postheadericon Un GIP par académie pour piloter les TICE ?

C’est la proposition que vient de produire le conseil national du numérique dans le cadre d’un rapport sur le développement du numérique à l’école. Le CNN qui a auditionné enseignants, syndicats, collectivités* et entreprises impliquées dans les TICE reprend en effet à son compte des constats connus de longue date :

  • L’insuffisance de la maintenance et du support des matériels installés dans les écoles.
  • Le manque de formation et d’accompagnement des enseignants et personnel
  • Le manque de ressources pédagogiques prêtes à l’emploi.

Plaidant pour « des TICE pilotées par la demande, sans imposition ni prescription, au rythme des besoins exprimés par les équipes d’enseignants et du développement de leurs usages », le rapport insiste lourdement sur les problèmes de gouvernance qui pèsent sur les TICE : éclatement des responsabilités entre régions, départements et communes, manque de clarté dans la répartition des rôle entre l’Etat et les collectivités sur la maintenance et l’accompagnement.

Estimant que « ces ambigüités et incohérences sont rédhibitoires au lancement et à la pérennisation de projets numériques cohérents », le rapport plaide pour la création de Groupements d’Intérêt Public (GIP) au niveau des académies, structures de mutualisation qui fédérerait académie, CRDP et collectivités sur la base du volontariat. Spécialisées sur les fonctions techniques, pédagogiques et de support, ces agences seraient financées sur la base de contributions des membres prélevées sur les budgets aujourd’hui dédiés à l’informatique et aux ressources pédagogiques. Selon le rapport, ces structures seraient particulièrement utiles pour rattraper le retard des écoles primaires qui concentrent aujourd’hui les plus grandes inégalités d’équipement et d’appropriation des TICE.

Priorité au primaire

Selon le rapport, « le cadre de l’école primaire se prête particulièrement bien à l’adoption de méthodes innovantes transversales car les élèves sont suivis par un seul et même enseignant. L’école primaire comporte cependant deux caractéristiques peu favorables à l’entrée du numérique. D’une part, les écoles primaires souffrent d’un sous-financement chronique, comparé à la moyenne européenne (…) avec une dépendance forte au niveau de richesse locale d’une part, à la volonté politique du maire d’autre part. Enfin, l’émiettement des écoles, au nombre de 57 000 en France, sous la responsabilité de 36 000 municipalités, en fait un  « marché » atomisé peu visible pour les acteurs de l’e-éducation ».

* on regrettera que seulement trois représentants de collectivités aint été auditionnés avec pour les communes uniquement un représentant de l’association des maires d’Ile de France.

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TIC*