendre deux lectures, un avis de la CNIL et un décret pour voir le jour. Sans compter la probable saisine du conseil constitutionnel par l’opposition…Un délai qui mériterait d’être mis à profit pour réfléchir aux moyens de favoriser les usages de la CNIE dans la vie quotidienne. Car ces nouveaux usages ne coulent pas de source. En Belgique, où la CNIE existe depuis plusieurs années, l’usage des fonctions de signature et d’authentification restent ainsi peu développés. Aussi les pays ayant lancé une carte de ce type cherchent-ils des leviers pour faciliter l’usage du certificat. En Allemagne, il a été décidé de fournir au possesseur d’une CNIE un lecteur de carte à puce, périphérique indispensable à l’utilisation des fonctions de sécurité depuis son ordinateur personnel. Mais la politique la plus aboutie semble être celle de l’Estonie. Dans ce pays de la taille d’une ville (1,3 million d’hab.), la stratégie a été de multiplier les usages. La CNIE fait ainsi office de ticket de bus, permet d’écrire des mails cryptés (avec une adresse mail officielle @eesti.ee), de payer ses impôts, de voter électroniquement et de réaliser des transactions bancaires. Une application gratuite est par ailleurs mise à disposition des utilisateurs et le gouvernement promeut la signature de fichiers, signés sur le poste utilisateur après téléchargement, plutôt que l’authentification en ligne où une grande variété de dispositifs techniques coexiste. Mais le décollage des usages (450 000 utilisateurs) est aussi lié à la multiplication des supports (mobile, clef USB en plus de la carte plastique) et à la mise à disposition de cartes « allégées » – excluant certaines données personnelles comme la photo et délivrées pour 3 ans – pour ceux qui craignent un effet « big brother ».

Dans tous les cas, la CNIE demandera d’évidence de la pédagogie pour expliquer l’intérêt de la « puce citoyenne ». Une tâche que l’ANTS aimerait évidemment confier aux agents municipaux…

 

postheadericon Les préconisations de la CNIL sur le vote par internet mises à jour

La CNIL a mis a jour sa recommandation sur le vote électronique à distance, qui datait de 2003, procédure de vote utilisée pour les prud’homales et dans de plus en plus de cas (assemblées générales, représentants du personnel…). En préambule, la commission souhaite rappeler que “le vote électronique présente des difficultés accrues (…) pour les personnes chargées d’organiser le scrutin et celles chargées d’en vérifier le déroulement, principalement à cause de la technicité importante des solutions mises en œuvre”. Elle exprime toujours de fortes réserves sur l’extension de son utilisation pour les élections politiques (aujourd’hui seuls les français de l’étranger peuvent voter par internet). Ayant constaté au travers des divers contrôles effectués depuis 2003 que « les systèmes de vote existants ne fournissaient pas toutes les garanties exigées par les textes légaux« , la commission émet des recommandations visant à définir « les garanties minimales que doit respecter tout dispositif de vote électronique ». On notera que la recommandation se concentre sur le vote via un ordinateur et ne concerne pas les dispositifs de vote par codes-barres, les dispositifs de vote par téléphone fixe ou mobile. Elle exclut également les machines à voter sur lesquelles la commission s’est exprimée par ailleurs. Parmi les changements dans les recommandations techniques, on notera que la CNIL se réfère désormais au référentiel général de sécurité (RGS).

postheadericon L’Irlande abandonne le vote électronique pour le papier

L’Irlande (Minister for the Environment, Heritage and Local Government) a annoncé qu’elle renonçait définitivement à utiliser des machines à voter pour les élections politiques. Les 7500 machines Nedap, acquises en 2002, pour 51 millions d’euros resteront donc au placard pour les prochaines élections européennes. L’Irlande a indiqué réfléchir à reconvertir les machines pour un autre usage que le vote aux élections politiques. Cette décision fait suite à un rapport de la Commission sur le vote électronique et de l’Université de Dublin (2004) qui avait estimé que la sécurité des machines était insuffisante et ne permettait pas de garantir l’intégrité du vote.

