Archivage numérique : l’académie des sciences tire la sonnette d’alarme
L’archivage numérique est une problématique plutôt bien connue des collectivités à l’heure du développement de l’administration électronique. Mais alors que l’utilisation des terminaux numériques se généralise, ce problème devient une question sociétale. L’académie des sciences et technologies vient de remettre un rapport sur ce sujet qui tire la sonnette d’alarme. L’académie rappelle en effet que « les supports numériques n’ont qu’une durée de vie de 5 ou 10 ans environ » et que le mot « gravure » pour qualifier l’action d’enregistrer des données sur un disque dur ou un CD n’a aucun rapport avec les tables de la loi gravées dans la pierre « pour l’éternité » … Cet enjeu, peu d’entreprises, d’administrations et encore moins de citoyens en ont vraiment conscience. Si la diminution des coûts des supports de stockage incite peut-être à multiplier les sauvegardes, peu de personnes songent à opérer des migrations régulières pour palier l’obsolescence des formats et supports… Car l’archivage est autant une affaire de technique que d’organisation à mettre en place dans la durée.
Après avoir passé en revue les différents supports de stockage et manières d’appréhender ce sujet, l’académie fait 4 recommandations :
1) Développer la recherche sur le sujet pour dégager des recommandations fiables en matière de standardisation des formats et supports d’archivage
2) Recenser les compétences publiques et privées et prendre des mesures urgentes nécessaires à la préservation des compétences clé
3) Favoriser l’innovation et l’apparition d’une offre industrielle de qualité
4) Élaborer une stratégie en matière d’archivage numérique qui établirait les domaines prioritaires et proposerait des solutions de mutualisation.
Il restera à faire en sorte que ces normes et offres deviennent accessibles au grand public car, au delà des documents officiels, c’est toute une partie de notre histoire qui pourrait disparaitre.