postheadericon Économie Numérique : changer de discours, changer de braquet

L’électricité fait partie des principaux bouleversements économiques des 150 dernières années, et pourtant personne ne parle « d’économie électrique ». L’expression « économie numérique », employée par les gouvernements et l’élite dirigeante, est révélatrice de la méconnaissance des transformations en cours, c’est en tous cas la conviction des députées Corinne Erhel et Laure de La Raudière qui viennent de publier un rapport sur le développement de l’économie numérique.

Les deux élues estiment en effet qu’il est urgent que les politiques, les dirigeants comme les citoyens prennent conscience de « l’impact du numérique sur notre économie, en s’intéressant aux changements qui affectent les différents secteurs économiques, mais également aux modifications qui touchent le fonctionnement même de nos entreprises et de nos organisations ». Si le numérique est une formidable opportunité de croissance – 25% de la croissance française lui est due, le numérique a généré 72 milliards d’euros de PIB en 2010 – l’exploitation de ce gisement implique de « comprendre les nouveaux modèles économiques fondés sur « l’innovation permanente, la captation de la « multitude », des rendements d’échelle jamais atteints ».

Elles estiment que la France et l’Europe disposent de nombreux secteurs d’excellence – sont cités l’internet des objets, la réalité augmentée, les villes intelligentes, le développement de l’e-santé, l’e-éducation,  la robotiques – mais qu’il est temps de « réinventer la politique économique et d’élever le débat autour du numérique au niveau national ».

Face à ces constats sévères, on est un peu déçu car il y a, à quelques exceptions près, peu de  propositions « disruptives ». Elles reposent  sur le triptyque pédagogie/formation, simplification/coordination de l’environnement des entreprises et création de dispositif de financements ciblant des secteurs prioritaires.

Les principales propositions

Formation : Former au numérique du primaire au Capes en passant par la formation continue. Les élèves du primaire seraient ainsi formé au code et l’informatique deviendrait une discipline obligatoire au collège. Un accent particulier serait mis sur la formation de « data scientits ».

Économie : accélérer le déploiement du très haut débit, favoriser la création d’écosystèmes et simplifier la vie des entreprises. Elles proposent notamment d’instaurer un principe d’innovation dans la constitution pour contrebalancer les effets pervers du principe de précaution.

Financement : création de « fonds de fonds » paneuropéens, inciter l’État à investir dans des fonds d’investissement, réserver une part de la commande publique aux achats innovants.

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TIC*