Machines à voter : le bilan en demi-teinte des villes utilisatrices
Le Forum des droits sur l’internet vient de publier un rapport intermédiaire sur le vote électronique qui restitue l’enquête que le forum a mené auprès des villes ayant utilisé des machines à voter lors des dernières élections. Au total, 78 communes (dont 6 grandes villes) ont utilisé des machines à voter, 4 y ayant renoncé à la dernière minute (Amiens, Ifs, Saint Malo et le Perreux sur Marne.). Parmi les motivations avancées par les communes figurent la « modernisation du processus électoral et la simplification de l’organisation des opérations électorales ». Elles sont notamment une réponse à leur difficulté à trouver des scrutateurs pour le dépouillement. L’argument des économies est rarement mis en avant, et pour cause. Si le coût moyen d’une machine se monte à 4400 euro HT, le forum relève de nombreux coûts induits pas toujours bien évalués : maintenance, stockage, frais d’huissier, envoi des interfaces par courrier aux électeurs et surtout communication auprès des électeurs. Du reste, si une commune estime avoir fait des économies, une autre soutien que cela lui a couté plus cher qu’une élection papier. Les communes relativisent ensuite les problèmes rencontrés. Ceux-ci ont été peu nombreux (alimentation électrique, impression) et les écarts entre émargement et nombre de votes sont imputables à des erreurs humaines, comme il s’en produit pour le vote papier. Les communes soulèvent en revanche des problèmes d’organisation très pratiques (circulation de l’électeur dans le bureau de vote, l’utilisation de listes de contrôle complémentaires aux listes d’émargement ou encore le contenu de l’interface de vote) et regrettent le manque de préparation des services préfectoraux. Enfin, sur les questions de la sécurité, des risques de fraudes et du contrôle du vote électronique, elles souhaitent que des réponses soient apportées par l’Etat.

