Archive pour la catégorie ‘Très haut débit’

postheadericon Déploiement FTTH : L’Etat publie la convention type pour les zones denses

Promise par la feuille de route gouvernementale sur le très haut débit, la fiabilisation des engagements des opérateurs a pris la forme d’une convention type (ici en PDF) à adapter au niveau de chaque agglomération. Ce document est le résultat de négociations menées depuis le printemps dernier entre les opérateurs déployant de la fibre (Orange et SFR), les représentants des associations de collectivités et la mission très haut débit et s’inspire des conventions d’ores et déjà signées localement. La convention s’efforce d’avoir une approche équilibrée en liant l’engagement de complétude des déploiements de l’opérateur de zone à une implication réelle de l’agglomération signataire invitée à créer un « guichet unique opérateur » et à mobiliser les acteurs locaux (offices HLM, syndic…) pour favoriser la transition vers le très haut débit.

Parmi les avancées de la convention, on signalera la possibilité de négocier des « zones prioritaires », correspondant aux quartiers ne bénéficiant pas d’un ADSL de qualité et l’institution, à un rythme semestriel, d’un suivi des déploiements. Le document prévoit la fourniture d’une cartographie des déploiements réalisés et d’un fichier comportant le nombre de locaux « Raccordables », « Raccordables dès autorisation », et « Raccordables sur demande » à la maille de la commune. Les collectivités seront également destinataires des fichiers dits IPE (Informations Préalables Enrichies) qui sont actuellement échangés entre les opérateurs de réseau et les fournisseurs d’accès.

Le principal point noir de la convention est la création d’une catégorie de locaux « raccordables sur demande » qui correspondent à des endroits où existent des « difficultés exceptionnelles de raccordement » et qui présentent « des caractéristiques particulières entrainant des surcoûts moyens très importants ». Dans ces zones, qui instituent de fait un mitage des zones denses, le financement du raccordement n’est pas précisé et aucune limite chiffrée (prévue dans les versions qui ont circulées) n’a été fixée sur le volume de prises potentiellement concernées.

Dans un communiqué, Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique s’est réjouit de la publication de cette convention et indique que la mission très haut débit et les SGAR sont à la disposition des collectivités pour leur mise en œuvre.

postheadericon [MAJ 29/10] Palaiseau : l’extinction du cuivre en stand by

Orange tire un premier bilan de Palaiseau . 90% des logements sont désormais fibrés à Palaiseau et 75% de ses anciens clients ADSL passés à la fibre. Un chiffre satisfaisant quand on sait que dans la plupart des zones aujourd’hui fibrée, ce taux de transformation ne dépasse pas 10%. L’opérateur estime également que la fibre peut créer de la valeur pour les opérateurs. Il constate ainsi un fort appétit des utilisateurs pour les offres de sauvegarde en ligne (cloud) et la consommation de vidéo a la demande a triplé en un an. Au total, un quart des abonnés ont opté pour une offre « haut de gamme ». Une bonne nouvelle pour le secteur des télécoms en quête de nouveaux revenus mais qui reste atténuée par la faible mobilisation des  opérateurs concurrents qui n’étaient pas présents à la conférence de presse. Il a été confirmé du reste un report de l’extinction du cuivre – qui constitue tout l’intérêt du test palaisien – initialement fixée au 31 octobre 2013. Cette décision est liée à un accord de l’ensemble des opérateurs que l’Arcep travaille à obtenir.

Très attendue des collectivités locales, l’expérimentation d’extinction du cuivre de Palaiseau semble dans l’impasse. Coté déploiement FTTH, les travaux menés par Orange dans le cadre de sa DSP signée avec l’agglomération du plateau de Saclay avancent plutôt bien avec 70% des foyers raccordés par l’opérateur. La ville devrait ainsi être à 100% fibrée en 2014.
L’extinction programmée du cuivre semble en revanche avoir bien du mal à avancer. Cette expérimentation est pourtant seule à même de repérer les difficultés techniques et opérationnelles du basculement du cuivre vers la fibre, objectif indispensable au succès des projets FTTH des opérateurs comme des collectivités.

Selon des informations révélées par l’Express, la faute n’incombe pas à Orange mais à ses concurrents qui trainent des pieds pour prendre les mesures nécessaires et notamment mettre en place une offre fibre à destination des palaisiens. Or Orange ne peut pas contraindre les opérateurs à  interrompre la commercialisation de leurs offres ADSL avant un délai de cinq ans et doit  continuer à leur proposer une offre de gros. L’arrivée decVDSL2, autorisé depuis début octobre, contribuerait en outre à ce faible empressement des fournisseurs d’accès à concevoir une offre fibre. Du coup Orange aurait décidé de reporter la fermeture du réseau cuivre… sauf accord des parties.

