Accessibilité web et diversité des contenus du web public
Pour le Forum des droits sur l’internet le périmètre de l’obligation d’accessibilité pesant sur les contenus diffusés sur les sites web publics peut être défini de la façon suivante :
« En l’absence de mention restrictive particulière de la loi, il faut entendre l’obligation comme s’appliquant à l’intégralité des contenus diffusés par les services de communication publique. Toutes les pages d’un site internet doivent par conséquent être mises en conformité aux règles de l’accessibilité, sans qu’il y ait lieu de mettre en œuvre de traitements différenciés ou prioritaires pour certains services, pages ou rubriques. »
Cette définition et l’absence totale d’exceptions (hormis les archives) risquent de poser de sérieux problèmes aux collectivités. Si la mise aux normes sera aisée pour les contenus textes – délibérations, annuaires, marchés publics, formalités administratives… qui constituent (heureusement) l’essentiel d’un site public – on peut se demander ce que signifie techniquement un système d’information géographique ou encore un service de télépaiement accessible aux handicapés…
En outre, qu’adviendra-t-il des sites culturels ou touristiques portés par des collectivités publiques qui usent abondamment – pour des raisons parfois tout à fait légitimes – d’animations flash, de simulations 3D, de vidéos et autres applications web 2.0 notoirement peu accessibles aux handicapés ? Certes on peut miser sur l’amélioration des technologies, mais il y a là incontestablement un risque d’appauvrissement du web public. Alors que le décret accessibilité doit paraitre de façon imminente, l’AMGVF a soulevé cette question à la DGME.
En tant qu’internaute et citoyen, je ne suis pas sûr de comprendre cette inquiétude pour les animations Flash, les simulations 3D et autres contenus dits «riches». Je ne suis pas sûr que la mission des différents services publics soit de produire des sites kikoolol, alors que l’attente serait plutôt sur deux points:
1. accéder à des informations pratiques complètes, rédigées efficacement, et à jour;
2. pouvoir effectuer un maximum de tâches administratives en ligne.
L’un comme l’autre (et c’est là que je prend ma casquette web) s’accommodent très bien d’une démarche d’accessibilité bien conçue.
Bien sûr, les différentes institutions publiques produisent également des sites évènementiels, et des sites pour lesquels l’attractivité — qui peut passer par des contenus dits riche — est importante. Je pense notamment aux sites de promotion du tourisme. Mais l’importance donnée à ces contenus est à mon avis exagérée, de même que les craintes sur leur mise en accessibilité. La DGME ne manquera pas de vous faire une réponse à ce sujet, mais notons dès maintenant que:
- L’accessibilité des vidéos peut être traitée par des transcripts et la mise en place de sous-titrage (des solutions de production existent pour créer les deux contenus, sous-titres et transcript, via un même outil). Les contenus audio peuvent également faire l’objet d’un transcript ou d’une déclinaison sous la forme d’un article.
- De même, pour de nombreux contenus dits riches il est possible de rédiger des pages d’information, brèves ou non, reprenant les principales informations données. Cela se gère assez simplement dans tout site bien conçu (c’est à dire n’ayant pas pris l’option «full-Flash» qui limite grandement les options pour les contenus alternatifs). De plus, fournir un contenu textuel alternatif visible et bien mis en évidence est pertinent pour de nombreux utilisateurs valides qui se fichent royalement de la vidéo sympa et qui souhaitent accéder à l’information plus rapidement. Il y a donc un gain potentiel pour tous les utilisateurs.
La question est intéressante et mérite d’être posée. Mais attention à ne pas peindre un Web binaire, entre contenus «facilement accessibles» et contenus «riches DONC impossible à rendre accessibles». C’est oublier (ou ignorer) que la réalité de l’accessibilité des différents types de contenue est plus graduée que cela et que de multiples solutions existent, avec des couts variables; c’est aussi donner l’impression (notamment aux décideurs et chefs de projet interpelés) que l’accessibilité des sites par le public se limite aux contenus, alors que la question de l’accessibilité des fonctionnalités est cruciale pour des services publics.
il ne faut pas vous méprendre sur mon propos : l’accessibilité est possible pour la quasi totalité d’un site public, dans ses contenus administratifs. mais les collectivités vont elle être interdite de flash, 3D et autres cartographies interactive ? ces applications ont toutes leur légitimité dès que l’on parle tourisme, culture,voir promotion économique. Là il y a réellement un risque d’appauvrissement, voire de perte de compétitivité quand on sait que la France est la première destination touristique au monde.
Olivier Devillers
Le RGAA n’interdit rien du tout.
Comme l’as indiqué Florent V il s’agit de donner accès à l’information. Si l’on prend l’exemple de la cartographie il faudra donc pouvoir utiliser un formulaire classique pour trouver l’adresse d’un lieu ou éventuellement l’itinéraire d’un point A à un point B. Sur le module de cartographie lui même il faudra le rendre utilisable au clavier ce qui est parfaitement faisable (il n’y a qu’a voir google maps ou autres).
De plus, à l’inverse de ce que vous avancez cela améliore la compétitivité. Entre 15 et 20% de la population est susceptible de profiter de ces éléments ce qui représente un gain potentiel de visiteur non négligeable. Cela permet également un meilleur référencement (alternatives aux vidéos notamment) et donc une meilleur visibilité.
Enfin, je pense que l’entité qui sera en charge de l’application du RGAA aura suffisamment de discernement pour ne pas aller « taper » sur les collectivités qui n’auraient pas les moyens de refaire leur application cartographique à partir du moment ou celle-ci ont l’honnêteté de prévenir leur utilisateur, d’afficher leur démarche d’accessibilité sur le reste du site et de répondre sur demande au droit à compensation
« Enfin, je pense que l’entité qui sera en charge de l’application du RGAA aura suffisamment de discernement pour ne pas aller “taper” sur les collectivités qui n’auraient pas les moyens de refaire leur application cartographique à partir du moment ou celle-ci ont l’honnêteté de prévenir leur utilisateur, d’afficher leur démarche d’accessibilité sur le reste du site et de répondre sur demande au droit à compensation »
Hummm… sauf que si tout ceci n’est pas explicité dans le décret, il reviendra alors aux tribunaux de trancher. le discernement en droit, vous m’expliquerez…
Attention, vous confondez nécessité d’être lisible/visible/utilisable par tous et interdiction de faire des contenus riches.
C’est très très différent.
Je ne vais pas redire ce qu’expliquent déjà très bien Florent et goetsu, mais j’abonde dans leur sens et je ne vois vraiment pas en quoi vous appauvririez la partie « festive » de votre service.
e-accessibility, la certification conforme aux normes WCAG 2.0
Le logo « WWW – e-accessibility », un moyen de certifier l’accessibilité de votre site web.
Le logo de conformité « PDF-e-accessibility » indique à tout internaute qu’un document de communication (Rapport Développement Durable, Brochure, etc.) au format PDF est accessible aux personnes non-voyantes.