postheadericon Coût de la couverture nationale en FTTH : 21 ou 30 milliards d’euros ?

Lors de son intervention au Digital World Summit, le président de l’Arcep a estimé à 21 milliards d’euros le coût de déploiement de la fibre à l’ensemble du territoire dont près de 2 ont déjà été investis, essentiellement dans les grandes agglomérations. Un chiffre nettement en-dessous des 30 milliards € cités par le rapport de la Datar en janvier 2010, fondés sur une étude du cabinet Tactis, et repris à leur compte par les collectivités.

Pour expliquer ce différentiel, on trouvera certains éléments dans les résultats de la consultation sur le coût de déploiement de la fibre optique que l’autorité de régulation vient justement de publier. Opérateurs et collectivités divergent notamment sur les points suivants :

1)      Raccordement des utilisateurs ? La plupart des opérateurs font leurs calculs en prenant en comptes uniquement les coûts pour aller du nœud de raccordement optique, situé sur le réseau de collecte, au point de branchement optique (PBO), en limite de propriété ou à l’intérieur d’un immeuble. Cette approche est celle retenue par l’Arcep or, pour les collectivités, il convient aussi de prendre en compte le coût de raccordement de l’abonné, qui peut être élevé dans le cas d’un pavillon ou d’habitations isolées.

2)       Part du génie civil réutilisable. Le principe de base est de réutiliser un maximum d’infrastructures existantes, utilisée soit pour l’ADSL, soit pour d’autres réseaux comme l’électricité. Cependant les acteurs ne sont pas tous d’accord sur la part des travaux nécessaires pour l’adapter au passage de fibres optiques et à l’accueil d’équipements actifs. En outre, les coûts de déploiement dépendront de la part accordée au passage des fibres en aérien ou en façade pour la ville.

3)      Le nombre points de mutualisation L’Arcep souhaite que les points de mutualisation – à partir du quel le réseau FTTH est mutualisé entre les opérateurs – regroupent un minimum de 1000 lignes, 300 par exception, les collectivités ont tendance a privilégier des points plus petits à la fois pour qu’ils soient plus discrets et pour desservir des zones de faible densité.

Enfin, les  30 milliards intègrent les réseaux de collecte nécessaires à la desserte des NRO, ce qui n’est pas le cas pour l’Arcep.

La démarche de l’Arcep a pour mérite de contribuer à l’élaboration d’un modèle de calcul de coût partagé, il restera maintenant à confronter ce modèle à la réalité du terrain et notamment au bilan des déploiements effectués ces derniers mois un peu partout en France.

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TIC*