L’Arcep et le ministère de l’économie numérique travaillent à une reprise du dialogue entre opérateurs, mais il est vrai que le contexte – lancement du VDSL2 et concurrence acharnée sur la 4G – n’est pas propice au dialogue…

postheadericon VDSL2 entre en phase de déploiement

Depuis le 1er octobre, le VDSL2 peut être proposé par les opérateurs sur l’ensemble du territoire. Dans un tchat, l’Arcep a fait le point sur cette technologie. Voici ce qu’on en retiendra :

- Seules les lignes en distribution directe (raccordées au NRA) sont concernées, soit 20% des lignes. L’abonné doit se situer à moins de 1km du NRA pour bénéficier pleinement de VDSL2 et au total environ 16% des abonnés devraient bénéficier d’un débit supérieur quand les FAI auront équipé les répartiteurs.

- VDSL2 peut être déployé partout, y compris dans les zones concernées par des opérations de montée en débit et dans les zone denses concernées par un déploiement FTTH.

- Les débits théoriques sont de 100 Mbits mais comme l’Arcep l’a vertement rappelé à Free dans un communiqué, ce sont des débits théoriques. Dans les faits on s’attend à des débits compris entre 50 et 80 Mbit/s descendants avec des inégalités très fortes entre abonnés.

- Pour bénéficier du VDSL2, le répartiteur doit être modifié et les abonnés doivent être raccordés à une box compatible.

Une signalétique sur les débits

Face à la floraison de sigles peu clairs (ADSL2+, VDSL, FTTH, FTTLA…) et à des opérateurs un peu trop prompt à parler de « très » haut débit, l’Avicca a proposé récemment une signalétique sur la qualité des débits inspiré de celle sur la consommation énergétique.

postheadericon Le long chemin du THD

Selon les dernières statistiques de l’Arcep, on compte désormais 1,8 millions d’abonnés à une offre de plus de 30 Mbits/s soit une croissance de 22% en un an. Parmi ceux-ci 415 000 abonnés à la fibre à domicile (+70% sur un an) avec un taux de pénétration de 16 % des immeubles raccordés. Si les taux de croissance sont à la hausse, le décollage promis tarde à se réaliser : le nombre de nouvelles prises FTTH sur les deux premiers trimestres reste ainsi en-dessous de celui observé sur le sur le second semestre (voir ce graphique de l’Avicca). La progression concerne par ailleurs essentiellement les immeubles en zones urbaines très denses, le nombre de prises en zones peu denses atteignant seulement 130 000 en 9 mois.

Des résultats d’autant plus décevant que de son coté, l’ADSL se porte bien avec 22,6 millions d’abonnés (+700 000 / juin 2012). Un choix technologique qui ne semble pas près de s’estomper puisque l’on compte aussi 260 NRA-MeD (montée en débit) en cours de réalisation dans plus de 25 départements au T2 2013 et plus de 400 demandes d’études. Il faudra en revanche attendre la fin de l’année pour avoir des statistiques sur le très contesté VDSL2 que les opérateurs vont déployer à partir de cet automne.

La France absente du top des villes les plus connectées
Utilisant des critères tels que la qualité des connexions internet fixes (selon les mesures d’Akamai), la couverture Wifi/4G et l’ouverture à l’innovation, Futures Cities a établi un top des villes internet mondiales. Dans ce classement, trois métropoles asiatiques (Seoul Hong Kong Tokyo), quatre villes européennes (Amsterdam, Vienne, Prague, Genève et Stockholm), mais aucune ville française.

postheadericon Déploiement THD en zone AMII, une convention nationale en discussion

La fiabilisation des engagements FTTH des opérateurs dans les zones denses est une priorité pour les élus des grandes agglomérations et un engagement de la feuille de route THD gouvernement. Si les opérateurs, et en particulier Orange, ont pris les devants en multipliant les signatures de convention, il apparaît souhaitable d’harmoniser les engagements et d’accélérer ce processus en proposant un modèle nationale de convention.

C’est l’objectif de la mission très haut débit qui a soumis à discussion des acteurs concernés* courant juin un modèle de convention précisant les engagements respectifs des opérateurs et des collectivités.

Côté collectivités, les intercommunalités seraient les principaux signataires avec le porteur du SDAN et les engagements concerneraient la mise en place d’un guichet « unique » pour les permissions de voirie, les procédures d’urbanisme, le choix de l’implantation des points de branchement optique, etc. Les collectivités s’engageraient par ailleurs à sensibiliser les bailleurs et syndics et à informer la population sur la disponibilité des offres FTTH.

