Loi Hadopi : pare-feux et listes blanches pour les points d’accès publics
Lors de l’audition de la ministre de la Culture, Christine Albanel, sur son projet de loi sur le projet favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet (dit Hadopi), plusieurs députés ont fait part de leur scepticisme sur l’efficacité des mesures prévues par le texte et sur le décalage entre la loi et les nouvelles pratiques comme le streamming, le cryptage des réseaux, le nomadisme, le 3G ou encore leWi-Fi. Concernant les points d’accès publics, Mme Albanel a expliqué que la nouvelle autorité (hadopi) « pourra enjoindre collectivités locales, universités ou entreprises de prendre des mesures préventives pour éviter l’utilisation des bornes Wi-Fi sans aucun frein. C’est ainsi que le CGTI a préconisé la mise en place d’un portail blanc, n’ouvrant l’accès, à partir des bornes Wi-Fi, qu’à certains sites dont la liste serait établie en concertation avec toutes les parties ». De même, les collectivités seront invitées à installer des filtres sur leur passerelle d’accès internet pour éviter que des agents n’utilisent leur connexion internet professionnelle pour pratiquer le téléchargement illégal. La ministre de la Culture a été en revanche moins convaincante sur la question du développement du streamming (lecture de flux vidéo ou audio qui tend à se substituer au téléchargement) et sur la difficulté qu’auront les ayant droits de prouver que telle personne était bien derrière telle adresse IP lors du téléchargement illégal d’une œuvre protégée.
C’est à peine imaginable de vouloir limiter le web à quelques milliers de sites au moment où des millions d »internatutes produisent des contenus par leurs blogs, leurs sites associatifs, leurs photos vidéos mises en ligne.
Ainsi les habitants d’une ville n’auront plus accès aux sites des associations de leur cité ni à ceux de leurs centres d’intérêt puisqu’il est impossible de saisir les milliers de sites qui se créent chaque jour.
A un moment où l’on parle de société de la connaissance, du vivre ensemble voila que nos responsables des ministères imaginent un système que même la Chine n’a pas mis en place !
C’est le web 0.5, le retour au minitel !
Une grave incompréhension du web depuis sa création comme réseau d’échanges ouverts qui inventent de nouveaux usages, facilitent la production de contenus au fur et à mesure de l’avancée des outils technologiques et du haut débit.
Côté économie que représentent ces connexions en accès ouvert dans l’océan des échanges numérisés, un pour dix mille ?
Les bibliothèques n’ont pas tué les librairies en quoi quelques points d’accès publics ouverts qui rendent un service bien utile sont un danger pour les opérateurs ?
S’il y a quelque chose à réguler ce sont ces couts exhorbitants des plate formes payantes d’accès wifi qui vous font payer quelques euros par jour une connexion partagée qui ne revient à presque rien.
Je suis curieux de savoir ce qu’en pense la nouvelle secrétaire d’état ?
J’espère que ce projet sera mort né comme tant d’autres idées de contrôle policier du web et de l’expression qui fleurissent aujourd’hui !
et j’espère qu’il ne se trouvera pas de personnes pour cautionner la constitution de telles listes !
Michel Briand élu en charge des TIC à Brest
Cette liste va-t-elle contenir des sites étrangers? Quid d’un homme d’affaire finlandais qui vient en France, pourra-t-il se connecter à son extranet? Pourra-t-il utiliser cette connexion wifi pour contacter, par exemple, un service public finlandais?
Même question pour le chinois, le farsi, l’arabe, le thaï, le telougou et le javanais, ainsi que les centaines d’autres langues que l’on est susceptible d’utiliser sur internet.
Nous sommes en train d’utiliser les vieilles armes, celle d’un autre âge, pour s’attaquer à un phénomène actuel et même futur.
Je ne suis pas persuadée que les actions de restriction des libertés et de répressions soient en mesure de juguler les soucis rencontrés dans le domaine de la création sur internet.
En effet un ordre nouveau se construit sous nos yeux et nous poursuivons comme si de rien était à légiférer comme avant . Pourquoi ne pas poser le problème différemment puisque que celui engendré est économique , posons le en ces termes? Le modèle économique attaché à la création artistique, musicale et cinématographique est – il encore adapté aux nouveaux outils de diffusion existants et à venir, aux nouveaux usages et mode de consommation..?.Voila entre autre une des questions qui auraient ou être posées.
Je reste très perplexe quant aux mesures de restriction sur le WEB car elles sont en parfaite négation avec l’ampleur du ras de marée internet qui a envahi le monde entier y compris des pays moins ouverts que le notre : ceux sont les valeurs de liberté et de partage, d’ouverture sur les possibles; cette approche a été un formidable moteur économique et technologique. Je doute fort que revenir sur ces aspects fondamentaux soit une réponse à la donnée économique à préserver sur ce marché artistique.
Pascale LUCIANI-BOYER
Maire adjoint et vice Présidente de la commission TIC de l’AMIF
Administrateur de l’agence ARTESI Ile de France
[...] Françis Lalanne adopte le principe des développeurs pour « libérer la pensée » comme les développeurs pour » libérer le code » et propose de sortir prochainement ses œuvres chansons, textes, films sous licence libre. A suivre …. Francis Lalanne – Poète Lire aussi le commentaire de pascale Luciani-Boyer et Michel Briand sur le site des grandes villes de France : cliquer ici [...]