postheadericon Des administrations invitées à faire davantage confiance aux start-up pour leurs besoins informatiques

Tarik Krim, fondateur de la société Jolicloud, a remis récemment au gouvernement un rapport intitulé « les développeurs, un atout pour la France« . Un rapport qui rappelle que les « codeurs » français ont été à l’origine de nombreux succès industriels comme la carte à puce, la CAO ou encore TCP/IP mais dont le savoir-faire bénéficie désormais essentiellement à des sociétés étrangères comme Google, HP, Linkedin… faute d’un cadre propice à l’accueil de leur créativité.

Tarik Krim déplore notamment la frilosité des administrations à travailler avec des start-up. Au paragraphe convenu sur la rigidité et la complexité des marchés publics pour les PME, il ajoute les réticences des administrations à passer par des stratégies SAAS (hébergement dans le cloud), « mobile first » ou encore au modèle Freemium (usage gratuit avec fonctionnalités payantes) « alors qu’elles sont le fondement des modèles des start- up disruptives ». Il souhaite que les administrations sortent « d’une position passive d’attente de propositions en provenance des PME et des start-up et accepter d’expérimenter régulièrement des nouvelles solutions, sans attendre une validation du marché ». Il déplore également que certains secteurs comme la santé, l’énergie ou l’éducation soient préemptés par les grands groupes, les PME ayant au mieux le statut de sous-traitant. Il stigmatise aussi des besoins déconnectés des évolutions technologiques, prenant l’exemple des espaces numériques de travail dont l’architecture, qui date de 1999 « n’a pas été pensée pour la nouvelle génération d’usages mobiles ».

Il plaide pour un Etat exemplaire recourant aux méthodes agiles, à l’innovation ouverte et qui opte pour d’autres méthodes de sélection de ses prestataires informatiques comme l’organisation de concours. Il estime qu’il faut revoir la feuille de route gouvernementale sur le numérique pour« synchroniser la politique industrielle (mobile, objets connectés, cloud), la modernisation de l’action publique (MAP) et les stratégies numériques sectorielles ». Il plaide enfin pour un “Github” Français – qui mixe l’approche des forges de logiciel libre et les fonctionnalités des réseaux sociaux – « permettant aux services de l’Etat, des collectivités locales et de leurs partenaires de structurer l’ensemble des librairies et briques technologiques essentielles de la France, accessibles aux développeurs » et pour la nomination de développeurs « aux postes de responsabilité pour la conduite des projets numériques ».

 

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TIC*