Des auditions sur les smarts grids le 4 juin à l’AMGVF
Dans le cadre d’un groupe de travail sur la ville intelligente et du partenariat de l’association avec les Interconnectés, l’AMGVF organise une première série d’auditions sur les smart grids le 4 juin prochain. A un moment où les expériences se multiplient (Issy-les-Moulineaux, Lyon-confluence, Montpellier….) et où se tient le débat sur la transition énergétique il a paru utile de faire le point sur ce sujet. On rappellera que le principe des smart grids est de faire converger réseaux de télécommunications et réseaux électriques pour injecter de « l’intelligence » sur l’ensemble du réseau, du consommateur au producteur. L’objectif est en effet d’optimiser production et consommation, d’intégrer à les micro-installations (solaire, éoliennes…) et de faciliter stockage et destockage de l’énergie pour que, par exemple, les régions excédentaires en énergie solaire puissent en faire bénéficier les régions septentrionales. Un vaste projet – Jeremy Rifkin, grand théoricien des smartgrids, estime qu’il s’agit de la 4eme révolution industrielle – qui mobilise industriels, distributeurs, start-up mais aussi les collectivités territoriales. Ces auditions* permettront de mieux connaitre les enjeux des smartgrids pour les collectivités et d’avoir un retour sur les expériences les plus significatives.
*Accès strictement réservés aux membres de l’AMGVF, inscription et programme détaillé auprès de Caroline Porot (c.porot (at) grandesvilles.org) chargée des relations institutionnelles à l’AMGVF
Plus de fréquences pour le mobile, moins pour la TVHD
Selon les Echos, le Président de la République a décidé d’allouer un lot de fréquences supplémentaire, situé sur la bande des 700 Mhz, aux opérateurs mobiles. Le motif serait selon le journal essentiellement financier puisque le produit de la vente des licences devrait contribuer à financer les moyens de Défense. Des enchères pourraient être organisées dès 2016 et des consultations auraient déjà été engagées avec des opérateurs mobiles satisfaits…à condition que le prix plancher ne soit pas trop élevé.
Cette décision a engendré les foudres du CSA, des éditeurs TV et du ministère de la Culture qui n’auraient pas été consultés. Il est vrai que ces fréquences étaient en théorie destinées aux chaines pour le développement de la TVHD sur la TNT.
On peut cependant y voir une suite logique au choix gouvernemental de privilégier la fibre optique à domicile. De plus en plus de foyers reçoivent désormais la TVHD via la fibre et pour les zones rurales, le satellite offre une alternative… Ce ne sera évidement pas l’avis de nombreuses communes périurbaines et rurales, sauf si le calendrier de la fibre s’accélère.
Très haut débit : les limites du modèle coréen
La Corée est très régulièrement citée comme un modèle en matière de très haut débit. Elle est en effet dans au top des nations les plus connectées au monde avec 60% des foyers connectés en FTTH/FTTB et 100% en haut débit. C’est aussi le pays leader de la 4G/LTE avec une couverture de l’ensemble de la population en seulement quelques mois et déjà 20 millions d’abonnés. C’est enfin le pays du wifi avec des offres – gratuites et payantes – absolument partout : dans les bus urbains et interurbains, le métro des grandes villes, les aéroports, les lieux publics et touristiques… On trouve également des routeurs wifi sur les cabines téléphoniques (photo) et pas moins de trois offres Wifi – passant même dans les tunnels ! – sont proposées dans le TGV coréen (KTX)…

Offres wifi dans le métro de Busan, TV et Wifi dans le TGV/KTX, du Wifi jusque dans les parcs isolés.
Cette hyper-connectivité induit un spectre d’usages aujourd’hui rarement possibles en France en situation de mobilité : tchat, TV sur mobile, visiophonie et surtout les jeux en réseaux qui sont très appréciés en Corée.
Elle a cependant plusieurs limites qui en font un modèle peu reproductible en France. L’importance du relief sur la péninsule a en effet conduit les coréens à optimiser l’espace disponible. L’habitat collectif et les immeubles de grande hauteur (souvent plus de 30 étages) prédominent très largement dans les villes et la maison individuelle y est quasi inexistante. Par ailleurs, la fibre n’est enterrée que dans les quartiers récents ; dans les campagnes et ruelles plus anciennes, la fibre est déployée en extérieur avec des « paquets de spaghettis » suspendus à chaque coin de rue. Ces deux spécificités facilitent évidemment grandement un déploiement accéléré des technologies FTTx en diminuant considérablement les coûts de génie civil.

