postheadericon Très haut débit : l’engagement de l’Etat reste très insuffisant

Selon l’étude commandée par la Datar, il faudra entre 18 et 30 milliards d’euros pour desservir la France en Très haut débit. Une fourchette qui recouvre deux hypothèses : avec 18 milliards on dessert 80% de la population en FTTH (soit grosso modo les zones urbaines), le reste étant couvert en technologies hertziennes (LTE/4G, dividende numérique…). Desservir la totalité du territoire en FTTx en couterait 30 avec la pose de grosso modo 1 million de km de fibre. Une chose est certaine, avec les deux milliards mis sur la table par l’Etat dans le cadre du grand emprunt, les deux milliards annoncés par Orange, le milliard de Free/Illiad et ce que pourront investir leurs collègues SFR et Numéricable, le compte n’y est pas. Même avec le scénario à 18 milliards, la Datar estime les financements publics nécessaires à « 8 milliards d’euros, soit 500 millions d’euros par an sur quinze ans »… Dans la situation actuelle, seuls 25% à 40% de la population aura accès à la fibre optique en 2014. Pour atteindre 100% de la population couverte en THD 2025 – comme le souhaite le Président de la République – il faudra donc plus que des déclarations mais une véritable stratégie de financement : subventions et garanties d’emprunt, comme c’est prévu, mais aussi des incitations fiscales pour privilégier la fibre sur le cuivre comme le suggère l’étude de la Datar.

L’autre conclusion importante du rapport, au moment où la Datar mène une consultation sur le système des appels a projets, concerne la méthode : traiter le THD zone par zone (zone tres denses, moyennement denses et rurales) serait un non sens et une approche globale et coordonnée est indispensable.

« la couverture de la première moitié de la population conditionne les modalités techniques et financières de réalisation du reste de la couverture. En l’absence d’une démarche globale, les espaces urbains pourraient déployer leur offre de services à très haut débit pour la moitié de la population, et laisser les zones les moins denses se trouver face à un opérateur ayant acquis une position de monopole local, sans capacité de négociation. Organiser le déploiement du très haut débit sur les espaces moins denses de façon très articulée avec la dynamique qui va se développer sur les espaces urbains, permet de tirer profit des meilleures conditions économiques de production et de pose, sinon ces conditions optimales ne se représenteront jamais, et le secteur rural ne bénéficiera pas de cet élan économique, et les entreprises de déploiement cesseront leur activité alors qu’il resterait des chantiers à réaliser ».

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