postheadericon Pour une majorité de Francais, e-administration rime avec déshumanisation

En matière d’eadministration, les Français font preuve d’une certaine constance. Étude après étude, il ressort que les attentes des Français en matière de téléservices sont contrebalancées par de fortes craintes sur la protection des données personnelles et d’une dématérialisation-prétexte pour supprimer l’accueil physique dans les administrations. Mais surtout la fracture de l’eadministration reflète plus que jamais la fracture numérique.

La dernière étude réalisée par Harris interactive pour Berger-Levrault* fait ainsi ressortir que les jeunes, les urbains aisés et diplômés sont ceux qui attendent le plus de l’e-administration – ils sont dans les 22% à penser que l’e-administration n’est pas assez développée – les 22% à penser qu’elle est « trop développée » étant constitué majoritairement de personnes âgées, vivant à la campagne ou sans diplômes. Les Français se rejoignent cependant sur les craintes concernant l’e-administration. Ils sont en effet 83% à estimer que l’e-administration « entraîne une perte de contact avec les agents des administrations publiques et un risque de ne plus pouvoir parler à quelqu’un directement si l’on en a besoin » et 79% estiment que « la sécurité n’est pas garantie et qu’il n’est pas impossible qu’un jour leurs données soient rendues publiques ». Deux statistiques qui montrent que la confiance reste à construire et que la dématérialisation de formulaires ne saurait suffire à faire adhérer les Francais à un projet qui doit avoir une forte dimension humaine pour réussir.

A l’heure où beaucoup de villes mettent en place des comptes personnels en ligne, le sondage donne ensuite des indications sur le degré de sensibilité des données personnelles : le dossier médical, les revenus et les données bancaires font ainsi partie des informations que les Français sont majoritairement hostiles à renseigner en ligne. Le casier judicaire, les prestations sociales dont ils bénéficient et l’état civil posent en revanche moins de problèmes.

*Enquête par téléphone réalisée du 13 au 18 janvier 2012 par l’institut Harris interactive Échantillon national de 1.005 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d’habitation de l’interviewé(e).

 

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TIC*