Les opérateurs s’engageraient pour leur part à informer régulièrement les collectivités du suivi des déploiements via un accès aux fichiers IPE et un comité de suivi local. Les collectivités auraient par ailleurs la possibilité de discuter de la priorisation des déploiements avec un objectif général de commencer par les zones disposant des moins bon débits (moins de 3 Mbits).

En cas de défaillance d’une partie ou de l’autre est prévue une procédure de conciliation sous l’égide du préfet de région, la collectivité retrouvant le droit de construire un réseau FTTH (avec l’aide de l’Etat) en cas de défaillance avérée de l’opérateur de réseau.

Les négociations s’avèrent cependant difficiles sur plusieurs points dont les plus importants sont :

  • La complétude des déploiements : la convention prévoit un taux de « mitage » (prises raccordable « à terme ») du fait d’accords manquants (syndic, bailleurs…) ou de difficultés particulières de déploiement de 10% à l’échelle de l’agglo et de 20% à l’échelle d’une commune. Ce taux a été jugé inacceptable par les associations d’élus.
  • Le périmètre de la convention. La mission THD a proposé d’intégrer dans le périmètre de la convention les communes intégralement situées en zones de basse densité (37 communes parmi les 148 situées en zone très denses) ce que les opérateurs, qui exigent un nouvel appel à manifestation d’intention d’investissement, refusent.
  • Le constat de défaillance. La procédure n’est aujourd’hui accompagnée d’aucun formalisme ou délai, ce qui en limite la portée selon les collectivités.
  • Les signataires. Les associations de collectivités souhaiteraient que les communes n’ayant pas délégués leurs compétences (voirie, urbanisme…) soient signataires de la convention.

Une nouvelle mouture de la convention est en cours d’élaboration. Elle sera soumise prochainement pour arbitrage à la ministre de l’économie numérique. L’objectif est d’avoir finalisé un document cet automne.

* Etat (Arcep, Datar, Mission THD…) Elus (AMGVF, AMF,  ACUF, Avicca, FNCCR, ADCF) et opérateurs (Orange et SFR)

postheadericon La mission extinction du cuivre débute ses travaux

Présidée par l’ancien président de l’Arcep Paul Champsaur, la mission sur l’extinction du réseau cuivre a reçu se lettre de mission le 12 juin.

Partant du constat que « la coexistence prolongée de réseaux à haut débit et à très haut débit est susceptible, à court et moyen termes, de freiner la progression du très haut débit« , cette mission est chargée par la ministre de l’Economie numérique d’ »identifier les enjeux techniques, économiques, juridiques et sociaux du basculement progressif du réseau cuivre vers les réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH)« . Elle doit formuler des préconisations sur le calendrier (qui doit être « ambitieux » et « réaliste »), les conditions préalables à établir pour engager une telle opération à une vaste échelle, et les modalités de la fermeture de la boucle locale de cuivre de France Telecom. Parmi les nombreuses questions que devra aborder la mission figurent l’indemnisation de l’opérateur historique et la place laissée à des solutions technologiques THD reposant pour partie sur le cuivre (VDSL2, FttDP)

La mission associe des représentants des opérateurs, quatre parlementaires (Gwenegan Bui, Patrice Martin-Lalande, Yves Rome, Pierre Hérisson), des représentants des RIP Roland Courteille (Manche Numérique) et Sophie Rognon (Auvergne) et divers experts (économistes, juristes, télécoms…). Le rapport  est attendu pour fin 2014 avec un rapport intermédiaire d’ici  fin 2013.

postheadericon L’option technologique FTTH à nouveau écornée ?

L’Arcep a organisé récemment une réunion* sur l’option FttDP (Fiber to the Distribution Point) qui consiste à amener la fibre jusqu’à un point situé à proximité du logement, les derniers mètres étant reliés via le câblage existant (câble coaxial ou paire de cuivre) via un boitier de conversion proposés par plusieurs équipementiers comme Huwei, Alcatel ou ZTE.

Une solution qui a beaucoup d’attraits pour les acteurs du THD – collectivités comme opérateurs – en réduisant les coûts que représente l’intervention d’un technicien dans le logement pour poser la fibre (rendez-vous, déplacement, travaux…). Le déploiement de cette solution n’est cependant pas sans risques. Le plan fibre actuel, sur lequel sont fondés les modèles d’affaires des opérateurs de réseau et des RIP (urbains), repose en effet sur l’option FTTH, où la fibre pénètre à l’intérieur du logement. Face au marasme économique, à la faible appétence des particuliers pour les FTTH et à un gouvernement soucieux d’obtenir rapidement des résultats… il est cependant possible que ce dogme évolue. La validation du VDSL2 a du reste déjà marqué un tournant, car même si ce moyen-très haut débit est présenté comme une solution à vocation chirurgicale et provisoire, il est fort possible que les quartiers bénéficiaires de ces offres soient les derniers desservis en fibre à domicile.

