postheadericon Issy grid démontre la nécessité de faire évoluer la réglementation

Le consortium IssyGrid* a fait un point d’étape sur son projet de réseau électrique intelligent à l’échelle du quartier Seine Ouest. Ce projet de smart grid, intégralement financé par des entreprises privées, intègre plusieurs immeubles de bureaux, près d’une centaine de logements ainsi qu’une partie de l’éclairage public du quartier. Dans les prochains mois l’expérience sera étendue à l’écoquartier du Fort d’Issy et intégrera les réseaux de chaleur.

Au cours des derniers mois plusieurs actions ont été entreprises :

  • l’installation de compteurs et de système de visualisation des consommations énergétiques en temps réel dans 94 logements,
  • l’installation d’une infrastructure communicante dans des immeubles de bureau permettant de lancer des “épisodes d’effacement de charge” en heure de pointe,
  • la mise en œuvre de lampadaires intelligents dans trois rues pour adapter l’éclairage aux conditions météorologiques et à l’intensité lumineuses,
  • L’installation d’un poste de distribution électrique reliant des installations photovoltaïques au réseau basse et moyenne tension,
  • Le développement d’un outil de prévision de production d’énergies renouvelables (ENR) locales,
  • La mise en œuvre d’un système d’information pour mesurer les consommations énergétiques à l’échelle d’un quartier.

Le principal mérite de ce pilote est de tester un réseau électrique intelligent à une échelle locale avec un panel d’acteurs représentatifs de l’écosystème des smartgrids : promoteur immobilier, opérateur télécom, équipementier, intégrateur, spécialistes de la domotique ou de la datavisualisation… et les incontournables EDF / ERDF. Ses résultats en termes d’économies d’énergie apparaissent cependant pour le moment assez modestes. Les gains les plus importants portent sans surprise sur l’éclairage public avec une réduction de la facture estimée à 40%. Mais l’éclairage public « intelligent » est un domaine désormais assez éprouvé et qui n’a pas attendu les smartgrids pour se développer. Au niveau d’une tour de bureau, il a aussi été démontré que l’on pouvait remplacer en pleine canicule l’utilisation de la climatisation la journée par du froid produit au cours de la nuit précédente lorsque l’électricité est moins onéreuse (économie d’environ 500 kWh). Enfin, au niveau des logements, la principale difficulté a porté sur l’implication des habitants. Leur participation active passe par des médiateurs, l’utilisation d’un vocabulaire adapté (les notions de courbe de charge et de Kwh restent abstraites) et par la possibilité donnée à l’usager de se comparer par rapport à des profils de foyers ayant les mêmes caractéristiques.

Pour aller plus loin, l’ensemble des acteurs sont d’accord sur la nécessité de faire évoluer la réglementation pour faire en sorte que le smartgrid à l’échelle locale se traduise par des avantages économiques tangibles, pour les particuliers, les collectivités comme pour les entreprises. Plusieurs pistes ont été évoquées : la création d’un statut de producteur local d’électricité à même de revendre localement sa production excédentaire (par exemple le WE pour une entreprise ou une collectivité), l’évolution de la définition des heures creuses pour les ENR ou encore la création d’un tarif d’acheminement de l’électricité différencié en fonction de la présence ou non d’ENR au niveau local. Le consortium promet de faire des propositions mais il n’est pas certains que sur ce sujet les intérêts des parties prenantes au consortium soient convergents… Il reviendra donc aux politiques de se saisir de ce sujet.

*Ville d’Issy-les-Moulineaux, Bouygues Immobilier, Alstom,Bouygues Energies & Services, Bouygues Telecom, EDF, ERDF, Microsoft, Schneider Electric, Steria, Total.

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TIC*