Boitier FTTH accroché à un pylône d'où partent les connexions abonnés et forêt d'antennes relais en bordure d'une artère centrale de Séoul.
Enfin, en matière de téléphonie mobile, la couverture exceptionnelle est à rapprocher de la faiblesse des contraintes qui pèsent sur les opérateurs. Visiblement, les règles d’urbanisme et encore plus de protection sanitaires sont (quasi) inexistantes. Les antennes sont partout, souvent placées à quelques mètres du sol et à proximité immédiate des lieux de vie.
Autant de spécificités font de la Corée un modèle peu reproductible en France. A une exception près cependant : les TIC et le très haut débit ont été très tôt perçus par le Gouvernement coréen comme un facteur décisif de compétitivité du pays. Cette priorité a conduit les pouvoirs publics, dans une grande tradition dirigiste typiquement coréenne, à investir massivement dans le THD tout en fédérant les acteurs privés sur des objectifs communs et en encourageant les municipalités à investir dans le domaine plus large de la ville intelligente (voir cette présentation à l’OCDE en 2008).
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Article rédigé suite à un voyage personnel fait en mai 2013 – voir aussi un rapport intéressant du Sénat qui comporte un chapitre sur les TIC en Corée (février 2012)
Le SGMAP lance un débat national sur l’identité numérique
Dans le contexte d’une carte nationale d’identité électronique toujours en stand by, d’un portail national de téléservices (mon.service-public.fr) qui a du mal à décoller et d’une relance du projet IDnum le gouvernement a décidé de lancer un débat national sur l’identité numérique. Le Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP) a en effet publié une consultation publique pour clarifier la stratégie de l’Etat. L’objectif du gouvernement est de mettre en œuvre « une plateforme de service d’identité de confiance » mais dont les contours restent largement à préciser. Le document soumis à consultation est organisé autour de 11 questions auxquels collectivités et acteurs privés sont invités à répondre. Et ce ne sont pas les questions qui manquent : Quelles passerelles entre l’identité « régalienne » et les identités privées ? Comment simplifier la réalisation de téléservices sans menacer la vie privée des utilisateurs ? Comment concilier sécurité et diversité des usages / besoins de sécurité ? Que penser des « porte-clefs » ou wallet mutualisant les dispositifs de sécurité ? L’Etat ou les collectivités peuvent-ils confier l’enrôlement des profils utilisateurs à des entités privées ? Comment répondre aux nouveaux besoins comme la mobilité ? quelles synergies/mutualisation pour la gestion des identités numériques des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités territoriales ? (…)
Les contributions sont à adresser au SGMAP avant le 15 juin.
Noms de domaine : Paris et la Bretagne ont leur propre extension
L’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (Icann) a validé le 10 mai 2013 le .paris pour la capitale française et le .bzh pour la Bretagne. Pour Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris, chargé de l’innovation « l’ouverture du .paris correspond à la création d’un nouveau territoire numérique, que les Parisiens, grands Parisiens et amoureux de Paris vont pouvoir s’approprier. Ce sera notamment l’occasion de travailler, grâce à des appels à projets, à l’émergence de nouveaux services numériques locaux ». Pour la Bretagne le .bzh Bretagne devrait contribuer à « une nouvelle visibilité internationale de la région ».Le 10 mai, l’ICANN a donné son aval pour la création de 300 nouveaux noms de domaines de premier niveau, dont la grande majorité correspondent à des marques (Hermès, Axa…) l’Alsace, la Corse et l’Aquitaine attendent encore le traitement de leur dossier.
Qui pourra déposer un .paris ?
La ville précise que le « Le .paris s’adresse à tous les amoureux de Paris, et à tous les acteurs économiques en lien avec Paris. Géographiquement, le .paris inclut évidemment toute la zone d’activité de Paris (Grand Paris, région Île-de-France, Bassin Parisien,…). Toutes les personnes ayant une résidence dans cette zone, ou souhaitant témoigner un attachement à cette région, ainsi que toutes les personnes morales ayant une implantation ou une activité dans Paris ou sa région, pourront demander un domaine en .paris ». Les conditions financières n’ont pas été défini mais il serait de l’ordre de ce qui se pratique ailleurs (45€/an pour le .cat de Catalogne).