postheadericon Vote aux USA : moderniser et regagner la confiance des électeurs

Les services de l’ambassade de Washington ont sorti une étude sur le vote électronique aux USA. Comme le rappelle l’étude, la modernisation du processus électoral y est vécue comme une nécessité tant les systèmes utilisés sont nombreux, disparates et sources de contestations. Certains systèmes utilisent le papier : cartes perforées (en voie de disparition), scanner, stylo numérique et impression du bulletin par l’électeur. D’autres, introduits notamment depuis 2000, sont totalement électroniques et reposent sur l’enregistrement unique du vote dans une carte mémoire. Le rapport revient ensuite sur les nombreux problèmes posés par les machines à voter au cours des derniers scrutins. Les problèmes purement techniques existent : bugs logiciels, écrans tactiles défaillants – certains systèmes présentent un taux d’erreurs de 5% ( !!) – sans compter les possibilités de piratage par des gens malintentionnés… Ce ne sont pas cependant forcément les plus lourds  : la mauvaise gestion des listes électorales (manque de coordination entre les Etats pour les mises à jour permettant à un américain de voter plusieurs fois), l’absence de contrôle étatique sur les fabricants de machines, les liens de ces derniers avec les politiques ou encore les bulletins tout simplement mal conçus pèsent également dans ce bilan très mitigé du vote électronique aux USA . Si des améliorations ont été entreprises ces dernières années – interopérabilité, aide à l’équipement, formation… – le rapport souligne que « les points noirs qui ont défrayé la chronique depuis 2000 sont loin d’être tous résolus et un vaste chantier de reformes attend la nouvelle administration ».

postheadericon Le gouvernement relance le dossier du vote électronique

A l’occasion d’une question orale posée par la sénatrice Nicole Borvo Cohen-Seat sur les bugs du vote électronique aux prud’homales et sur les dysfonctionnements des machines à voter, Alain Marleix secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux collectivités territoriales a annoncé que le gouvernement entendait relancer le vote électronique.

Concernant les machines à voter il a précisé que le gouvernement n’entendait pas revenir sur le principe même de leur utilisation. Le groupe de travail du ministère de l’intérieur, a-t-il expliqué, a conclu « qu’il fallait continuer à utiliser les machines à voter, tout en recommandant de modifier certaines dispositions législatives et règlementaires ainsi que le règlement technique qui leur est applicable ».
Ces adaptations du code électoral sont « en cours de réalisation et pourraient être insérées dans un projet de loi relatif à la modernisation de la vie démocratique local » un texte qui pourrait être soumis au Sénat et à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année. Par ailleurs il a précisé que le règlement technique sur les machines à voter avait été engagé par le secrétariat général de la défense nationale.

Par ailleurs le gouvernement entend continuer d’explorer les possibilités du vote par internet. « Nous avons besoin d’un débat objectif, c’est-à-dire éclairé par des avis techniques et scientifiques de haut niveau » a-t-il déclaré. « Il n’est pas concevable dans une société comme la nôtre, où les nouvelles technologies de l’information et de la communication se sont largement développées et se développeront encore dans les prochaines années, d’en rester à des modes de votation qui peuvent aujourd’hui paraître un peu désuets et obsolètes » a conclu le secrétaire d’Etat.

Voila qui ne manquera pas de relancer la polémique sur le vote électronique…

postheadericon Machines à voter : le statu quo maintenu pour les européennes

Promise par le ministère de l’Intérieur pour début 20009 – c’est-à-dire avant les élections européennes – la remise à plat du code électoral et du règlement technique sur les machines à voter ne semble toujours pas à l’ordre du jour. C’est ce qu’il ressort des dernières réponses ministérielles sur ce sujet (voir notamment les questions des députés Yvan Lachaud et Franck Reynier ). Aussi le ministère de l’Intérieur maintient-il le statu quo sur ce sujet : aucune commune nouvelle n’est autorisée à s’équiper en machines et la circulaire du 1er février 2008 devrait voir son application prorogée pour le scrutin européen. Une situation qui ne satisfait ni les communes équipées – elles estiment que la circulaire a été écrite trop rapidement et ne remédie pas véritablement aux problèmes d’organisation des scrutins électroniques qu’elles rencontrent – et encore moins les détracteurs du vote électronique. Dans sa recommandation, le Forum des droits sur l’Internet avait de son côté insisté sur la nécessité d’un débat public sur ce sujet délicat : on l’attend toujours…

postheadericon Prud’homales : le vote par internet n’a pas été un remède à l’abstention

