postheadericon Informer sur la réalité des débits : pas si simple

Suite à la polémique sur la réalité des débits proposés par la 4G et VDSL2, le gouvernement a annoncé qu’il allait prendre un arrêté visant à encadrer la communication des opérateurs en matière de débits. Un texte qui serait co-élaboré, selon les Echos par la direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), la ministre déléguée à l’Économie numérique, Fleur Pellerin, et le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon. Cette réglementation répond à une attente réelle des particuliers, mais aussi des collectivités qui souhaitent, au-delà des cartes ADSL produites par les opérateurs, connaitre la réalité des débits, dans le but notamment de donner priorité à ces zones pour le passage au FTTH.

La tâche s’annonce cependant difficile car beaucoup de paramètres entrent en compte dans la qualité d’une connexion :

  • La distance au DSLAM (pour l’ADSL)
  • L’existence de liaisons en fibre optique pour le raccordement à l’infrastructure de collecte (point particulièrement important pour les pylônes 4G mais aussi pour les NRA)
  • La qualité du câblage interne à l’immeuble ou à l’habitation (ADSL, câble…).
  • La densité d’utilisateurs (déterminante pour une connexion mobile, donnée qui est très variable dans le temps)

Or, si pour le premier point (distance au DSLAM) les données existent et les sites des opérateurs/comparateurs permettent de déterminer l’éligibilité de son logement aux différentes offres, ce n’est pas le cas pour les autres paramètres que les utilisateurs découvrent souvent après avoir installé leur box. Par ailleurs, la notion de débit n’est pas claire pour la majorité des utilisateurs plus sensibles aux services disponibles (internet / téléphone IP / TV) qu’à un chiffre qui reste très abstrait. Enfin, si l’on veut valoriser la fibre optique, il faudrait aussi intégrer la notion de débit ascendant pour différencier la fibre (débits symétriques) de l’ADSL/VDSL et du câble (ce dernier disposant lui même de plusieurs offres)…

Face à cette complexité un simple affichage des débits parait une réponse assez insuffisante. Il vaudrait mieux réfléchir à une opposabilité des offres des opérateurs pour éviter par exemple aux consommateurs de se faire vendre un ADSL qui n’offre pas tous les services attendus. Il faudrait sans doute également donner davantage de visibilité aux mesures effectuées par les utilisateurs – l’Arcep avait annoncé travailler là-dessus – ce qui permettrait notamment de mieux cerner la réalité des débits réels de la 4G et du VDSL2.

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TIC*