Les grandes villes et leur SIG
L’association des maires des grandes villes s’est associée au conseil national de l’information géographique pour mieux connaître les usages et les attentes des grandes villes en matière d’information géographique. Le SIG est ainsi jugé comme un moyen de rendre les services municipaux plus performants, d’offrir de nouveaux services au grand public et d’optimiser la dépense publique. L’enquête, à laquelle 24 villes et agglomérations ont répondu, montre une certaine banalisation des outils SIG et une utilisation croissante de l’information géographique pour des politiques transversales. Les principales composantes d’un référentiel géographique (orthophoto, voirie, plan parcellaire et adresse) sont du reste accessibles dans tous les services des grandes villes. Les services techniques - urbanisme, voirie, gestion des réseaux secs ou humides, espaces verts…- restent les premiers utilisateurs du SIG. Les villes utilisent cependant de plus en plus d’applications thématiques, mise en place directement dans les services utilisateurs, avec l’appui du service SIG. Le logement social, le développement économique, la concertation sur les aménagements urbains et surtout la gestion des risques font partie des thématiques explorées aujourd’hui par les grandes villes. L’étude relève au total plus de 160 applications différentes.
Difficultés rencontrées
Les difficultés rencontrées dans le développement de l’information géographique portent sur la qualité des données, la coordination de la production entre les différents acteurs, la complexité des règles techniques et juridiques. Une majorité de grandes villes conteste ainsi l’intérêt pour leur collectivité du référentiel à grande échelle (RGE) que propose l’IGN et en particulier de la composante parcellaire, qui fait doublon avec le cadastre de la DGI tout en étant de moins bonne qualité. Une moitié des villes interrogées estime par ailleurs que les grandes villes ont besoin de données plus précises (centimétriques) que celles proposées par l’IGN. Les collectivités qui utilisent le RGE font valoir pour leur part que les modalités d’accès (tarifs, droits différenciés en fonction de l’usage) sont compliquées et onéreuses, d’autant plus que les villes sont elles-mêmes productrice de certaines des données proposées par l’IGN. Enfin, si la mutualisation des données au niveau local recueille l’assentiment d’une large majorité (plus de 80 %), cette mutualisation s’avère, dans les faits, complexe à mettre en œuvre.
L’importance prise par l’information géographique dans les grandes villes conduit le CNIG à estimer qu’elles sont en première ligne pour la mise en œuvre de la directive INSPIRE, texte qui vise à faciliter le partage et l’échange de données géographiques des Etats membres dans les domaines de l’environnement, des transports, de l’énergie et de l’agriculture.