Après la déception des élections pour l’assemblée des français de l’étranger, l’utilisation du vote par internet pour les élections prud’homales (à Paris uniquement) avait valeur de test pour un mode de vote qui suscite toujours beaucoup de réticence eu égard au manque de fiabilité du procédé. Force est de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : Sur 1,3 million d’électeurs inscrits à Paris, 78 654 seulement, soit 5,82 % des inscrits ont eu recours au vote par internet. On peut certes incriminer le manque de publicité fait autour de cette modalité de vote – le vote par internet avait lieu de plus avant les « élections papier » – mais ce n’est en tout cas pas le remède miracle à l’abstention vanté par les fournisseurs de solutions de vote électronique. Par ailleurs, plusieurs bugs sont venus, une fois de plus, entacher la crédibilité du vote électronique. D’une part la CGT a eu la surprise de constater l’absence d’une ligne Confédération générale du travail aux utilisateurs sous certaines versions du navigateur Firefox . Ensuite, à l’occasion du dépouillement, un dysfonctionnement dans l’impression des listes d’émargement a eu lieu, nécessitant la récupération des copies de sauvegarde (avec intervention d’huissiers et des assesseurs des syndicats). La CNIL a du reste précisé dans un communiqué qu’ »elle n’avait, en aucune manière, validé les modalités techniques de réalisation de ce vote électronique ».
On soulignera une fois de plus que la technologie n’est pas, en soi, une solution au problème de l’abstention. L’implantation de bureaux de vote dans les entreprises, le rapprochement de l’urne physique et de l’électeur, s’est de fait révélé beaucoup plus efficace dans ce domaine : Le taux de participation aurait dépassé 50 % chaque fois qu’un bureau de vote était installé sur le lieu de travail des salariés.

postheadericon Les machines à voter passent les élections américaines…mais

Ces trois dernières semaines, on a vu fleurir une multitude d’articles sur les bugs du vote électronique aux Etats Unis (voir cette liste d’articles sur Wikio). On citera ainsi cette vidéo qui met en scène le personnage Homer Simpson tentant en vain de voter démocrate, et montant le risque de piratage (prouvé par des universitaires américains) des machines à écran tactile.

La victoire franche et massive de Barack Obama a mis à mal la thèse du complot républicain (plusieurs fabricants de machines sont des républicains notoires).

Néanmoins on notera que :
-le vote électronique a occasionné les mêmes problèmes qu’en France : queues et problèmes entre le nombre d’électeurs s’étant présentés au bureau et le nombre de votes enregistrés par les machines. Dans de nombreux bureaux, on a mis en place des dispositifs de rechange à cause d’une panne de machine.
-Le retour du papier : suites aux problèmes rencontrés lors de précédents scrutins, l’accusé de réception papier s’est imposé dans la moitié des Etats pour permettre le recomptage en cas de doute.
-Les systèmes automatisés de comptage de bulletins cartonnés (scanners…), utilisés dans les 2/3 des Etats, ne sont pas exempts de bugs : des tests ont montrés que les mêmes cartes scannées plusieurs fois pouvaient donner des résultats différents.
Bref, la machine, électronique ou mécanique, ce n’est pas la panacée…
Autant de points qui viendront sans doute alimenter la réflexion des pouvoirs publics sur le devenir du vote électronique en France.

postheadericon La carte d’identité nationale électronique promise pour 2009

Parmi les mesures phares du plan « France numérique 2012 » figure le retour de la carte nationale d’identité numérique (CNIE), qui avait été mise entre parenthèse en 2003. En effet, le secrétaire d’Etat à l’Economie numérique a évoqué la mise en place de la carte nationale d’identité sécurisée dès 2009. Celle-ci sera « un outil d’authentification ultra-sécurisé qui permettra de prouver sans faille son identité sur internet ». « Nous pourrons les développer pour un grand nombre d’usages officiels, pour des usages médicaux, où l’authentification exacte du client est d’un intérêt vital, et même pour le commerce » a précisé Éric Besson. En outre, la CNIE a pour ambition de « faciliter davantage la participation directe des citoyens aux processus décisionnels publics, via notamment l’organisation de consultations ou pétitions en ligne à grande échelle ».Concrètement, la CNIE verra le jour avec le projet de loi sur l’identité, qui n’est cependant toujours pas inscrit à l’ordre du jour.

Par ailleurs, on signalera le projet d’ajouter une signature électronique à la carte vitale 2 et le développement de la délivrance de certificats gratuits par les administrations « pour les services qui le nécessitent ». Enfin, sur le volte répressif, un délit d’usurpation d’identité sur les réseaux de communications électroniques devrait être créé à l’occasion de la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI), .

TIC*