postheadericon Le rapport Lescure invite les bibliothèques à entrer pleinement dans l’ère numérique

Si la taxation des smartphones et l’absorption de l’Hadopi par le CSA ont retenu l’attention des médias nationaux, le rapport de l’ex PDG de Canal + sur l’exception culturelle à l’ère du numérique comporte également, parmi ses 80 propositions, des préconisations qui pourraient impacter les collectivités territoriales. Le rapport considère en effet que « le numérique doit être considéré comme le canal essentiel d’exploitation des œuvres et que la disponibilité numérique des œuvres doit être un préalable à toute forme de soutien public ». Aussi, le rôle de médiation culturelle des bibliothèques et des médiathèques doit-il être adapté à l’ère numérique. Le rapport invite les pouvoirs publics à agir sur plusieurs fronts : la numérisation du patrimoine ancien mais surtout la diffusion des œuvres récentes et notamment des livres, de la musique et de la presse qui existent aujourd’hui rarement sous forme numérique (1% de l’offre). Face à une offre commerciale très limitée et à des dispositifs techniques et modèles économiques trop disparates (utilisation du CD jugé obsolète, manque d’interopérabilité, mode de commercialisation dissuasif pour les bibliothèques…), le rapport invite à créer un cadre juridique au « prêt numérique » et à conclure des accords globaux avec les représentants des auteurs et des éditeurs.

Les propositions concernant les bibliothèques

23. Inciter les éditeurs à mettre en place, sur une base volontaire, une gestion collective des usages numériques en bibliothèque. A défaut, ouvrir une réflexion à l’échelle communautaire, en vue d’une éventuelle révision des directives 2001/29 et 2006/115.

24. Encourager le développement d’offres en bibliothèque reposant sur un contrôle d’accès à l’abonnement et sur des DRM de type “tatouage numérique” et modifier la loi sur le prix unique du livre numérique pour obliger les éditeurs à proposer une offre claire, transparente et non discriminatoire spécifique en direction des bibliothèques.

25. Inscrire dans les dispositifs d’aide publique une incitation au développement de l’offre numérique en bibliothèque.

4 réponses à to “Le rapport Lescure invite les bibliothèques à entrer pleinement dans l’ère numérique”

  • Je suis intrigué par l’expression « utilisation du CD jugé obsolète ». Cette formulation figure-t-elle dans le rapport Lescure ?

    Que le CD ne soit plus l’unique vecteur de diffusion de la musique enregistrée est un fait indéniable. Cela dit le marché physique [la vente de CD] représentait 2012 encore 60% du marché de la musique enregistrée. Le marché numérique (streaming, téléchargement, téléphonie mobile) avec pourtant une croissance de 13% ne représente que 21% du marché.
    Si le prêt de CD a baissé dans les bibliothèques, il reste très conséquent. Et la présence de la musique enregistrée sous la forme d’un support physique reste aujourd’hui indispensable en bibliothèque. Comme le rappelle le manifeste de l’ACIM : Manifeste : La musique a toute sa place en bibliothèque http://www.acim.asso.fr/2011/06/la-musique-a-toute-sa-place-en-bibliotheque/ (juin 2011)

  • c’est certainement un raccourci. de ma part ;-( néanmoins, une bonne partie des ordinateurs vendus n’ont plus de lecteurs de CD, les tablettes encore moins… et la majeure partie des jeunes écoutent/regardent les contenus audiovisuels sur mobile… Enfin les ventes d’ordinateurs traditionnels s’effondrent et les services clouds explosent…. on dira en voie d’obsolescence !!!
    la nécessité de s’adapter – d’une transition…- parait donc plus que s’imposer !
    oD

  • Bonjour,
    On pourrait faire un autre raccourci qui laisserait à penser que ce sont les « moins jeunes » et les « moins riches » qui sont en voie d’obsolescence. En effet, tout le monde possède le dernier cri en matière technologique et a les moyens de se l’offrir.
    Les bibliothèques sont là pour tenter de remédier à la fracture numérique et à la crise. Et si il y a effectivement une transition à faire, devra-t-elle se faire aux dépens des plus pauvres et des moins connectés ?
    Tant que l’offre des bibliothèques trouve son public, est-il indispensable, sous prétexte de « modernité » de passer à une offre diminuée ? La modernité est nécessaire pour évoluer mais pour proposer plus pas proposer moins.

  • Certes il y a une transition a organiser mais l’obsolescence technologique et l’évolution des pratiques est un fait. Faut-il continuer de proposer des disquettes souples sous prétexte que quelques ordinateurs ont encore un lecteur de disquettes ? l’avenir est au cloud computing et le meilleur moyen de donner de donner accès à la culture au plus grand monde est de développer le très haut débit. le véritable enjeu est là, pas dans le support.

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TIC*