Le rapport Lescure invite les bibliothèques à entrer pleinement dans l’ère numérique
Si la taxation des smartphones et l’absorption de l’Hadopi par le CSA ont retenu l’attention des médias nationaux, le rapport de l’ex PDG de Canal + sur l’exception culturelle à l’ère du numérique comporte également, parmi ses 80 propositions, des préconisations qui pourraient impacter les collectivités territoriales. Le rapport considère en effet que « le numérique doit être considéré comme le canal essentiel d’exploitation des œuvres et que la disponibilité numérique des œuvres doit être un préalable à toute forme de soutien public ». Aussi, le rôle de médiation culturelle des bibliothèques et des médiathèques doit-il être adapté à l’ère numérique. Le rapport invite les pouvoirs publics à agir sur plusieurs fronts : la numérisation du patrimoine ancien mais surtout la diffusion des œuvres récentes et notamment des livres, de la musique et de la presse qui existent aujourd’hui rarement sous forme numérique (1% de l’offre). Face à une offre commerciale très limitée et à des dispositifs techniques et modèles économiques trop disparates (utilisation du CD jugé obsolète, manque d’interopérabilité, mode de commercialisation dissuasif pour les bibliothèques…), le rapport invite à créer un cadre juridique au « prêt numérique » et à conclure des accords globaux avec les représentants des auteurs et des éditeurs.
Les propositions concernant les bibliothèques
23. Inciter les éditeurs à mettre en place, sur une base volontaire, une gestion collective des usages numériques en bibliothèque. A défaut, ouvrir une réflexion à l’échelle communautaire, en vue d’une éventuelle révision des directives 2001/29 et 2006/115.
24. Encourager le développement d’offres en bibliothèque reposant sur un contrôle d’accès à l’abonnement et sur des DRM de type “tatouage numérique” et modifier la loi sur le prix unique du livre numérique pour obliger les éditeurs à proposer une offre claire, transparente et non discriminatoire spécifique en direction des bibliothèques.
25. Inscrire dans les dispositifs d’aide publique une incitation au développement de l’offre numérique en bibliothèque.
Réseaux très hauts débit d’initiative publique : le guichet d’aide se met en place
Un arrêté en date du 3 mai 2013 a désigné les élus membres du comité France très haut débit qui doit, aux cotés du nouvel établissement public (ex mission très haut débit) donner un avis « sur les demandes d’aide du fonds national pour la société numérique pour des projets de déploiement de réseau d’initiative publique pouvant bénéficier d’une telle aide ». Ce comité pourra notamment auditionner la collectivité territoriale qui porte le projet de déploiement de réseau d’initiative publique. Akim OURAL, qui est également présent au sein du conseil national du numérique (CNN) ,représentera l’Association des communautés urbaines de France (ACUF) et de l’Association des grandes villes de France (AMGVF) au sein de cet organisme qui comporte également des représentants des régions, des départements des collectivités engagées dans des RIP (Avicca) et des opérateurs.
Parallèlement, le commissariat général aux investissements a publié le cahier des charges de l’appel à projets « France très haut débit – Réseaux d’initiative publique ». Après avoir rappelé la stratégie gouvernementale en matière de très haut débit – partie qui reprend la feuille de route publiée en février – ce cahier des charges précise les règles d’éligibilité des RIP aux subventions de l’Etat, les formes d’intervention des collectivités, les coûts éligibles et les niveaux minimum de de contribution des collectivités. Il détaille également les bonus dont pourront bénéficier les projets interdépartementaux : 10% pour les projets sur 2 départements, 15% pour 3 départements ou plus.
Feu vert pour le VDSL2, de nouvelles fractures à l’échelle des quartiers ?
