postheadericon Fusions dans les télécoms : vers une remise à plat du plan THD ?

Après un feuilleton aux nombreux rebondissements, Vivendi a tranché en faveur de l’offre de Numéricâble, jugée plus attractive et moins risquée pour le groupe que l’option Bouygues, soutenue par le gouvernement et les représentants des collectivités. Ce rachat va avoir de multiples incidences sur le marché des télécoms. Il est fort possible que ce rapprochement ne soit que la première étape d’une restructuration en profondeur du marché des télécoms. Les rumeurs d’’un rapprochement entre Free et Bouygues Telecom pour faire face aux deux poids lourds, Orange et SFR-Numéricâble vont en effet bon train.

A court terme cependant les questions sont d’ores et déjà nombreuses. On peut par exemple s’interroger sur le devenir de l’accord de mutualisation dans le mobile entre SFR et Bouygues Telecom. Mais c’est surtout sur le très haut débit que la situation ne peut qu’évoluer. La location de fibre optique de Numéricâble à Bouygues sera-t-elle maintenue ? Free et Bouygues vont-ils se mettre enfin à investir dans la fibre ou Orange va-t-il rester le seul opérateur à opter pour le tout FTTH ? Quid des engagements de SFR dans les zones AMII qu’il a préempté, en particulier dans les communes ou Numéricâble a d’ores et déjà investi dans des réseaux câblés de dernière génération (norme DOCSIS 3.0) ? Pour les mêmes raisons, on peut s’interroger sur le devenir de la société SFR-collectivités qui est aujourd’hui un partenaire important des collectivités construisant des RIP ? En tant que FAI, le nouvel opérateur « montera-t-il » d’ailleurs sur les RIP ? Enfin, ce processus de fusion risque de retarder encore un peu plus le chantier de l’extinction du cuivre, sur lequel SFR était jusqu’à maintenant l’opérateur le plus motivé…

Au-delà des situations locales – qui risquent de se traduire a minima par un ralentissement des travaux – c’est le choix de la technologie FTTH, jusqu’alors privilégiée par le gouvernement, qui semble remis en question. Car le très haut débit de Numéricâble est fondé sur la technologie FTTLA – « last amplifier », i.e. en pied d’immeuble, les derniers mètres étant en cuivre - qui reste pour les défenseurs du tout fibre moins performante que FTTH. Mais surtout,  Numéricâble n’a pas pour le moment pas d’obligation d’ouvrir son réseau aux autres opérateurs… ce qui ne l’incite guère à passer aux FTTH.

Autant de questions qui sont sur la table d’Arnaud Montebourg, ministre désormais en charge du numérique, qui a dit qu’il « redoublerait de vigilance » et des régulateurs, autorité de la concurrence et Arcep. Ces derniers vont devoir analyser en profondeur l’impact de ce rapprochement avant de donner leur accord d’ici fin 2014. Il y aura sans doutes des mesures compensatoires sur le THD qui ne manqueront pas d’être examinées de près par les collectivités engagées dans des stratégies THD.

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TIC*