postheadericon Progression des abonnés THD sur fond de grandes manœuvres dans le secteur

L’Arcep s’est félicitée en fin de semaine dernière du décollage du THD avec 2,1 millions abonnés, soit + 200 000 en un trimestre et +28% en un an. Parallèlement 3 millions de logements sont désormais éligibles aux offres FttH, soit une hausse de 9% en un trimestre et de 38 % en un an. Le VDSL fait par ailleurs son entrée dans les chiffres de l’Arcep : on y apprend que désormais 2,3 millions de lignes de cuivre peuvent en bénéficier. Au total résume l’Arcep, 11 millions de logements sont éligibles à des services à très haut débit supérieur ou égal à 30 Mbits/s et 6,5 millions à très haut débit supérieur ou égal à 100 Mbits/s.

Si la dynamique semble là, les interrogations sont nombreuses sur l’impact de la concentration en cours dans les télécoms. Une fusion SFR-Numéricable pourrait en effet réduire l’investissement privé dans la fibre à domicile au seul opérateur Orange, le nouveau groupe étant plutôt tenté de rentabiliser le réseau câblé et la technologie FTTLA (fibre en pied d’immeuble) que d’investir dans les FTTH. Un réseau câblé qui a rappellera-ton un certain nombre d’avantages : pas de contraintes sur les derniers mètres en zone dense, pas d’obligation d’ouvrir le réseau aux autres opérateurs et possibilité, via les délégation de service public, de faire payer la modernisation du réseau aux villes… Des avantages que ne possèdent pas la fibre jusqu’à l’abonné. Orange pourrait en outre se retrouver être le seul opérateur à effectivement construire un réseau FTTH. On peut aussi se demander ce que deviendront les conventions signées entre SFR et les collectivités lorsque le réseau que l’opérateur s’est engagé à mettre en place couvre des zones câblées…  Le scénario Bouygues-SFR avec cession des antennes Bouygues à Free semble en revanche plus favorable : libéré de ses obligations de construire son réseau mobile, Free pourrait en effet revenir sur le chantier de la fibre à domicile sur lequel il est quasi absent.

Enfin, dernier point et non des moindres : en passant à trois opérateurs mobiles au lieu de quatre, la revente de fréquences envisagée par l’Etat, soit 3 milliards d’euros  risque d’être compromise  comme le souligne La Tribune. Or, la vente de fréquences est en théorie destinées à assurer (entre autres) la part État du financement des réseaux d’initiative publiques, le FSN étant désormais à sec… Ce serait une mauvaise nouvelle pour les territoires.

Quel que soit le regroupement final, il est donc à prévoir une sérieuse mise à jour du plan THD et de la régulation dans les mois qui viennent…

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TIC*