postheadericon Les paradoxes de la confiance numérique

L’ACSEL et la Caisse des Dépôts ont publié la troisième édition de leur baromètre de la confiance numérique. Selon ses auteurs, ce baromètre* marque « une érosion de la confiance malgré la mise en place et le renforcement de leviers de réassurance multiples ». Ainsi le taux de confiance en matière d’eCommerce était de 56% en 2011 et passe à 53% en 2013, celui concernant les réseaux sociaux de 35% à 32% et celui de l’eadministratrion de 79% 69%… soit -10%. Des résultats qui s’expliquent notamment par les craintes sur les données personnelles avec 92% de répondants qui estiment que qu’il faut une limite à la conservation des données personnelles et 75% quirefusent d’être géolocalisés. Concernant les administrations, le premier risque perçu est celui d’une utilisation abusive des données (40%) devant le risque d’erreur sur l’identité et la consultation des données par un tiers.

Ce sondage appelle plusieurs remarques :

  • Le manque de confiance ne signifie pas un blocage des usages : l’ecommerce ne cesse de croitre et le « manque de confiance » n’a pas empêché cette année encore la télédéclaration de revenu de battre des records… Quant aux réseaux sociaux, alors que les craintes des internautes trouvent une réalité avec les récentes affaires (PRISM et autres), leur usage est loin de s’effondrer même si 41% estiment que « rien de peut leur donner confiance dans ces sites »
  • L’effritement de la confiance ne signifie pas que les personnes interrogées ne sont pas réceptives à l’innovation. Ils sont ainsi favorables à 62% à la transmission d’attributs d’identité entre administrations (21% entre secteur public et privé) et 72% estiment qu’il y a pas de différence entre le mobile et le PC en matière de sécurité.
  • La technique ne résout pas tout : ainsi les répondants sont 39% à estimer que qu’un des leviers de la confiance dans l’e-administration est… la confiance dans l’administration. Une tautologie qui en dit long sur la traditionnelle défiance de nombreux français dans l’administration et qui montre bien que la confiance ne se décrète pas mais se construit dans des relations qui ne passent pas que par le numérique.

*enquête réalisée en ligne auprès de 772 internautes en février 2013.

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TIC*