postheadericon THD : Déployer des réseaux autrement pour faire baisser les couts

Pour les acteurs des télécoms, une évidence se fait jour, il faut diminuer la facture du déploiement du THD, qui atteint 20 milliards selon les estimations gouvernementales. La première piste est de jouer sur la techno utilisée sur les derniers mètres avec notamment le câble et le VDSL2. Des solutions critiquées car jugées peu évolutives par rapport à la fibre de bout en bout, en termes de débits comme de services (débits remontants bridés).

L’autre solution est de déployer la fibre autrement. La fibre enterrée subit en effet des coûts incompressibles – tranchées, mains d’œuvre…. –  alors qu’il est possible de réutiliser des réseaux existants : électriques, appuis télécoms, eau et assainissement, rails… Selon une étude menée pour le compte de la FNCRR  les économies potentielles sont énormes. Entre une tranchée neuve et la pose de fibre sur un poteau ERDF, le différentiel est de X 37 et la simple réutilisation des appuis d’ERDF pourrait faire baisser la facture nationale de 5 milliards d’euros. Etudes comprises, un mètre linéaire revient ainsi à 150 euros pour une tranchée, 70 € pour une microtranchée contre 20€ pour un appui Orange ou ERDF. Des avancées ont eu lieu récemment avec l’ouverture par ERDF de son réseau basse et moyenne tension aux réseaux télécoms (voir ce communiqué). L’opérateur a aussi mis à jour son logiciel pour calculer en fonction de différents paramètres – distance entre poteaux, relief, gel… – la capacité de ses installations à accueillir en l’état ou après remplacement des poteaux des infras télécoms. Orange a également publié une offre  d’accès à son réseau d’appuis aériens.

Cependant des points de blocage existent. Ainsi le plan THD exige de réutiliser les fourreaux de France télécom pour l’éligibilité aux subventions d’Etat. Par ailleurs, les réseaux déployées par la SNCF ou les gestionnaires d’autoroutes ne sont pas régulés et – quand ils ont une offre – les tarifs de location de fourreaux sont élevés. Pire, il existe un sentiment d’injustice avec des collectivités qui financent des infrastructures (comme la LGV) mais qui se voient obligées de payer pour louer les fourreaux qu’elles ont contribué à financer. Le sujet devrait cependant s’éclaircir dans les mois à venir. L’Europe a en effet adopté une directive en mai 2014 qui vise à favoriser la réutilisation des réseaux existants pour le THD. Si une grande partie du texte est déjà en œuvre en France, sa transposition devrait permettre d’introduire une régulation des réseaux qui ne sont pas gérés directement par les opérateurs télécoms. Ceux-ci devront proposer une offre à des conditions économiques acceptables.

Il restera pour les collectivités, et notamment les agglomérations, à se doter d’une réglementation d’urbanisme qui soit favorable au déploiement en aérien (au moins dans les quartiers de basse densité) avec des arbitrages parfois difficiles entre la préservation du paysage et l’efficacité des déploiements.

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TIC*