TICE : un rapport propose de doubler le nombre d’ordinateurs dans le primaire
Jean-Michel Fourgous, député-maire d’Elancourt vient de remettre son rapport sur les technologies de l’information à l’école. Pour ce qui concerne les communes – qui équipent les écoles maternelles et primaire – le constat est sévère (mais pas nouveau). On compte ainsi dans les écoles élémentaires 8,6 ordinateurs pour 100 élèves en 2009 et 8 400 tableaux interactifs sur un total de 27 000 TNI installés, soit 3,5% des classes élémentaires équipées. Autre chiffre qui en dit long sur les limitations d’usages : plus de 45% du parc informatique installé a plus de 4 ans, durée qui correspond à sa durée d’obsolescence. Au total, les écoles primaires françaises se placent au 12e rang européen en matière de TICE. Par ailleurs, les écoles primaires restent le plus souvent en dehors de la communauté éducative virtuelle c’est-à-dire des espaces numériques de travail – les ENT qui permettent des applications comme le carnet de correspondance virtuel et un lien école-parent. Mais il est vrai que dans ce domaine un ENT adapté au primaire fait défaut.
Aussi parmi les 70 propositions du rapport, figure en première place l’équipement de l’ensemble des établissements scolaires. Les collèges et lycées étant plutôt bien équipés, la proposition concerne donc surtout le primaire. L’objectif est de doter chaque maternelle d’1 classe nomade jusqu’à 200 élèves et dans le primaire : 1 équipement: 1 TNI + 1 micro‐ordinateur jusqu’à 150 élèves + 1 classe nomade (voir ici le détail des préconisations). Enfin, on note que les collectivités pourraient se voir imposées des normes d’équipement.
Il reconnait qu’aujourd’hui l’équipement repose avant tout sur le volontarisme des collectivités, ce qui se traduit par d’importantes disparités géographiques. Il note au passage le manque de clarté sur la répartition des rôles : le schéma Education nationale : prise en charge des documents pédagogiques, dont les logiciels/ collectivités : équipement et réseaux reste très théorique, les collectivités finançant souvent les deux. Il est du reste question de « clarifier le champs des dépenses communales obligatoires », une formulation qui pourrait augurer de nouveaux transferts de charges .
Au delà d’un label, d’un recours aux partenariats avec le privé et de l’utilisation accrue des logiciels libres, le rapport est très discret sur le mode de financement. En cette période de resserrement des budgets locaux il n’est pas sûr que cela soit suffisant.
L’appel aux services « concurrentiels » est tout à fait en phase avec la stratégie du Gouvernement. L’Éducation Nationale doit prendre en charge !
En insistant, notamment sur des critères quantitatifs, FOURGOUS conforte les enseignants dans leur lobbying pour avoir toujours plus. Ils sont parfois plus visibles sur ce sujet que sur les RASED et autres mesures !!!
Au-delà, la quantité de postes n’a jamais influé sur le rythme d’appropriation des TICE par l’école. Les classes et équipements mobiles sont ainsi fréquemment installés à demeure dans la salle de l’enseignant le plus motivé … le mieux formé. Les salles informatiques, nécessaires pour l’obtention du B2I, pourraient être plus utilisées.
Enfin, pourquoi l’école a-t-elle autant de mal à s’ouvrir, par exemple aux parents, pour qu’ils puissent mieux accompagner leurs enfants ?