postheadericon L’IGN mise sur son API pour booster les usages du Géoportail

L’IGN a officiellement lancé mardi 2 octobre la nouvelle version du Géoportail. Inauguré en 2006, ce site permet de visualiser différentes couches de données, dont celles du référentiel à grande échelle (le RGE et ses 4 bases orthophotographique, topographique et altimétrique, parcellaire, adresse et altimétrique) et celles que la directive européenne Inspire oblige les États membres à publier. Aujourd’hui, 90 couches sont ainsi consultables sur le Géoportail : forêts, monuments, littoral, parc naturels, cartes anciennes… A signaler que plusieurs grandes villes (Bayonne, Bordeaux, Montpellier, Metz, Strasbourg…) permettent la visualisation de données locales sur le Géoportail et /ou leur téléchargement sur le Géocatalogue.Une liste amenée à s’enrichir dans les années à venir avec en particulier l’intégration des PLU (un pilote est en cours dans les Hautes Pyrénées), des zones de limitation de vitesse ou encore des zones à risques.

L’interface présentée par la version 3 a vu l’intégration de nouvelles fonctionnalités (possibilité d’impression de cartes, espace personnel de stockage, envoi de liens permanents vers une carte….) et l’ergonomie a été totalement repensée. Par ailleurs le Géoportail est accessible sur mobile via un site dédié offrant un accès simplifié.

Parallèlement au Géoportail, l’IGN propose une nouvelle API – interface de programmation – qui permet à des tiers de réutiliser les données du Géoportail pour  la visualisation de leur propres données géographiques. C’est le cas par exemple des SIG des collectivités qui peuvent récupérer les fonds de carte de l’IGN pour ajouter des données locales sur l’urbanisme, le cadre de vie, l’environnement… A noter que cette réutilisation des données du RGE est, depuis le contrat d’objectif de l’IGN 2010-2013, gratuite pour les (seules) collectivités. Depuis juillet, le nombre de connexion via l’API (site internet tiers, applications mobiles…) a dépassé celui des connexions directes au site Géoportail, un signe interprété par l’IGN comme celui de la « réussite » du Géoportail dans sa vocation à faire émerger d’autres services.

L’institut reste en revanche très en retrait sur l’Open Data et le mot n’a pas été prononcé par le directeur général lors de la présentation de la V3. L’IGN estime en effet que seule la gratuité de visualisation des données entre dans sa mission de service public, le paiement des redevances liées à la réutilisation des données IGN étant en outre indispensable à l’équilibre budgétaire de l’établissement public.

5 réponses à to “L’IGN mise sur son API pour booster les usages du Géoportail”

  • L’opendata n’a en effet pas été abordé, ce n’était pas vraiment le sujet du jour ; sur ce plan, l’IGN a déjà pris ou accompagné un certain nombre d’initiatives ; on peut lister les actions suivantes :
    - diffusion gratuite des informations géodésiques, et de nivellement, ainsi que des données du RGP (Réseau GPS permanent),
    - diffusion gratuite des fichiers RGC, GeoFLA départements, BD ALTI 250, 500 et 1000, BD CARTHAGE, trait de côte Histolitt depuis de nombreuses années ; les fichiers disponibles ont été significativement enrichis GeoFLA Communes , SCAN1000,) à l’occasion de l’ouverture fin 2011 de la plate-forme data .gouv.fr
    - Clichés photographiques ancien dématérialisés ; 1,3 million de clichés sont dématérialisés, soit 50% de l’archive photographique IGN sur la France. Plus de 800 000 clichés sont disponibles au téléchargement sur le Géoportail dont une couverture complète pour la décennie 1950-1960.
    - Cartes du patrimoine cartographique, cartes de Cassini (fin XVIII°s) et cartes de l’état-major (fin XIX°s).
    - en 2010, gratuité de toutes les données IGN pour l’enseignement et la recherche,
    - en 2011, gratuité du RGE pour toutes les entités chargées d’une mission de service public ; cette modalité est bien sûr largement utilisée par les collectivités locales.
    - Adoption, pour les diffusions gratuites pour tous, des modèles de licences ouvertes proposés par les pouvoirs publics, licence APIE « gratuite » , puis licence LO/OL mise au point par la mission Etalab ; requêter « IGN » sur http://www.data.gouv.fr/ fournit 140 résultats.

