Pays Bas : retour au vote papier
Le gouvernement des Pays-Bas vient de décider de remiser ses machines à voter au placard. Le risque de piratage et le manque de garanties sur la confidentialité du vote font partie des motifs invoqués par le ministère de l’Intérieur hollandais pour justifier cette décision. Compte tenu de ces risques et des coûts qu’auraient représenté la sécurisation des machines – au sens technique comme organisationnel – il a préféré revenir au papier, tout en évoquant la possibilité d’utiliser un système de comptage des bulletins papiers.
Cette décision, qui fait suite à une expertise demandée par les autorités hollandaises à la suite d’incidents observés en 2003, est un coup dur pour le vote électronique. Il pourrait avoir des répercussions pour la France puisqu’une partie des machines utilisées en France sont construites par Nedap, société qui a équipé la Hollande. On rappellera que sur ce sujet, une large concertation a été annoncée par le ministère de l’intérieur (voir la réponse à cette question d’un député début mai) avec une décision avant les élections européennes de 2009.
Voir aussi sur ce sujet, l’article de the inquirer et le communiqué de l’association PourEVA, qui milite contre le vote électronique.


on mai 23rd, 2008 at 11:57
La « claque » donnée par les Pays-Bas au vote électronique, et de facto à un constructeur qui équipe de nombreuses mairies françaises, va compliquer la tâche du Ministre de l’Intérieur dans son action visant à rassurer une population à qui l’on tente d’imposer contre son gré les ordinateurs de vote. L’abandon du système à Aulnay-sous-Bois est peut être également le début d’une série de recul dans notre pays.
En France il a été choisi l’opacité pour imposer ces machines (pas de débat national ou parlementaire, protection du code source au nom du commerce, rapports des certificateurs non accessibles, pas de renseignement sur la composition de la commission qui a travaillé sur le sujet à l’automne, pas d’information sur sa base de travail, et pas de diffusion de son rapport….).
Contrairement à ce qu’affirme la Ministre dans sa réponse du 6 mai, les incidents ont été nombreux, compte tenu du peu de villes ayant conservé le vote électronique :
- Panne à Sèvre montrant le caractère faillible des machines
- Contestation à Orange
- Doute à Boulogne-Billancourt sur l’exclusion d’un candidat à l’issue du premier tour (pour une voix alors que l’écart avec les listes d’émargement était plus grand)
- Multiples mentions sur les procès verbaux des bureaux de vote
- Abstention croissante d’une partie des électeurs qui refusent ce système et qui le disent…
Les Pouvoirs Publics pensent nous rassurer par de nouvelles instructions ou règlements techniques. Les précédents n’ont pas été respectés scrupuleusement et ni les tribunaux ni le Conseil Constitutionnel n’ont sanctionné ces manquements. Il est donc complètement illusoire de penser obtenir la confiance des électeurs par ce moyen.
Enfin, et malgré les annonces faites en 2007 sur une rentabilité financière rapide de ce système, aucune mairie ne peut (ou ne veut) donner ses chiffres. Il s’agit pourtant d’un simple exercice de contrôle de gestion accessible à un étudiant en gestion.. La Belgique a fait ce calcul, et les résultats sont sans appel, le système est coûteux pour les finances publiques.
Bref, les arguments des tenants du vote électronique vont devoir être revus et étayés pour espérer convaincre. Le plus raisonnable est de suivre l’exemple de nombreux pays européens et de certains Etats américains, et de revenir à un système qui a fait ses preuves : le papier !!