Le groupe de travail de l’Arcep a pour le moment mission de rédiger un état des lieux de la technologie FttDP et en particulier des expérimentations en cours à l’étranger, donnant lieu à une publication d’ici la fin de l’année. L’Avicca s’est pour sa part montrée d’ores et déjà montrée très réservée sur ces solutions qui sont, souligne-t-elle, « propriétaires » et pourraient remettre en cause, « faute d’une vision sur le long terme », les modèles sur lesquels reposent aujourd’hui la plupart des projets.

*La lettre de l’Arcep qui en parle

postheadericon THD : 1,7 million d’abonnés à plus de 30 Mbit/s

La France comptait selon l’Arcep 1,7 millions d’abonnés au très haut débit (THD), soit plus de 30 Mbit/s niveau qui correspond à la définition européenne du THD. Si l’offre THD de Numéricâble représente toujours l’essentiel des abonnés (1,34 millions), le FTTH a bondi de 140 000 abonnés en un an pour atteindre 365 000 abonnés (70% sur un an) avec une nette accélération ces derniers mois (+50 000 en un trimestre, 100 000 si l’on ajoute le câble). Orange capte l’essentiel de ces abonnés avec 56% de part de marché fin mars. Parallèlement, le nombre de logements éligibles au FTTH a atteint 8,9 millions de logements dont un tiers en dehors des zones urbaines denses.

A noter que parallèlement la concurrence progresse sur le haut débit avec plus de 10 millions de foyers ADSL en dégroupage total sur les 24,22 millions de foyers abonnés à internet que compte la France. Enfin, l’Arcep relève que la totalité des répartiteurs téléphoniques et 99,3% des lignes en cuivre sont éligibles au haut débit  (plus de 512 Kbit/s).

postheadericon Plus de fréquences pour le mobile, moins pour la TVHD

Selon les Echos, le Président de la République a décidé d’allouer un lot de fréquences supplémentaire, situé sur la bande des 700 Mhz, aux opérateurs mobiles. Le motif serait selon le journal essentiellement financier puisque le produit de la vente des licences devrait contribuer à financer les moyens de Défense. Des enchères pourraient être organisées dès 2016 et des consultations auraient déjà été engagées avec des opérateurs mobiles satisfaits…à condition que le prix plancher ne soit pas trop élevé.

Cette décision a engendré les foudres du CSA, des éditeurs TV et du ministère de la Culture qui n’auraient pas été consultés. Il est vrai que ces fréquences étaient en théorie destinées aux chaines pour le développement de la TVHD sur la TNT.

On peut cependant y voir une suite logique au choix gouvernemental de privilégier la fibre optique à domicile. De plus en plus de foyers reçoivent désormais la TVHD via la fibre et pour les zones rurales, le satellite offre une alternative… Ce ne sera évidement pas l’avis de nombreuses communes périurbaines et rurales, sauf si le calendrier de la fibre s’accélère.

postheadericon Réseaux très hauts débit d’initiative publique : le guichet d’aide se met en place

Un arrêté en date du 3 mai 2013 a désigné les élus membres du comité France très haut débit qui doit, aux cotés du nouvel établissement public (ex mission très haut débit) donner un avis « sur les demandes d’aide du fonds national pour la société numérique pour des projets de déploiement de réseau d’initiative publique pouvant bénéficier d’une telle aide ». Ce comité pourra notamment auditionner la collectivité territoriale qui porte le projet de déploiement de réseau d’initiative publique. Akim OURAL, qui est également présent au sein du conseil national du numérique (CNN) ,représentera  l’Association des communautés urbaines de France (ACUF) et de l’Association des grandes villes de France (AMGVF) au sein de cet organisme qui comporte également des représentants des régions, des départements des collectivités engagées dans des RIP (Avicca) et des opérateurs.

Parallèlement, le commissariat général aux investissements a publié le cahier des charges de l’appel à projets « France très haut débit – Réseaux d’initiative publique ». Après avoir rappelé la stratégie gouvernementale en matière de très haut débit – partie qui reprend la feuille de route publiée en février – ce cahier des charges précise les règles d’éligibilité des RIP aux subventions de l’Etat, les formes d’intervention des collectivités, les coûts éligibles et les niveaux minimum de de contribution des collectivités. Il détaille également les bonus dont pourront bénéficier les projets interdépartementaux : 10% pour les projets sur 2 départements, 15% pour 3 départements ou plus.

TIC*