    Cette page résume l’ensemble de ce qui est disponible aujourd’hui : http://professionnels.ign.fr/gratuit

    Enfin, l’adoption par le Géoportail 3 de la projection Mercator sphérique et du standard WMTS est en soi une ouverture vers la création de données librement réutilisables ; sur ce point, on relira pour plus de précisions ce lumineux billet de retour sur l’API IGN : http://www.neogeo-online.net/blog/archives/1740/ ainsi que le précédent qui est une synthèse des avancées techniques récentes : http://www.neogeo-online.net/blog/archives/1727/

  • OpenData:

    L’open data ne se reduit pas seulement a la diffusion gratuite de donnees.
    Il faut aussi qu’elles soient diffusees dans un format reellement exploitable, par exemple d’apres les retours de la communaute OSM il semble que cela ne soit pas le cas pour les reperes geodesique pour le moment.
    Last but not least le Open veut dire ouvert comme licence ouverte et la pluparts des donnees « Open data » ou presentees comme telles ne sont pas compatibles avec les licences ODBL ou Creative Commons car il y a une clause de non utilisation commerciale !
    Si l on prend ces 3 criteres en compte je doute que la liste des donnees Open Data publiees par l IGN reste aussi fournie

  • tenshu:

    Attention M. Chaumet au risque de passer pour tatillon mais Open Data ne signifie en aucun cas gratuité.
    Mais liberté de : copier, distribuer, utiliser, modifier et produire une œuvre dérivée.
    L’IGN pourrait très bien diffuser ses données sous licences libre en faisant payer les coût de diffusion.
    Encore que ça serait gonflé puisque ce sont les impôts des citoyens qui permettent à l’IGN la collecte de ses données.

  • @tenshu @Opendata
    merci pour vos commentaires à mes propos que vous semblez surinterpréter en matière de gratuité.
    Les puristes et anglicistes se référeront aux sources en la matière pour constater que la tendance vers la gratuité est souhaitée par le mouvement opendata (cf point 10): http://sunlightfoundation.com/policy/documents/ten-open-data-principles/
    Ce point a été bien pris en compte par par la mise en oeuvre qui en a été faite sur la plateforme publique http://www.etalab.gouv.fr/pages/licence-ouverte-open-licence-5899923.html ; il y est en effet expliqué que la licence permettant la prise en compte de ce mouvement opendata dans le cadre des données publiques est « une licence ouverte, libre et gratuite ».

    Pour ma part, j’explique donc que « l’IGN a déjà pris ou accompagné un certain nombre d’initiatives » allant dans ce sens, dont des initiatives en matières de gratuité, parfois limitées à certains usages.
    De plus, et j’avais réservé ce point pour le dernier paragraphe de mon commentaire pour le mettre en relief, les services délivrés (API Géoportail) permettent désormais à ceux qui le souhaitent, de créer leurs propres données qu’ils auront la liberté de placer librement sous le régime de licence qu’ils choisiront. Ce point est certainement le plus important.

    Il reste qu’en effet l’IGN, sans ignorer le mouvement opendata, n’a pas à ce jour d’objectif particulier en la matière autre que celui de se conformer à la loi et d’assumer les missions de diffusion inscrites à son statut; il a en revanche l’obligation bien concrète et vérifiée par les pouvoirs publics de compléter, par des recettes commerciales, un budget général que les « impôts des citoyens » ne lui permettent pas d’équilibrer.

  • L’API Géoportail permet d’afficher la majorité des données disponibles sur le Géoportail. C’est également une « boîte à outils » logicielle qui propose notamment des interfaces de navigation et de zoom, de mesure de distance et de surface, ainsi qu’un moteur de recherche par lieu ou adresse. Elle est aujourd’hui exploitée par plus de 4 000 sites utilisateurs.

TIC*