Hasard de calendrier ou non, quelques jours après le référé de la Cour des comptes (notre article), le comité d’expert de l’Arcep vient de redonner une jeunesse aux technologies DSL. Alors que la Cour des comptes mettait en garde le gouvernement sur les conséquences pour les finances publiques du choix « du tout fibre optique », le comité d’expert de l’autorité a en effet rendu un avis favorable pour l’introduction du VDSL2 sur la boucle locale de cuivre de France Télécom. Cette technologie permet en effet de booster l’ADSL pour des débits allant jusqu’à 100 Mbits/s mais avec une atténuation très rapide du signal. A partir de 400 m l’atténuation du signal est très rapide et selon le communiqué de l’Arcep cette technologie n’est pertinente que pour les lignes situées à un kilomètre du répartiteur (contre 5-6 km pour l’ADSL). Aussi globalement 16% des lignes uniquement seraient-elles éligibles, soit essentiellement des zones urbaines. L’Arcep entend réserver cette technologies aux « zones qui ne feront pas l’objet de déploiements FttH à court terme » et annonce une « pré-généralisation du VDSL2 est lancée à l’échelle des départements de la Dordogne et de la Gironde ». Cette annonce satisfera les opérateurs qui pérennisent ainsi leurs investissements dans le cuivre… mais est vivement regrettée par l’Avicca. VDSL 2 pourrait en effet créer de nouvelles fractures numériques à l’échelle d’un quartier « en améliorant le débit des lignes courtes, sans effet pour ceux qui ne peuvent pas accéder aux services usuels aujourd’hui, et peut-être même en leur créant des perturbations ». Mais le principal reproche de l’Avicca est que VDSL pourrait « diminuer l ’appétence à basculer sur le nouveau réseau FTTH ». L’appétence des opérateurs bien sûr, mais aussi de certaines collectivités tentées de limiter leurs investissements dans la fibre quitte à opter pour une logique perçue par certains comme « courtermiste ».
L’accueil numérique, nouvel impératif pour les offices de tourisme
Connexion internet pour éviter les frais de roaming aux étrangers, accès à des bornes proposant des « cartographies interactives », location d’iPad pour une « visite augmentée », applications mobiles utilisant QR codes ou tags NFC… le numérique est désormais un passage obligé pour les offices de tourisme et modifie en profondeur les missions des agents d’accueil de ces structures. Face à des technologies et des pratiques en constante évolution, il n’est cependant pas toujours facile pour ces structures, souvent légères, de s’y retrouver. Aussi les professionnels du tourisme trouveront-ils dans le guide « Accueil numérique dans les offices de tourisme » qui vient d’être mis à jour les bases essentielles pour construire leur stratégie numérique. Ce document, coproduit par Offices de Tourisme de France, la DGCIS et Atout France, invite notamment les OT à se poser les bonnes questions avant de se lancer dans l’acquisition de matériels potentiellement onéreux. Il insiste également sur la nécessité de revoir en profondeur l’organisation des OT pour permettre notamment aux agents d’accueil de se concentrer sur les missions de « conseiller en séjour ». Il propose enfin des retours sur les expériences les plus réussies en ce domaine.
Deux élus urbains entrent dans le CNN élargi
Pascale Luciani-Boyer, adjointe au maire de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) et Akim Oural, conseiller communautaire pour Lille Métropole, en charge de l’économie numérique font partie des neufs élus nommés pour trois ans par Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée de l’Économie numérique dans le collège élargi du Conseil national du numérique. On rappellera que jusqu’à présent Michel Briand, adjoint au maire de Brest était le seul élu présent au sein du collège CNN. Cette formation élargie, qui se réunira une fois par an, sera chargée de « de définir un programme d’action et de mieux pénétrer les territoires » a précisé un communiqué du ministère. Un des premiers sujets sur lesquels ils seront amenés à se prononcer est celui de l’avenir des espaces publics numériques et d=sur la politique de réduction de la fracture numérique.
Liste complète des élus
Christian Paul, député de la Nièvre
Laure de La Raudière, députée d’Eure-et-Loir
Bruno Retailleau, sénateur de Vendée
Pierre Camani, sénateur de Lot-et-Garonne
John Billard, maire du Favril (Eure-et-Loir)
Claudy Lebreton, président du conseil général des Côtes-d’Armor
Pascale Luciani-Boyer, adjointe au maire de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne)
Henri Nayrou, député honoraire
Akim Oural, conseiller communautaire pour Lille Métropole
suppléants (pour les parlementaires)
Thierry Benoit, député d’Ille-et-Vilaine
Thierry Braillard, député du Rhône
Yvon Collin, sénateur du Tarn-et-Garonne
Sophie Primas, sénatrice des Yvelines
