postheadericon Big data : les données mobiles intéressent les métropoles

Appels et SMS reçus et émis, changements d’antenne (hand over) et d’aire de localisation, périodes d’inactivité… Les opérateurs mobiles collectent des milliards de données au travers leurs réseaux d’antennes relais. L’analyse de ces données, dans une logique « big data », permet de connaître les concentrations d’utilisateurs et les trajectoires des téléphones mobilesL’opérateur Orange propose désormais une offre big data  aux collectivités  avec des applications très concrètes. 

La prévision du trafic automobile fait partie des usages les plus évidents. Autoroutes du Sud de la France (ASF) et Orange ont ainsi mis en place depuis 2010 un dispositif d’analyse du trafic automobile sur la métropole toulousaine qui compile les données d’ASF, celles issues de capteurs sur la voirie et les données de connexion au réseau d’Orange. Compilées, ces données fournissent une analyse du trafic en temps réel et permettent d’anticiper les encombrements.

Le secteur du tourisme a également beaucoup à apprendre des données mobiles. Dans les Bouches du Rhône et dans la perspective de Marseille Provence 2013, les données mobile ont permis de mieux connaître les flux touristiques, les lieux fréquentés et le profil des touristes puisque le mécanisme du roaming fournit la nationalité du porteur de mobile. Ces analyses débouchent sur des conclusions très opérationnelles comme une aide au positionnement des bornes WiFi dans les lieux publics (le roaming est coûteux pour les touristes)  ou encore la planification des visites en langues étrangères. Depuis cette expérience, un partenariat entre Rn2D et Orange a permis d’ouvrir ce service à tous les comités départementaux de tourisme qui peuvent observer 5 à 10 zones infra-départementales.

A Rennes, l’expérience avait vocation à matérialiser  les mouvements d’individus à l’échelle d’un quartier. Pendant cinq semaines (octobre-novembre 2013) ont été analysées les traces de géolocalisation laissés par les téléphones d’une quarantaine d’habitants volontaires. Avec pour résultat une analyse jugée très utile par les urbanistes pour mieux évaluer les besoins en équipements commerciaux, culturels et de loisirs,  savoir quand ils sont utilisés dans la journée ou la semaine et déterminer les parcours de mobilité. Une analyse qui pourrait encore être affinée si les aménageurs avaient accès au profil des utilisateurs (retraité, élève, salarié…) mais qui pose de sérieuses questions sur la vie privée. Du reste l’expérience a suscité un enthousiasme modéré de la part des habitants : Orange pensait pouvoir convaincre 200 volontaires et n’en a eu que 40… 

La CNIL suit de près ces expérience et a encadré l’offre « flux vision » d’Orange. Elle a en effet imposé l’usage de données complètement anonymes, sans connaissance du département d’origine par exemple, et interdit les analyses sur moins de 50 mobiles.

Les pistes pour accélérer le secteur des« big data »
Le « big data » fait partie des 34 plans industriels. Des premières pistes évoquées par le groupe de travail planchant sur ce thèmes on retiendra la nécessité d’ouvrir les données des grands industriels aux start-up : Orange, EDF, Veolia, SNCF, Carrefour… pour favoriser l’innovation dans un secteur jugé extrêmement porteur pour la ville intelligente, la santé, les assurances ou encore la distribution. Le pré rapport insiste ensuite sur la nécessité de former des « data scientists » pour que la France soit en pointe sur ce sujet. Enfin il souhaite la création d’une exception au principe de finalité de la loi informatique et liberté. La démarche Big Data vise en effet à exploiter et croiser des dizaines de données sans que l’on sache exactement ce que l’on va trouver…

 

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TIC*