postheadericon Prud’homales : le vote par internet n’a pas été un remède à l’abstention

Après la déception des élections pour l’assemblée des français de l’étranger, l’utilisation du vote par internet pour les élections prud’homales (à Paris uniquement) avait valeur de test pour un mode de vote qui suscite toujours beaucoup de réticence eu égard au manque de fiabilité du procédé. Force est de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : Sur 1,3 million d’électeurs inscrits à Paris, 78 654 seulement, soit 5,82 % des inscrits ont eu recours au vote par internet. On peut certes incriminer le manque de publicité fait autour de cette modalité de vote – le vote par internet avait lieu de plus avant les « élections papier » – mais ce n’est en tout cas pas le remède miracle à l’abstention vanté par les fournisseurs de solutions de vote électronique. Par ailleurs, plusieurs bugs sont venus, une fois de plus, entacher la crédibilité du vote électronique. D’une part la CGT a eu la surprise de constater l’absence d’une ligne Confédération générale du travail aux utilisateurs sous certaines versions du navigateur Firefox . Ensuite, à l’occasion du dépouillement, un dysfonctionnement dans l’impression des listes d’émargement a eu lieu, nécessitant la récupération des copies de sauvegarde (avec intervention d’huissiers et des assesseurs des syndicats). La CNIL a du reste précisé dans un communiqué qu’ »elle n’avait, en aucune manière, validé les modalités techniques de réalisation de ce vote électronique ».
On soulignera une fois de plus que la technologie n’est pas, en soi, une solution au problème de l’abstention. L’implantation de bureaux de vote dans les entreprises, le rapprochement de l’urne physique et de l’électeur, s’est de fait révélé beaucoup plus efficace dans ce domaine : Le taux de participation aurait dépassé 50 % chaque fois qu’un bureau de vote était installé sur le lieu de travail des salariés.

Une réponse à to “Prud’homales : le vote par internet n’a pas été un remède à l’abstention”

  • Isséen:

    Il est étonnant que nos élus choisissent parfois de mauvaises réponses à de vraies questions. En l’occurrence, pour lutter contre l’abstention aux élections des prud’hommes l’installation des bureaux de vote dans les entreprises semble LA solution, mais l’avenir montrera sûrement que le choix se portera plutôt sur une nouvelle extension du vote par Internet.

    Un autre vote par Internet a eu lieu début décembre à Issy-les-Moulineaux pour élire des Conseillers de quartier. La participation sur le corps électoral potentiel est de l’ordre de 3 %, et près de 30 % des inscrits n’ont finalement pas voté (il fallait faire la démarche de s’inscrire au préalable pour participer à ce scrutin) ; ce qui, pour une ville aussi technophile, démontre bien le manque d’intérêt et de confiance accordé par la population à ces votes confiés à des entreprises privées sans contrôle possible du citoyen.
    Il est également à noter que dans son courrier rendant un avis favorable pour cette élection, la Cnil souligne que « le formulaire d’inscription en ligne ne comporte pas les mentions d’information prévues à l’article 32 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée en 2004 » sans que ce manquement à la loi ne soit sanctionné. Par ailleurs il est rappelé que « certains points du dispositif… font actuellement l’objet d’une analyse approfondie… » : quand ? comment avoir l’information pour le citoyen ? pourquoi utiliser ces systèmes sans que toutes les études aient été faites et diffusées ? …

    Enfin il est étonnant que le parti politique actuellement au pouvoir soit aussi obstiné sur le sujet (seul contre tous les autres partis) alors que pour ses propres élections internes menées via Internet, les contestations parfois judiciaires et les suspicions sont régulièrement citées par la presse ; par exemple :

    http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2008/12/15/article_20e-circonscription-l-election-du-delegu.shtml

    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=962951&clef=ARC-TRK-D_01
    http://www.lejdd.fr/cmc//politique/200832/embrouilles-chez-les-jeunes-ump_137997.html

    Cela ne peut que renforcer le combat des citoyens pour rester des acteurs actifs et présents dans le contrôle et la transparence des scrutins : seule source de la légitimité des élus.

TIC*