postheadericon TIC : et si nous changions de vocabulaire…

Dématérialisation, signature électronique, administration électronique, république numérique, vote électronique… toutes ces expressions sont familières des techniciens des TIC et de quelques « geeks », industriels et gourous. Pour le commun des mortels, elles ne signifient cependant pas grand-chose quand elles ne font pas peur comme l’a fait remarquer un intervenant lors du 10eme anniversaire de la FNTC. Mais surtout ce vocabulaire va à l’encontre de l’adoption massive des pratiques numériques. Pourquoi parler de dématérialisation – qui évoque quelque chose qui se volatilise sans que l’on sache bien ce que « la matière » devient – quand il s’agit de ne garder que les données utiles à une formalité et de proposer des services en plus, ce qui représente un acte positif. De même le vote électronique pourrait faire un peu moins peur si on parlait de « vote à bulletin électronique », le vote étant un droit accordé à l’individu et non à la machine. Quant à l’identité électronique, elle gagnerait à s’adapter à ce que sont les gens dans la « vraie vie », c’est-à-dire un individu avec des personnalités et des rôles pluriels – médecin, papa, mari, copain ou collègue…- car sinon elle sera assimilée à un moyen de flicage et massivement rejetée. Bref, il s’agit d’inverser la logique et de faire un peu plus de « communication et d’information sur les technologies (CIT…) »  en replaçant l’humain au cœur du numérique.

2 réponses à to “TIC : et si nous changions de vocabulaire…”

  • Jean:

    Nous sommes vraiment dans une société de communication où les mots doivent être choisis avec soin afin de rendre certaines pratiques plus acceptables. On parle ainsi de vidéo protection plutôt que de vidéo surveillance.. L’article parle du vote à bulletin électronique, cela ne rend pas moins le vote électronique opaque et invérifiable par les citoyens. Le débat devrait davantage porter sur ce qui est acceptable et utile en matière de dématérialisation (exemple : inscription sur les listes électorales ou commande d’un passeport) et ce qui n’est pas acceptable (rendre la démocratie opaque et invérifiable). Le progrès ne se mesure pas à la quantité d’électronique mis dans un processus.

  • La (notre) responsabilité des praticiens est bien de s’adapter aux « cibles » que l’on prétend accompagner !.. à commencer par le choix des mots qui, avouons-le, caractérisent « l’expert ». Je suis tout à fait d’avis qu’il faut faire attention, au moins dans les processus de sensibilisation et de communication large, et parler français (au sens intelligible)… Bel article d’interpellation !

TIC*