postheadericon Open data local : une impasse économique ? pas tout à fait

Les villes de Nantes, Rennes Montpellier ou Bordeaux font toutes le même constat : si l’argument du développement économique et de la création d’emplois a pu servir de moteur à l’ouverture de leurs données, les résultats ne sont pas aux rendez-vous. Les concours d’application lancés par ces villes ont vu l’émergence de projets intéressants – la plupart sur la mobilité, d’autres en lien avec la culture le patrimoine, l’accessibilité – mais sans retour sur investissement tangible pour les développeurs. Il faut dire que ces villes n’ont pas la taille de leurs modèles américains (Sans Francisco, New York) et que la multiplicité des collectivités n’aide pas à voir l’émergence d’un substrat de données à même de garantir ce ROI…

Ce diagnostic est cependant plus nuancé car trop centré sur les applications mobiles. Or ces dernières, à de rares exceptions près, ne sont pas rentables. Beaucoup ne servent que de faire-valoir à des développeurs qui se font ainsi des références, dans l’espoir de gagner des commandes. Par ailleurs, un certain nombre « d’externalités positives » à l’Open data ne sont aujourd’hui pas mesurées. Par exemple, le fait de mettre en ligne les données d’entrée/ sortie du métro n’est pas très intéressant en soi. Ces statistiques ont cependant permis à la presse gratuite de mieux positionner/ quantifier le nombre de journaux à acheminer dans chaque station. Avec à la clé des gains difficilement mesurables par la collectivité, mais qui sont tangibles pour l’entreprise. Le second bénéfice pour la collectivité est de faciliter l’accès de ses propres agents à des données jusqu’alors disséminées dans la collectivité et qui circulaient mal. L’Open Data contribue ainsi à la transversalité et donc indirectement à la productivité des services.

Pour aller plus loin, les collectivités pilotes insistent sur la nécessité d’animer l’open data, de multiplier les partenariats locaux et de créer une « culture de la donnée » partagée par la collectivité et l’ensemble des habitants. A Montpellier, la ville a travaillé avec Open Street Map sur des « cartoparties ». Des réunions destinées à travailler un thème particulier – en l’occurrence le handicap – et dont la particularité est de parler de tout… sauf d’open data. Ces réunions voient la participation de personnes aux profils variés (cartographes, personnes handicapées, informaticiens… geeks et retraités), permettent au public cible de s’approprier le sujet et contribuent à améliorer la qualité des publiées sur le portail. En l’occurrence, au-delà des services publics, des données d’accessibilité des commerces ont été ajoutées. Des données sur l’implantation des commerces qui peuvent à leur tour être utilisées par le service chargé de l’occupation du domaine public, avec à la clef des recettes supplémentaires pour la collectivité.

Voir aussi le site de Simon Chignard sur l’animation de l’Open Data

Les ministères rappelés à l’ordre
Le 17 Septembre 2013, le Premier ministre a adressé à l’ensemble des ministres une circulaire rappelant l’importance de la politique d’ouverture et de partage des données publiques. « C’est le moyen d’une transparence et d’une efficacité accrues de l’action publique  » et « un facteur de développement économique » rappelle cette circulaire. Elle est accompagnée d’un Vade-mecum destiné à faciliter l’appropriation concrète de cette politique et de ses enjeux.

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TIC*